Mecanisme d’action EMDR

Hypothèses

La connaissance que nous avons actuellement du fonctionnement cérébral ne permet pas d’expliquer avec certitude les effets de la thérapie EMDR, pas plus que ceux d’une autre thérapie. Cela étant, nous pouvons avancer l’hypothèse que les traumas ou les expériences négatives de la vie bouleverseraient l’équilibre du système de traitement de l’information par le cerveau. Ce déséquilibre empêcherait le système de traitement de l’information de procéder à une résolution adaptative. En conséquence, les perceptions, émotions, cognitions résultant de notre expérience seraient « verrouillées»  dans le système nerveux.

Bien que l’efficacité de l’EMDR pour les états de stress post-traumatique ne soit à présent plus contestée, aucune des explications avancées sur le mécanisme d’action réel de l’EMDR n’est empiriquement validée. Toutes les hypothèses explicatives avancées jusqu’à présent ne peuvent être totalement réfutées. Chacune connaît cependant des arguments qui la contredisent. Ci-dessous nous présentons les hypothèses les plus intéressantes.

Système de traitement adaptatif de l’information (TAI)

Ce modèle proposé par Francine Shapiro suggère que l’information spécifique au traumatisme serait stockée de manière fragmentée (des images, des sons, des odeurs,…) au niveau cérébral, ce qui empêcherait son intégration dans la mémoire de manière adaptée. Francine Shapiro observe que dans le fonctionnement normal, le cerveau est tout à fait capable de traiter des informations chargées émotionnellement, et elle postule l’existence d’un système de traitement d’information spécifique, traitant les souvenirs traumatiques (2/3 des personnes qui ont vécu un traumatisme unique moyennement intense peuvent digérer ce souvenir de manière spontanée sans aide thérapeutique). Ce système de Traitement d’Information Adaptatif (TAI) ne fonctionnerait pas chez certaines personnes et, dans ce cas, il pourrait être sous l’effet de la stimulation rythmique bilatérale de l’EMDR. Une fois activé, ce système traiterait de manière accélérée le matériel traumatique. Ainsi, les affects négatifs sont désensibilisés et des informations adaptatives surgissent spontanément. C’est donc le patient ou quelque chose en lui qui, par la stimulation, déclenche ce processus de traitement avec l’aide du thérapeute.

La thérapie EMDR et l’exposition

L’EMDR peut être comparée à l’exposition, thérapie utilisée en thérapie comportementale. En effet, l’EMDR se centre dans un premier temps sur le vécu traumatique, avec ses affects et ses cognitions, qui doit être activé pour être traité. Ainsi on observe que le niveau de détresse / de perturbation dans le traitement par l’EMDR diminue au prorata du temps de présentation du stimulus, de la même manière qu’on l’observe dans un traitement avec exposition.Quoique l’exposition puisse être considérée comme un élément important dans l’EMDR, quelques observations démontrent que seule l’exposition comme explication pour l’efficacité de l’EMDR ne suffit pas :

– Plusieurs études comparant la thérapie EMDR et l’exposition montrent que l’EMDR donne les mêmes résultats que l’exposition, mais en moins de temps : par exemple dans une étude de Wilson, 50h d’exposition contre 3h avec l’EMDR ou l’étude de Vaughan en 1994, 4 séances avec l’EMDR contre 20h d’exposition.

– Interrompre l’exposition ne conduit pas à une diminution de la tension au moment où l’anxiété est à son maximum, tandis qu’avec l’EMDR, après chaque stimulation, on questionne le patient brièvement, sans que cela n’empêche qu’une désensibilisation ait lieu.

– En règle générale il n’y a pas d’apparition de chaînes associatives ou d’images spontanées lors de l’exposition, alors que c’est bien le cas avec la thérapie EMDR.

REM (Rapid Eye Movement – Mouvements oculaires rapides)

Une des premières hypothèses avancées pour expliquer l’efficacité de l’EMDR a été de pointer sa similitude avec la phase de sommeil paradoxal (pendant laquelle ont lieu les rêves et les REM). Cette hypothèse a été réétudiée par Stickgold (1998) sous une nouvelle forme.

