Quels sont les événements traumatisants ?

Quels sont les événements traumatisants ?

Mis à jour le 14 décembre 2023

Quels sont les événements traumatisants ? Martine Iracane, psychologue, formateur EMDR, intervenant dans la CUMP d’Aix en Provence nous explique.

L’impact de l’événement peut être appréhendé par le biais du nombre de victimes directes atteintes.

De dimension micro sociale, il peut concerner une personne, une famille (un accident de la voie publique par exemple), son impact peut s’étendre à une structure collective engageant un collectif ou une unité locale de fonctionnement (explosion d’une usine, suicide dans une équipe, accident dans une école) ;

Rappelons que généralement, l’événement ne constitue pas en soi la traumatisation mais qu’il vient, à un moment donné, dans un contexte donné, rencontrer une ou des personnes. Cependant certains événements, de par leur impact collectif, particulièrement déstructurant et destructeurs sont considérés à pouvoir traumatogène.

Une communauté de personnes peut être massivement et gravement déstabilisée, traumatisée ; L’événement revêt une dimension macro sociale engendrant des niveaux de désorganisation sociale et collective importants comme dans le cas de catastrophes naturelles (exemple du tsunami), de crimes contre l’humanité, de génocides, touchant des centaines voire des milliers de personnes
Ces formes de violences qui s’inscrivent tout à la fois dans le registre matériel, moral, symbolique, social, affectent non seulement l’identité individuelle mais aussi l’identité collective, culturelle, voire ethnique (exemple des conflits meurtriers en ex Yougoslavie).

L’événement peut présenter un caractère non intentionnel et fortuit : c’est le cas d’un accident domestique, d’un accident du travail, de catastrophes naturelles. Ce type de traumatisme peut être extrêmement nuisible et  entraver la poursuite d’une vie « normale »

A contrario il peut comporter une dimension volontaire avec intention de nuire voire de détruire et être organisé et oeuvré par un autre humain, un alter ego :

Les violences sexuelles, des violences domestiques familiales, les braquages, toutes les infractions à la loi classées dans le Code Pénal dans la catégorie « coups et blessures » volontaires ou tentative d’homicide , certaines formes de maltraitance et de négligences lourdes d’enfants et de personnes vulnérables, bafouent l’éthique et heurtent violemment les sujets par le non respect de leurs besoins fondamentaux de sécurité, de soin : ces contextes génerent des dégâts psychologiques majeurs chez les victimes qui y sont soumises et seront d’autant plus contaminants que leur fréquence de survenue est élevée ;

Par ailleurs l’étude de KESSLER 1999 rejoint le constat des victimologues cliniciens : plus le trauma atteint un sujet précocement, au cours de son développement, plus les conséquences post traumatiques au plan de la construction de la personnalité invalident irrémédiablement son équilibre psychologique.

Dans un registre plus vaste, les crimes contre l’humanité et génocide, les actes de tortures, les actes de terrorisme et prise d’otage constituent des exemples tragiques où la dimension d’une violence intentionnelle et souvent institutionnelle vise l’anéantissement de l’autre dans ce qui constitue son essence identitaire et/ou sa différence.
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ne autre approche qualifiant l’événement traumatique, se rapporte à la fréquence de sa survenue et à la probabilité de l’émergence d’un trauma en résultant : la classification établie par TERR à propos des violences subies par les enfants, différencie le trauma « type 1 » aigu et de survenue isolée (une agression physique sur la voie publique par exemple) du « trauma de type 2 » chronique, qui s’installe en conséquences de situations traumatisantes répétitives parfois aléatoires, ligotant le sujet dans la contrainte et l’impossibilité de se défendre. (Sévices corporels à enfants, abus sexuels intrafamiliaux par exemple)

Un article de Martine Iracane, psychologue, formateur EMDR, intervenant dans la CUMP 13, enseignant sur le thème des psycho-traumatimes à l’Université de Lorraine.

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