Interview pour troubles dissociatifs et symptômes liés au trauma

Interview pour troubles dissociatifs et symptômes liés au trauma

Un article Interview pour troubles dissociatifs et symptômes liés au trauma, de Suzette Boon,Nel Draijer et Helga Mattheß, publié en 2007.

INTRODUCTION

L’interview pour les troubles dissociatifs et les symptômes liés au trauma (ITDST) est une interview semi-structurée pour déterminer les symptômes et les troubles dissociatifs et les symptômes liés à I état de stress posttraumatique complexe. Il inclut également des questions sur l’état de stress posttraumatic complexe et les troubles de personnalité borderline. L’interview ne peut qu’être administrée par des cliniciens qui ont été formés à son utilisation. L’interview comporte plusieurs sections. Après la section sur les données biographiques, suit une section contenant des questions sur les plaintes physiques et les symptômes dissociatifs somatoformes. Ensuite, il y a une section avec des questions sur les symptômes psychiatriques qui peuvent être en lien avec une traumatisation et le trouble de personnalité borderline: abus de substance, problèmes alimentaires, problèmes de sommeil, problèmes d’humeur, plaintes d’anxiété et de panique, comportement auto-destructeur, problèmes d’auto-perception et d’image de soi, problèmes dans la relation aux autres personnes et problèmes sexuels. Et pour finir, il y a une section avec des questions sur les symptômes dissociatifs psychof ormes. A la fin de la liste des questions sur chaque symptôme, l’interviewer évalue la fréquence et la sévérité de ce symptôme. Se basant sur le contenu des exemples donnés par le patient et la manière dont ceux-ci sont présentés, l’interviewer décide dans quelle mesure un symptôme dissociatif ou autre symptôme lié au trauma peut être présent chez le patient. Les instructions pour l’interviewer sont incluses dans le texte qui concerne les critères auxquels les exemples doivent correspondre quant au contenu et quant à la manière de les présenter pour qu’ils puissent être désignés comme symptômes dissociatifs ou autres. Il y a un formulaire de cotation pour chaque symptôme pris séparément, un formulaire pour les troubles dissociatifs du DSM- IV et un formulaire pour les troubles dissociatifs de l’ ICD-10.

ARRIÈRE PLAN ET JUSTIFICATION

En 1988 S. Boon et N. Draijer initiaient une recherche systématique dans les diagnostics des troubles dissociatifs ceci dans le but de mieux comprendre la validité des troubles dissociatifs du DSM-IV (alors le DSM-III-R), et plus particulièrement, le Trouble d’Identité Dissociative (TM), appelé autrefois le trouble de personnalité multiple (TPM). A cette fin des instruments diagnostiques américains existant furent revus et la Structured Clinical Interview for D5M-IV Les troubles dissociatifs (SCID-D, Steinberg, 1985, 1993, 1994a&b) fut sélectionnée comme étant la meilleure Interview. L’échelle d’expériences dissociatives (Dissociative Experiences Scale DES, Bernstein & Putnam, 1986) fut choisie comme instrument de screening.

La SCID-D fut validée aux Pays – Bas et testée pour sa fiabilité (Boon & Draijer, 1991, 1993 a, b, c, 1995 a et b; Draijer & Boon, 1995, 1997). L’ interview démontrait une excellente validité et fiabilité interjuges et prouvait être très utile dans la distinction entre troubles dissociatifs et d’ autres troubles psychiatriques ainsi que dans la différenciation claire des troubles dissociatifs et des troubles liés comme le trouble de personnalité borderline. L’étude montrait que les patients avec un TID avaient généralement un cluster cohérent de symptômes dissociatifs sérieux incluant plus que simplement de l’amnésie et des altérations d’identité.

Des centaines d’interviews – en partie enregistrées sur vidéo – fournirent une richesse d’information sur la présentation clinique des troubles dissociatifs, et sur les différences et les similarités comparées aux troubles ayant des symptômes similaires, en particulier l’ESPT (complexe) et les troubles de personnalité. Puisque la SCID-D ne contient que des questions sur les troubles dissociatifs comme décrit dans le DSM-III-R (plus tard le DSM-IV), nous avons ajouté un nombre de questions en 1988 concernant la comorbidité commune, particulièrement pour les diagnostics du TID et du TDNS, Ceux-ci incluaient (1) les plaintes psychosomatiques (douleur) et les plaintes de conversion (symptômes somatoformes dissociatifs); (2) problèmes alimentaires; (3) problèmes de sommeil; (4) comportement auto-destructeur; (5) dépression et suicidalité et (6) plaintes liées au stress posttraumatique (Boon & Draijer, 1993 a & b, 1995). En 1991, après avoir finalisé tant les études préliminaires que les études principales aux Pays Bas, nous avons développé une version courte de la SCID-D pour l’utilisation clinique (Boon & brai jer, 1991, Département de Psychiatrie, Université Libre, Amsterdam). Elle incluait ces questions supplémentaires concernant la comorbidité liée au trauma et ces questions de la SCID-D les plus discriminantes et relevantes dans le diagnostic du trouble d’identité dissociative et les troubles dissociatifs non spécifiés. L’instrument de la SCID-D n’a pas été publié aux Etats Unis avant 1993 (Steinberg,1993, 1994a&b) et peu après la traduction néerlandophone a été publiée chez Swets & Zeitlinger (Steinberg, 1994, traduction. Boon & Draijer). Toutefois, le manuel n’a pas été publié en néerlandais. En 1995 Boon & Draijer ont publié le livre “Screening en diagnostiek van dissociatieve stoornissen” [Screening et diagnostic des troubles dissociatifs] un guide pour la pratique clinique, basée sur la recherche faite aux Pays Bas avec la SCID-D et l’EED (Echelle d’expériences dissociatives). Le livre incluait entre autres un nombre de chapitres contenant des domaines d’intérêts spécifiques sur les symptômes dissociatifs et les diagnostics différentiels. Il décrivait aussi les résultats de la recherche néerlandaise et les observations cliniques relevantes sur les différences qualitatives parmi les symptômes suivants: problèmes de mémoire, symptômes de dépersonnalisation, et problèmes d’identité. De plus, ce livre était le premier à décrire des cas de TID imités et à discuter des risques de sur- et sous-diagnostics.

Une annexe contenait une liste de vérification pour d’autres symptômes dissociatifs (psychoformes), incluant les questions mentionées ci-dessus présentes dans l’étude néerlandaise.

Entre 1995 et aujourd’hui il est devenu de plus en plus évident que la SCID-D a une série de limitations. Ces limitations peuvent être subdivisées en 2 catégories: les limitations liées à une classification peu claire des critères diagnostiques des symptômes des troubles dissociatifs dans le DSM-IV, et les limitations de l’instrument lui-même.

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