Cet auteur a étudié tant la consolidation des pensées durant le sommeil, que la pathologie de l’état de stress post-traumatique et son traitement par l’EMDR. Après avoir réalisé des milliers d’analyse de rêves, Stickgold affirme, que lors du rêve, du matériel faiblement associatif provenant du néocortex est transféré durant la phase de sommeil paradoxal, sur base de mécanismes acétylcholinergiques, vers l’hippocampe. A l’inverse, durant les autres phases du sommeil, du matériel fortement associatif de l’hippocampe est transféré vers le néocortex.  Ce double transfert affaiblit les associations fortes des souvenirs spécifiques et permet ainsi la formation de souvenirs sémantiques plus généraux et affectivement affaiblis.Dans l’état de stress post-traumatique, le sommeil et le mécanisme acétylcholinergique accompagnant sont perturbés, ce qui diminue donc la possibilité d’affaiblir ces associations fortes. Une séance avec l’EMDR conduirait à une production d’acétylcholine plus élevée, le flux d’information du cortex vers l’hippocampe serait ainsi stimulé. Grâce à la stimulation, on obtiendrait un effet de décodage des souvenirs semblable à celui qui se déroule durant le sommeil paradoxal.

Reflexe d’orientation et réaction de détente

Armstrong et Vaughan (1998) remarquent que la SBA dans le traitement avec l’EMDR empêche une réaction biologique du souvenir traumatique : la stimulation active une réaction d’orientation, qui contrecarre un niveau d’activation élevé. Ceci a pour effet de produire un effacement accéléré du matériel traumatique. Il y a donc une opposition entre deux systèmes, l’un physiologiquement ancré (réaction d’orientation), l’autre neurophysiologiquement ancré (souvenir traumatique). D’autres recherches doivent encore être menées à ce sujet.

Attention double

Un principe potentiellement effectif lors de l’EMDR pourrait être l’attention alternée durant la stimulation entre une perception intérieure et extérieure. La « réalité intérieure du passé » pourrait ainsi s’opposer à  la « réalité extérieure du présent et de la relation thérapeutique ». Cette idée d’attention double peut être une explication plausible  mais est contredite par l’expérience de la thérapie de l’exposition où il a déjà été établi que la distraction n’augmentait pas l’efficacité de l’exposition, mais la diminuait.

Au cours des phases 4 à 6 de l’EMDR, les patients se concentrent sur leurs expériences pénibles ou désirées en même temps qu’ils assistent à un stimulus à double attention. Les mouvements oculaires sont le stimulus de double attention le plus couramment utilisé, mais les tapotements, la stimulation tactile et les sons auditifs sont également utilisés. Ces stimuli sont généralement présentés de manière bilatérale et alternée – par exemple, d’abord à une oreille, puis à l’autre, puis à la première oreille, etc.

On pense que la composante de double attention de l’EMDR facilite le traitement de l’information mais, comme pour toutes les formes de psychothérapie, la raison neurobiologique sous-jacente de ces effets est inconnue, bien que divers neurobiologistes aient proposé des mécanismes d’action. Actuellement, la recherche soutient les théories de la mémoire de travail et la réponse d’orientation. Un certain nombre d’études ont indiqué que le mouvement oculaire réduit la détresse émotionnelle et la vivacité de la mémoire ou améliore le rappel.

Déséquilibre dans l’activation des hémisphères (Nicosa 1994)

Par la SBA durant le déclenchement du souvenir traumatique il y aurait une synchronisation d’une activation et d’une inhibition dans les réseaux neuronaux des hémisphères droit et gauche auparavant isolés. Cette synchronisation conduirait à une infiltration d’aspects rationnels et émotionnels et à une restructuration du vécu du souvenir. De telles restructurations permettraient la connexion à de nouvelles associations et solutions. Grâce à ce processus, des souvenirs traumatiques sont « réinscrits »  et leurs connexions émotionnelles et comportementales affaiblies.

Modification du lien entre les cerveaux cognitif et émotionnel

Cette approche inclut une nouvelle compréhension psychoneurologique du traumatisme psychique et donc des mécanismes en œuvre dans l’EMDR (Roques 2004, 2006, 2008). En effet l’empêchement de l’élaboration du souvenir épisodique traumatique pourrait être dû à une opposition entre les réflexes de survie, qui impliquent le primat adrénergique du système orthosympathique en cas de danger et le traitement de l’information qui suppose au contraire des conditions de détente et donc l’activité du système cholinergique parasympathique, pour se réaliser. Pour simplifier on peut dire que l’information relative à un souvenir traumatique ne pourrait jamais se faire puisque dès que celui-ci est réactivé, en l’absence de contenus mnésiques comparables déjà intégrés et sémantiquement définis, sa présentation entraîne, ipso facto, un vécu de détresse et donc à nouveau une activation adrénergique

