La thérapie EMDR en contexte interculturel

La thérapie EMDR en contexte interculturel

Un article La thérapie EMDR en contexte interculturel, de Pascale Amara, publié dans le numéro 3 de la revue européenne de trauma et dissociation.

Cet article peut être utile aux praticiens EMDR qui accueillent un public migrant ou étranger, ou sont en mission humanitaire.

Résumé

Introduction

La thérapie eye movement desensitization and reprocessing (EMDR) représente une avancée majeure dans la prise en charge des troubles psychotraumatiques. Créée en 1989 aux États-Unis dans un contexte culturel occidentalo-centré, sa pratique s’est étendue à d’autres cultures, dans le cadre de prise en charge de populations migrantes et réfugiées et lors d’interventions humanitaires à l’étranger.

But

La question se pose de la « transportabilité » et de l’adaptabilité de cette thérapie aux cultures non occidentales. Il s’agit de comprendre et d’appréhender les défis posés par cet enjeu d’importance, dans la mesure où le psychotrauma étant un fléau mondial, il est indispensable de construire des solutions efficientes adaptables à divers contextes culturels pour en limiter les effets délétères sur la santé des populations.

Méthode

L’auteure fait une revue des questions qui se posent à travers 3 types de travaux. Après avoir fait un état des lieux des orientations clinico-pratiques actuelles qui se dégagent des expériences EMDR humanitaires de par le monde, les facteurs généraux indispensables à prendre en compte en situation clinique d’interculturalité sont exposés. Puis sont passées en revue les adaptations retenues des 8 phases du protocole par des cliniciens EMDR occidentaux en situation d’interculturalité et des cliniciens EMDR de culture non occidentale.

Résultat

Les résultats en situation humanitaire mettent en valeur la remarquable adaptabilité de l’EMDR, de par la rapidité et la facilité de sa mise en œuvre et son caractère non intrusif. Certains des facteurs indispensables en situation d’interculturalité apparaissent déjà intégrés à l’approche spécifique de cliniciens EMDR de terrain, qui incitent à co-construire avec le patient un cadre thérapeutique explicitement focalisé sur les évènements traumatiques à traiter, tout en priorisant et s’appuyant sur ses ressources culturelles. Le maniement du protocole est assez souple pour déployer des adaptations culturellement pertinentes.

Discussion

La prise en compte structurée des facteurs culturels dans le diagnostic serait à systématiser, de même que la prise en compte de la dimension communautaire dans l’impact du trauma. Certains points critiques concernent la nécessité de construire de façon plus structurée des adaptations du protocole et la mise au point de formats pédagogiques différents pour les formations EMDR de psychothérapeutes locaux.

Conclusion

La thérapie EMDR montre d’excellentes capacités d’adaptation en contexte interculturel. Il conviendrait de consolider, prolonger et enrichir ces résultats par des recherches établissant l’intérêt d’une prise en compte systématisée des facteurs culturels, tant au niveau du diagnostic et du protocole que des cursus de formation.

Le lien officiel qui permet l’accès gratuit à l’article jusqu’au 24 octobre 2017 : https://authors.elsevier.com/a/1Vg5R8nL2Xt2P9

 

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