l'EMDR pour réduire le stress aux urgences

l’EMDR pour réduire le stress aux urgences

Les chercheurs de l’Inserm de l’Unité 1219 “Bordeaux Population Health center “, ont montré les bénéfices d’une séance précoce d’EMDR réalisée dans les 6 heures suivant l’événement ayant conduit aux urgences. Ces séances sont efficaces pour diminuer jusqu’à 75% les syndromes post-commotionnels et les troubles de stress post-traumatique. 

Ces résultats sont publiés dans The Journal of Psychiatric Research.

Contexte de cette recherche : Les chercheurs Inserm du centre de recherche « Bordeaux Population Health », du CHU de Bordeaux et du centre hospitalier de Cadillac ont remarqué, lors d’investigations menées depuis 2007, que les niveaux de stress de des patients qui  fréquentent les services d’urgences étaient particulièrement élevés. Ils se sont demandé s’il était possible de les faire baisser, avec comme objectif ultime de prévenir la survenue de ces symptômes invalidants.

Objectifs : Evaluer la faisabilité et l’efficacité d’une approche EMDR pour laquelle ils ont adapté un protocole administrable dans le contexte d’un service d’urgences. Lors de la séance d’EMDR aux urgences, on demande au patient de porter attention aux éléments qui les placent dans un état de stress, et à leur ressenti physique, émotionnel et sensoriel. Ce faisant, le thérapeute effectue des séries de stimulations bilatérales alternées, consistant en des mouvements oculaires (balayage horizontal ou vertical) ou, lorsque l’état clinique du patient ne le permet pas, des tapotements alternés des genoux ou des épaules.

Dans cette étude, il s’agit de prévenir l’apparition des manifestations du syndrome post-commotionnel et du trouble de stress post-traumatique, en utilisant un protocole d’intervention précoce (dans les 6 heures suivant l’événement ayant conduit aux urgences), unique (une seule séance lors de la consultation aux urgences) et bref (une heure maximum).

L’étude a consisté à inclure des patients évalués comme étant à haut risque de développer ces deux troubles (le fait d’avoir eu recours à des antidépresseurs, d’avoir eu une mauvaise santé au cours de l’année et le genre féminin étaient les facteurs prédictifs principaux).

Déroulement de l’étude : 130 patients ont été ainsi sélectionnés et ont accepté de participer à l’étude. Ils ont par la suite été répartis au hasard en trois groupes : le premier bénéficiait d’une séance d’EMDR de 60 minutes, le deuxième d’un entretien de 15 minutes avec un psychologue tandis que le troisième ne recevait pas de prise en charge psychologique.

Les patients étaient ensuite contactés par téléphone trois mois plus tard, afin d’identifier ceux qui avaient développé un syndrome post-commotionnel, ou un trouble de stress post-traumatique.

Résultats :

  • Des patients traités par EMDR bien moins sujets aux troubles post traumatique que les autres

Dans les trois groupes les proportions de patients souffrant de syndrome post-commotionnel trois mois plus tard étaient respectivement de 15% (groupe avec une séance d’EMDR de 60 minutes), 47% deuxième groupe avec un entretien de 15 minutes avec un psychologue) et 65% (groupe sans prise en charge psychologique).

La proportion de patients présentant un trouble de stress post-traumatique était de 3%, 16% et 19%.

  • A l’échelle mondiale, cet essai contrôlé randomisé est le premier à prouver « qu’une séance d’EMDR brève et précoce peut se pratiquer aux urgences et qu’elle est potentiellement efficace », note Emmanuel Lagarde, directeur de recherche Inserm.

Pour confirmer ces résultats, une étude de plus grande ampleur est menée depuis janvier 2018 aux CHU de Bordeaux et de Lyon, auprès de plus de 400 patients. Les résultats sont attendus pour la fin de l’année.

A suivre

“Une intervention EMDR brève et ultra-précoce est, d’une part réalisable dans le contexte des urgences et d’autre part potentiellement efficace”, estime Emmanuel Lagarde, directeur de recherche Inserm. Ces résultats restent toutefois à confirmer par une nouvelle étude de plus grande ampleur. Celle-ci a été initiée en janvier 2018 par la même équipe aux CHU de Lyon et de Bordeaux, auprès de plus de 400 patients. Ses résultats seront connus avant la fin de l’année 2018.

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