Selon cette théorie psychoneurologique la capacité de penser (ainsi que la disponibilité des contenus cognitifs) est étroitement liée à l’état émotionnel de la personne. Par exemple il est bien connu que l’effroi sidère la pensée, une humeur triste va de pair avec des idées noires. Après l’exposition imaginale qui inaugure la phase de traitement adaptative de l’information en EMDR, la mise en œuvre des stimulations bilatérales alternées (oculaires, auditives ou tactiles) génère une activation du système parasympathique cholinergique (Stikhold 2002). Cette hypothèse est corroborée par l’observation des modifications neurovégétatives au cours d’un traitement EMDR (Aubert-khalfa et al 2008, Elofsson et al 2008). Cette production d’acétylcholine permet une baisse de la tension émotionnelle et donc ouvre un champ associatif cognitif correspondant plus étendu. Ainsi au fur et à mesure des épisodes de stimulations le même contenu traumatique se relie, de proche en proche, à un niveau émotionnel de moins en moins intense et par voie de conséquence à un ensemble sémantique de cognitions liées à des représentations et affects plus adaptés. A la fin du traitement, l’image traumatique initiale cesse d’être négative et douloureuse et une bonne estime de soi est rétablie.

Références

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  • The findings provide further evidence for the value of employing eye movements in EMDR treatments. The results also support the notion that EMDR is a suitable option for resolving disturbing memories underlying a broader range of mental health problems than PTSD alone.

El Haj, M., Nandrino, J. L., Antoine, P., Boucart, M., & Lenoble, Q. (2017). Eye movement during retrieval of emotional autobiographical memories. Acta Psychologica, 174, 54-58. doi:10.1016/j.actpsy.2017.02.002

El Khoury-Malhame, M. et al. (2011). Attentional bias in post-traumatic stress disorder diminishes after symptom amelioration. Behaviour Research and Therapy 49, 796-801.

  • English abstract : Attentional bias toward aversive cues in PTSD has been hypothesized as being part of the dysfunction causing etiology and maintenance of PTSD. The aim of the present study was to investigate the cognitive strategy underlying attentional bias in PTSD and whether normal cognitive processing is restored after a treatment suppressing core PTSD symptoms.” An average of 4.1 EMDR sessions resulted in remission of PTSD. Post treatment “similarly to controls, EMDR treated patients who were symptom free had null e-Stroop and disengagement indices.

Elofsson, U.O.E., von Scheele, B., Theorell, T., & Sondergaard, H.P. (2008). Physiological correlates of eye movement desensitization and reprocessing. Journal of Anxiety Disorders, 22(4), 622-634.

  • English abstract : Changes in heart rate, skin conductance and LF/HF-ratio, finger temperature, breathing frequency, carbon dioxide and oxygen levels were documented during the eye movement condition.  It was concluded the “eye movements during EMDR activate cholinergic and inhibit sympathetic systems. The reactivity has similarities with the pattern during REM sleep.”
  • Abstract en français : Des changements au niveau du rythme cardiaque, de la conduction de la peau et du ratio basses fréquences/hautes fréquences, la température des doigts, la fréquence respiratoire, les niveaux de dioxide de carbone et d’oxygène ont été documentés pendant les mouvements oculaires. Les conclusions montrent que les mouvements oculaires pendant l’EMDR activent les systèmes cholinergiques et inhibent les systèmes sympathiques. Cette réactivité présente des similarités avec les patterns observés pendant le sommeil REM.

Harricharan, S., McKinnon, M. C., Tursich, M., Densmore, M., Frewen, P., Théberge, J., . . . Lanius, R. A. (2019). Overlapping frontoparietal networks in response to oculomotion and traumatic autobiographical memory retrieval: implications for eye movement desensitization and reprocessing. European Journal of Psychotraumatology, 10(1), 1586265. doi:10.1080/20008198.2019.1586265

Hornsveld, H. K., Landwehr, F., Stein, W., Stomp, M., Smeets, S., & van den Hout, M. A. (2010). Emotionality of loss-related memories is reduced after recall plus eye movements but not after recall plus music or recall only. Journal of EMDR Practice and Research, 4, 106-112.

