
Bruno Guillon et l’EMDR : surmonter le traumatisme du home-jacking
Mis à jour le 3 février 2026
Plusieurs articles reviennent cette semaine sur le témoignage de Bruno Guillon, victime d’un home-jacking violent en septembre 2023 avec sa compagne et son fils. L’animateur, qui s’est notamment exprimé dans l’émission On refait la télé, sur RTL, attribue son apaisement à la thérapie EMDR, déclarant avoir ressenti une amélioration dès la troisième séance.
L’EMDR dans les médias : Bruno Guillon, un témoignage qui relance la visibilité de la thérapie
Bruno Guillon était l’invité de l’émission On refait la télé sur RTL le samedi 31 janvier 2026. L’animateur, figure populaire de France 2 (Chacun son tour, Tout le monde a son mot à dire) et de Fun Radio, est revenu sur de nombreux sujets, dont le home-jacking violent dont lui et sa famille ont été victimes dans la nuit du 26 au 27 septembre 2023, à Tessancourt-sur-Aubette (Yvelines). C’est au cours de cet entretien qu’il a révélé avoir eu recours à la thérapie EMDR et en avoir ressenti les effets dès la troisième séance, déclarant que la thérapie lui avait permis de parler de l’événement sans être submergé émotionnellement. Il a toutefois nuancé en précisant que la cicatrice resterait.
C’est cette interview qui a déclenché la vague d’articles que nous analysons ci-dessous.
Lire l’article – On refait la télé, RTL, 31 janvier 2026 — Entretien avec Éric Dussart
Doctissimo propose un angle pédagogique solide en s’appuyant sur l’expertise d’Amélie Boukhobza, psychologue formée en EMDR. L’article rappelle que l’EMDR est recommandée en première intention dans la prise en charge des traumatismes et explique le mécanisme de blocage du système de traitement de l’information lors d’un événement traumatique. La psychologue insiste sur la notion de « mise à distance » plutôt que d’oubli, et sur le fait que le travail passe autant par le corps que par la parole.
C’est l’un des articles les plus fidèles à la réalité clinique de l’EMDR publiés dans un média grand public à l’occasion de ce témoignage. La présence d’une psychologue formée en EMDR comme intervenante garantit une information de qualité. On relèvera toutefois que l’article ne mentionne pas le modèle TAI (Traitement Adaptatif de l’Information) par son nom.
Lire l’article Bruno Guillon et l’EMDR : comment cette thérapie l’a aidé à surmonter le traumatisme du home-jacking Source : Doctissimo — Avec la psychologue Amélie Boukhobza, formée en EMDR
Oh My Mag adopte un angle plus narratif, retraçant le parcours de résilience de l’animateur : du traumatisme initial aux séquelles (troubles du sommeil, hypervigilance, crises de panique), puis le processus judiciaire (procès en janvier 2025, peines de 3 à 12 ans d’emprisonnement), jusqu’à la reconstruction grâce à l’EMDR. L’article souligne le courage de la démarche thérapeutique et la dimension familiale de la reconstruction.
L’angle « people » permet de toucher un public très large. Le témoignage contribue à déstigmatiser le recours au soin post-traumatique. L’article mentionne les sources (Télé-Loisirs, RTL, Voici, Purepeople), ce qui indique une reprise multimédia importante.
Lire l’article Bruno Guillon se confie sur son traumatisme après son home-jacking et la thérapie qui a tout changé Source : Oh My Mag, publié le 1er février 2026 — Par Priscillia Vitel
Télé-loisirs se concentre sur un autre volet de l’entretien RTL : l’incident aérien vécu par Bruno Guillon lors d’un vol vers les Bahamas depuis Miami. Si l’EMDR n’est pas directement mentionnée, l’article est intéressant car il montre comment l’animateur relie ses différentes expériences traumatisantes et sa capacité progressive à gérer la peur.
Ce récit illustre bien la notion d’accumulation d’expériences traumatiques et de ressources de coping développées progressivement. L’animateur fait un lien explicite entre la gestion de sa peur de l’avion et les clés qu’il a trouvées pour affronter l’angoisse liée au home-jacking.
Lire l’article « L’avion a chuté » : le témoignage glaçant de Bruno Guillon, qui a frôlé la mort aux côtés de Manu Payet et Philippe Lelièvre Source : Télé-Loisirs (repris par Portail Free), publié le 31 janvier 2026
Puremédias, site de référence sur l’actualité des médias, a couvert l’interview de Bruno Guillon sous l’angle professionnel (Intervilles, Fort Boyard, etc.) mais en mentionnant également le home-jacking. L’EMDR n’y est pas détaillée, mais le positionnement éditorial confirme l’ampleur de la couverture médiatique de cette interview.
Source : Couverture de l’interview On refait la télé, Puremédias (Ozap), 1er février 2026
Purepeople a publié de nombreux articles sur l’affaire Bruno Guillon, notamment lors du procès (janvier 2025) et après. Ces articles, bien que antérieurs à l’interview EMDR, offrent un contexte essentiel pour comprendre la gravité du traumatisme.
