Ventre : le poids du stress

David Servan-Schreiber – Psychologies Magazine – Avril 2001

On a longtemps cru que cette différence était le fruit d’une prédisposition génétique liée au sexe. Quelques études récentes remettent en question ce schéma simpliste.

A San Francisco, une équipe de chercheurs de l’université de Californie vient de démontrer que c’est peut-être le type de stress auquel les hommes – et de plus en plus de femmes – sont exposés et surtout leur façon de réagir qui déterminerait la localisation de la graisse (1).

Les chercheurs ont d’abord séparé les femmes de poids « normal » en deux groupes selon la localisation de leurs dépôts adipeux : d’un côté, les « pommes » ; de l’autre, les « poires ».

Ces femmes ont ensuite été soumises à des épreuves susceptibles de les stresser (calculs arithmétiques rapides, exposés oraux face à un public, etc.), et cela, plusieurs jours de suite.

Résultat : les femmes qui avaient un peu de ventre et de fines jambes (adiposité de type masculin, donc en « pomme ») se sont avérées être celles qui réagissaient le plus fortement au stress et qui, les jours passant, ne parvenaient toujours pas à s’y habituer. A chaque nouvelle épreuve, leur taux de cortisol – hormone du stress par excellence – s’élevait, reflétant ainsi le prix payé par leur corps pour affronter l’événement. En revanche, les femmes à l’adiposité féminine (donc en « poire ») semblaient faire face avec beaucoup plus de sérénité mentale et moins de réactivité physiologique.

D’autres études, qui portent, elles, à la fois sur des hommes et des femmes, ont indiqué que la distribution de la graisse sur le ventre est plus fréquente chez les personnes anxieuses, sujettes à la dépression, ou aux prises avec des difficultés sociales (comme le chômage, un divorce, etc.).

Le stress s’accumule donc dans le ventre. Pourquoi cette découverte est-elle importante ? Parce qu’on sait que cette façon de grossir, longtemps l’apanage des hommes, est un facteur de risque classique pour les maladies cardio-vasculaires (hypertension, hyperlipidémie, maladie coronarienne, accidents vasculaires cérébraux) et même pour le diabète. Aujourd’hui, les femmes en sont à leur tour victimes. Espérons toutefois qu’elles sauront y faire face plus intelligemment.

1- Stress and Body Shape : « Stress-Induced Cortisol Secretion is Consistently Greater Among Women with Central Body Fat », E. Epel et al., in « Psychosomatic Medicine », 2000.

COMMENT PERDRE DU VENTRE

Le stress, par la libération du cortisol qu’il entraîne, s’accumule dans le ventre. Trois parades : faire de l’exercice physique, identifier les causes du stress et tenter de les réduire (changer d’air professionnel ?), ou apprendre à y faire face plus sereinement (avec la méditation, par exemple).

avril 2001

1 réflexion sur « Ventre : le poids du stress »

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