  • English abstract : Recall-plus-music was added to investigate whether reductions in emotionality are associated with relaxation. . . Participants reported a greater decline in emotionality and concentration after eye movements in comparison to recall-only and recall-with-music. It is concluded that eye movements are effective when negative memories pertain to loss and grief.

Kapoula Z, Yang Q, Bonnet A, Bourtoire P, Sandretto J (2010). EMDR Effects on Pursuit Eye Movements. PLoS ONE 5(5): e10762. doi:10.1371/journal.pone.0010762

  • English abstract : EMDR treatment of autobiographic worries causing moderate distress resulted in an “increase in the smoothness of pursuit [which] presumably reflects an improvement in the use of visual attention needed to follow the target accurately. Perhaps EMDR reduces distress thereby activating a cholinergic effect known to improve ocular pursuit.

Kristjánsdóttir, K. & Lee, C. M. (2011).  A comparison of visual versus auditory concurrent tasks on reducing the distress and vividness of aversive autobiographical memories. Journal of EMDR Practice and Research, 5, 34-41.

  • English abstract : Results showed that vividness and emotionality ratings of the memory decreased significantly after eye movement and counting, and that eye movement produced the greatest benefit. Furthermore, eye movement facilitated greater decrease in vividness irrespective of the modality of the memory. Although this is not consistent with the hypothesis from a working memory model of mode-specific effects, it is consistent with a central executive explanation.

Lee, C.W., Taylor, G., & Drummond, P.D. (2006) The active ingredient in EMDR: Is it traditional exposure or dual focus of attention? Clinical Psychology and Psychotherapy, 13, 97-107.

  • English abstract : This study tested whether the content of participants’ responses during EMDR is similar to that thought to be effective for traditional exposure treatments (reliving), or is more consistent with distancing which would be expected given Shapiro’s proposal of dual focus  of attention. Greatest improvement on a measure of PTSD symptoms occurred when the participant processed the trauma in a more detached manner.
  • Abstract en français : Cette étude a testé si le contenu des réponses des participants pendant la thérapie EMDR était similaire à ce qui est considéré comme efficace pour les traitement d’exposition traditionnels ou s’il est davantage cohérent avec la distanciation attendue d’après la proposition de Francine SHAPIRO sur l’attention double. L’amélioration la plus importante au niveau des symptômes d’ESPT a eu lieu quand le participant traitait le trauma d’une manière plus détachée.

Leeds, A. M., & Korn, D. L. (2012). A commentary on Hornsveld et al. (2011): A valid test of resource development and installation? Absolutely not. Journal of EMDR Practice and Research, 6(4), 170-173. doi:10.1891/1933-3196.6.4.170

Leer, A., Engelhard, I. M., & van den Hout, M. A. (2014). How eye movements in EMDR work: changes in memory vividness and emotionality. Journal of behavior therapy and experimental psychiatry, 45 (3), 396-401.

  • English abstract : This study provides corroborating evidence that EM during recall causes reductions in memory vividness and emotionality at a delayed post-test and that the magnitude of these effects is related to intervention duration.

Leer, A., Engelhard, I. M., Lenaert, B., Struyf, D., Vervliet, B., & Hermans, D. (2017). Eye movement during recall reduces objective memory performance: An extended replication. Behaviour Research and Therapy, 92, 94-105. doi:10.1016/j.brat.2017.03.002

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  • English abstract : Tested patients awaiting PTSD treatment and demonstrated that the eye movement condition had a significant effect on vividness of trauma memory and emotionality compared to counting and exposure only.  In addition, “the counting task had no effect on vividness compared to exposure only, suggesting that the eye-movement task had a specific effect rather than serving as a general distractor” (p. 317)

Littel, M., van Schie, K., & van den Hout, M. A. (2017). Exploring expectation effects in EMDR: Does prior treatment knowledge affect the degrading effects of eye movements on memories? European Journal of Psychotraumatology, 8(sup1), 1328954. Présentation en français : Les suggestions verbales sur l’efficacité du traitement ne modulent pas l’efficacité d’un modèle de laboratoire de thérapie EMDR :

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  • English abstract : One of a variety of articles positing an orienting response as a contributing element (see Shapiro, 2001 for comprehensive examination of theories and suggested research parameters). This theory has received controlled research support (Barrowcliff et al., 2003, 2004).
  • Abstract en français : Un des articles qui postulent qu’une réaction d’orientation intervient (cf. Shapiro 2001, pour une revue globale des théories et pour des suggestions de paramètres à étudier). Cette théorie a été corroborée par certaines études contrôlées (Barrowcliff et al., 2003, 2004).