Ces éléments illustrent la gravité du traumatisme de type II (intentionnel, avec menace vitale, impuissance et humiliation) et ses répercussions familiales à long terme. Le témoignage au procès montre un homme encore submergé émotionnellement, ce qui rend d’autant plus frappant le contraste avec l’apaisement évoqué un an plus tard grâce à l’EMDR.
Source : Plusieurs articles, janvier 2025 et juin 2025 Source : Purepeople
Quand les personnalités parlent d’EMDR
Ce n’est pas la première fois qu’une personnalité médiatique témoigne publiquement de son recours à l’EMDR après un home-jacking. En juin 2025, Christophe Beaugrand, victime d’une tentative d’intrusion à son domicile de Sèvres avec son mari et leur fils de 4 ans, avait déclaré dans Voici avoir consulté un psychologue spécialisé en traumatismes et suivi une séance d’EMDR. Il rapportait avoir « super bien dormi » pour la première fois depuis l’agression.
Au même moment, Madame Figaro publiait un long article intitulé « Le phénomène EMDR : ces mouvements oculaires qui reprogramment le cerveau » (20 juin 2025), soulignant la popularisation de la thérapie, y compris chez des personnalités internationales.
La couverture de février 2026 autour de Bruno Guillon s’inscrit donc dans une tendance de fond : la visibilité croissante de l’EMDR dans les médias grand public, portée par les témoignages de personnalités victimes de violences à domicile.
Regard professionnel sur cette couverture médiatique
Ce que ces articles transmettent bien
La couverture médiatique autour du témoignage de Bruno Guillon véhicule plusieurs messages fidèles à la réalité clinique de l’EMDR.
L’article de Doctissimo, en particulier, restitue avec justesse l’idée que l’EMDR ne vise pas à effacer un souvenir mais à en réduire la charge émotionnelle, de sorte que l’événement puisse être évoqué sans envahir la personne.
La distinction entre « oublier » et « mettre à distance » est essentielle, et elle est bien posée. De même, la mention des croyances négatives liées au traumatisme (se sentir en danger permanent, se sentir coupable) et la dimension corporelle du travail thérapeutique reflètent fidèlement ce que vivent les patients en séance.
Enfin, le rappel que l’EMDR est recommandée en première intention dans la prise en charge du trouble de stress post-traumatique contribue à renforcer la confiance du public envers cette approc
Ce qu’il est utile de nuancer
Comme souvent lorsqu’un témoignage personnel rencontre un large écho, certaines formulations méritent d’être replacées dans un cadre plus complet.
L’expression employée par Bruno Guillon pour décrire l’effet de la thérapie est parlante et sincère, mais elle pourrait laisser penser que l’EMDR agit de manière instantanée ou automatique. En réalité, chaque personne réagit à son rythme. Certains patients ressentent un soulagement rapide, d’autres ont besoin d’un travail plus long, notamment lorsque le traumatisme s’inscrit dans une histoire personnelle plus complexe ou lorsque plusieurs événements se cumulent. Le fait que Bruno Guillon ait ressenti une amélioration dès la troisième séance est un témoignage encourageant, mais il ne constitue pas une norme. Il est important que les personnes qui envisagent cette démarche sachent qu’un accompagnement de quelques séances comme de plusieurs mois reste parfaitement normal.
Par ailleurs, aucun des articles publiés ne rappelle un point pourtant fondamental : l’EMDR est une thérapie qui s’exerce dans un cadre précis, par des psychologues ou des psychiatres ayant suivi une formation spécifique et reconnue. Ce n’est pas un simple outil que l’on peut s’approprier de manière isolée. Pour les personnes intéressées, il est essentiel de vérifier que le praticien consulté est formé et accrédité.
Enfin, la situation du fils de Bruno Guillon, largement relayée dans la presse, illustre l’impact d’un traumatisme sur l’ensemble d’une famille, y compris sur les enfants et les adolescents. Or, aucun article ne mentionne l’existence de protocoles EMDR adaptés aux plus jeunes. C’est une lacune regrettable dans une couverture par ailleurs riche, car elle aurait pu ouvrir une porte pour des familles qui ne savent pas toujours que leurs enfants peuvent, eux aussi, bénéficier d’un accompagnement spécialisé.
Ce que cette visibilité change concrètement
Au-delà de l’analyse des contenus, cette séquence médiatique a des effets concrets sur la pratique.
Elle facilite l’accès au soin en levant une part de la méconnaissance et de l’appréhension qui entourent encore la psychothérapie du traumatisme.
Elle contribue aussi à déstigmatiser la démarche de soin, en particulier chez les hommes, souvent plus réticents à consulter après un événement violent.
Mais elle crée également une responsabilité : celle de fournir aux patients qui franchissent la porte du cabinet une information claire sur le cadre, le déroulement et les limites de la thérapie, afin que l’espoir suscité par un témoignage médiatique rencontre un accompagnement à la hauteur.
Aller plus loin
Formation(s) : Formation initiale en EMDR
Dossier(s) : Témoignages de patients en EMDR