Matthijssen, S. J. M. A., Brouwers, T., van Roozendaal, C., Vuister, T., & de Jongh, A. (2021). The effect of EMDR versus EMDR 2.0 on emotionality and vividness of aversive memories in a non-clinical sample. Eur J Psychotraumatol, 12(1), 1956793. doi:10.1080/20008198.2021.1956793

Mertens, G., Bouwman, V., Asmervik, J. F., & Engelhard, I. M. (2019). Changing emotional visual and auditory memories: are modality-matched dual-tasks more effective. Cogn Emot, 1-14. doi:10.1080/02699931.2019.1666800. Présentation en français : Changer les souvenirs émotionnels visuels et auditifs : les doubles tâches assorties de modalités sont-elles plus efficaces ?

Mertens, G., van Schie, K., Lammertink, S., Littel, M., & Engelhard, I. (2020). Verbal suggestions about treatment effectiveness do not modulate the effectiveness of a laboratory model of EMDR therapy: Results of two preregistered studies. doi:10.31234/osf.io/zhcpn Présentation en français : Les suggestions verbales sur l’efficacité du traitement ne modulent pas l’efficacité d’un modèle de laboratoire de thérapie EMDR

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  • English abstract : Specifically, the EM manipulation used in the present study, reported previously to facilitate episodic memory, resulted in decreased interhemispheric EEG coherence in anterior prefrontal cortex. Because the gamma band includes the 40 Hz wave that may indicate the active binding of information during the consolidation of long-term memory storage (e.g., Cahn and Polich, 2006), it is particularly notable that the changes in coherence we found are in this band. With regard to PTSD symptoms, it may be that by changing interhemispheric coherence in frontal areas, the EMs used in EMDR foster consolidation of traumatic memories, thereby decreasing the memory intrusions found in this disorder.
  • Abstract en français :  Spécifiquement, la manipulation Mouvements Oculaires utilisée dans la présente étude, rapportée précédemment comme facilitant la mémoire épisodique, a provoqué une diminution de la cohérence EEG interhémisphérique dans le cortex préfrontal antérieur. Puisque la bande gamma inclut la fréquence 40 Hz qui pourrait indiquer l’ancrage actif de l’information pendant la consolidation du stockage de la mémoire à long terme (par ex. Cahn et Polich, 2006), il est à noter particulièrement que les changements dans la cohérence que nous avons trouvés se trouvent dans cette bande. Au regard des symptômes ESPT, il se peut qu’en modifiant la cohérence interhémisphérique dans les aires frontales, les mouvements oculaires utilisés en EMDR engendrent la consolidation des souvenirs traumatiques, diminuant par là même les souvenirs intrusifs observés dans ce trouble.

Rogers, S., Silver, S., Goss, J., Obenchain, J., Willis, A., & Whitney, R. (1999). A single session, controlled group study of flooding and eye movement desensitization and reprocessing in treating posttraumatic stress disorder among Vietnam war vétérans : Preliminary data. Journal of Anxiety Disorders, 13, 119–130.

  • English abstract : This study was designed as primarily a process report to compare EMDR and exposure.  A different recovery pattern was observed with the EMDR group demonstrating a more rapid decline in self-reported distress.
  • Abstract en français : Cette étude a été conçue pour comparer la thérapie EMDR et l’exposition.  Une style de guérison différent, observé depuis le groupe EMDR, montre une diminution plus rapide de la détresse rapportée chez les sujets.

Rogers, S., & Silver, S. M. (2002). Is EMDR an exposure therapy ? A review of trauma protocols. Journal of Clinical Psychology, 58, 43-59.

  • English abstract : Theoretical, clinical, and procedural differences referencing two decades of CBT and EMDR research.
  • Abstract en français : Comparaison détaillée de la théorie, des pratiques et des procédures de la thérapie EMDR et des thérapies par exposition.

Rousseau, P. F., Boukezzi, S., Garcia, R., Chaminade, T., & Khalfa, S. (2020). Cracking the EMDR code: Recruitment of sensory, memory and emotional networks during bilateral alternating auditory stimulation. Aust N Z J Psychiatry, 4867420913623. doi:10.1177/0004867420913623 – Présentation en français : Déchiffrer le code EMDR : Recrutement de réseaux sensoriels, mémoriels et émotionnels lors d’une stimulation auditive bilatérale alternée

Sack, M., Hofmann, A., Wizelman, L., & Lempa, W. (2008). Psychophysiological changes during EMDR and treatment outcome. Journal of EMDR Practice and Research, 2, 239-246

  • English abstract : During-session changes in autonomic tone were investigated in 10 patients suffering from single-trauma PTSD.  Results indicate that information processing during EMDR is followed by during-session decrease in psychophysiological activity, reduced subjective disturbance and reduced stress reactivity to traumatic memory.

Sack, M., Lempa, W. Steinmetz, A., Lamprecht, & Hofmann, A. (2008). Alterations in autonomic tone during trauma exposure using eye movement desensitization and reprocessing (EMDR) – results of a preliminary investigation. Journal of Anxiety Disorders.

  • English abstract : The psycho-physiological correlates of EMDR were investigated during treatment sessions.  The initiation of the eye movements sets resulted in immediate changes that indicated a pronounced de-arousal.
  • Abstract en français : Sack et al., (université de Munich, en Allemagne) montrent que dans la phase initiale des MO (première 10 secondes), on constate une augmentation du tonus parasympathique qui ralentit légèrement le rythme cardiaque, tout en augmentant la variabilité cardiaque (comme dans la cohérence cardiaque). Cette phase, au cours de laquelle il y a nécessairement une augmentation de la libération d’acetylcholine (le neurotransmetteur du système parasympathique) pourrait être associée à une facilitation des associations dans le réseau mnésique, comme on le voit pendant le sommeil paradoxal associé à l’activité onirique. Par la suite (de 10 à 90 secondes après le début de la stimulation par le MO), il y a, au contraire, une augmentation du rythme cardiaque probablement associée à une libération de noradrénaline (système nerveux sympathique) qui correspondrait à l’activation et la peur associées à l’exposition au souvenir traumatique et qu’on observe classiquement dans les thérapies d’exposition.

Servan-Schreiber, D., Schooler, J., Dew, M.A., Carter, C., & Bartone, P. (2006). EMDR for PTSD : A pilot blinded, randomized study of stimulation type. Psychotherapy and Psychosomatics, 75, 290-297.

  • English abstract : Twenty-one patients with single-event PTSD (average IES: 49.5) received three consecutive sessions of EMDR with three different types of auditory and kinesthetic stimulation.  All were clinically useful.  However, alternating stimulation conferred an additional benefit to the EMDR procedure.
  • Abstract en français : 21 patients avec un ESPT avec trauma unique (moyenne IES : 49,5) ont reçu 3 séances consécutives d’EMDR avec 3 types différents de stimulation auditive et kinés thésique

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Stickgold, R. (2002). EMDR: A putative neurobiological mechanism of action. Journal of Clinical Psychology, 58(1), 61-75.

  • English abstract : Comprehensive explanation of the potential links to the processes that occur in REM sleep. Controlled studies have evaluated these theories (see below ; Christman et al., 2004 ; Kuiken et al. 2001-2002
  • Abstract en français : Exposé des éléments de neurobiologie et des systèmes mnésiques impliqués dans le sommeil paradoxal et de leur lien possible avec le mode d’action de la thérapie EMDR.

Stickgold, R. (2008). Sleep-dependent memory processing and EMDR action. Journal of EMDR Practice and Research, 2(4), 289-299.

  • English abstract : Comprehensive explanations of mechanisms and the potential links to the processes that occur in REM sleep. Controlled studies have evaluated these theories (see next section; Christman et al., 2003; Kuiken et al. 2001-2002).

Suzuki A, Josselyn SA, Frankland PW, Masushige S, Silva AJ, Kida S. (2004). Memory reconsolidation and extinction have distinct temporal and biochemical signatures. Journal of Neuroscience, 24, 4787– 4795.

  • English abstract :  The article explores the differences between memory reconsolidation and extinction. This new area of investigation is worthy of additional attention.  Reconsolidation may prove to be the underlying mechanism of EMDR, as opposed to extinction caused by prolonged exposure therapies. « Memory reconsolidation after retrieval may be used to update or integrate new information into long-term memories…Brief exposure… seems to trigger a second wave of memory consolidation (reconsolidation), whereas prolonged exposure… leads to the formation of a new memory that competes with the original memory (extinction). »
  • Abstract en français : L’article explore les différences entre la reconsolidation de la mémoire et son extinction. Ce nouveau domaine d’investigation mérite une attention supplémentaire. La reconsolidation pourrait se révéler comme étant le méchanisme sous-jacent de l’EMDR, plutôt que l’extinction provoquée par les thérapies d’exposition prolongée. «La reconolidation de la mémoire après sa récupération peut servir à mettre à jour ou à intégrer des nouvelles informations au niveau de la mémoire à long terme… L’exposition brève… semble entraîner une deuxième vague de consolidation de la mémoire (reconsolidation) tandis que l’exposition prolongée… engendrerait la formation d’un nouveau souvenir qui est en compétition avec le souvenir originel (extinction).»

Thomaes, K., Engelhard, I. M., Sijbrandij, M., Cath, D. C., & Heuvel, O. A. V. D. (2016). Degrading traumatic memories with eye movements: A pilot functional MRI study in PTSD. European Journal of Psychotraumatology, 7(0). doi:10.3402/ejpt.v%v.31371

van den Hout, M. A., Rijkeboer, M. M., Engelhard, I. M., Klugkist, I., Hornsveld, H., Toffolo, M. J., & Cath, D. C. (2012). Tones inferior to eye movements in the EMDR treatment of PTSD. Behaviour Research and Therapy, 50(5), 275-279. doi:10.1016/j.brat.2012.02.001

  • English abstract : EMs outperformed tones while it remained unclear if tones add to recall only. . . EMs were superior to tones in reducing the emotionality and vividness of trauma memories. [I]n contrast to EMs, tones hardly tax working memory and induce a smaller reduction in emotionality and vividness of aversive memories. Interestingly, patients’ preferences did not follow this pattern: the perceived effectiveness was higher for tones than for EMs. . . . Clearly, the superior effects of EMs on emotionality and vividness of trauma memories were not due to demand characteristics.

van den Hout, M., & Engelhard, I. (2012). How does EMDR work? Journal of Experimental Psychopathology, 3, 724-738.

van Schie, K., van Veen, S. C., Engelhard, I. M., Klugkist, I., & van den Hout, M. A. (2016). Blurring emotional memories using eye movements: Individual differences and speed of eye movements. European Journal of Psychotraumatology, 7.

  • English abstract : Contrary to the theory, the data do not support the hypothesis that EM speed should be adjusted to [working memory capacity] (hypothesis 4). However, the data show that a dual task in general is more effective in reducing memory ratings than no dual task (hypothesis 1), and that a more cognitively demanding dual task increases the intervention’s effectiveness (hypothesis 2).
  • Résumé en français : Contrairement à la théorie, les données ne soutiennent pas l’hypothèse selon laquelle la vitesse des MO devrait être ajustée à [la capacité de la mémoire de travail] (hypothèse 4). Cependant, les données montrent qu’une attention double en général est plus efficace pour réduire les évaluations de la mémoire que l’absence d’attention double (hypothèse 1), et qu’une attentiuon double plus exigeante sur le plan cognitif augmente l’efficacité de l’intervention (hypothèse 2).
  • Présentation de cette recherche en français : Capacité de mémoire de travail et vitesse des MO

Wilson, D., Silver, S. M., Covi, W., & Foster, S. (1996). Eye movement desensitization and reprocessing: Effectiveness and autonomic correlates. Journal of Behaviour Therapy and Experimental Psychiatry, 27(3), 219–229.

  • English abstract : Study involving biofeedback equipment has supported the hypothesis that the parasympathetic system is activated by finding that eye movements appeared to cause a compelled relaxation response. More rigorous research with trauma populations is needed.
  • Résumé en français : Une étude impliquant le biofeedback soutient l’hypothèse que le système parasympathique est activé en montrant que les mouvements oculaires semblent provoquer une réponse de relaxation. Plus de recherches rigoureuses avec des populations atteintes de traumas sont nécessaires.

Wong, S.-L. (2021). A Model for the Flash Technique Based on Working Memory and Neuroscience Research. Journal of EMDR Practice and Research, 15(3), 174-184. doi:10.1891/emdr-d-21-00048

Wynn, J. S., Ryan, J. D., & Buchsbaum, B. R. (2020). Eye movements support behavioral pattern completion. Proc Natl Acad Sci U S A, 117(11), 6246-6254. doi:10.1073/pnas.1917586117

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Vous trouverez des informations complémentaires dans le : « Résumé des recherches sur la thérapie EMDR ».