
L’EMDR, un tournant décisif : Le parcours de rétablissement d’Eric Zink
Mis à jour le 7 mars 2026
De l’addiction à la reconstruction : comment l’EMDR a transformé la vie d’un mentor en santé mentale
Ce témoignage montre comment l’EMDR peut être un outil puissant dans le traitement de l’addiction complexe liée au trauma, offrant une approche qui traite les racines profondes de la dépendance plutôt que seulement ses symptômes.
Article publié en anglais – accès libre en ligne
Un parcours marqué par les traumatismes
« J’ai essayé de devenir sobre à 23 ans. Je ne suis devenu sobre qu’à 36 ans, » confie Eric Zink à High Times. « Ma vie a été de la détruire, la reconstruire, avoir une vie incroyable pendant un an ou deux, puis la saboter jusqu’à plus rien. J’étais fatigué, mec. J’étais juste fatigué. »
Aujourd’hui mentor en santé mentale et créateur de contenu sur les réseaux sociaux, Zink a transformé son expérience vécue de l’addiction, du traumatisme et du rétablissement en quelque chose de sincère et d’impactant. Ses plateformes numériques touchent maintenant des centaines de milliers de personnes qui se connectent à son storytelling sans détour et sa vulnérabilité brute.
Les tragédies qui ont marqué sa vie
L’histoire de Zink est empreinte de tragédie. Il a perdu sa femme par suicide en 2015. Deux ans plus tard, son père s’est également ôté la vie. À la suite de ces pertes et de sa propre tentative de suicide, Zink a sombré dans l’addiction, le secret et la honte.
« Tu dis aux gens que tu es accro à la coke, ils te regardent de travers, » dit-il. « Alors j’ai juste dit à tout le monde que j’étais alcoolique… Je ne savais pas mieux. C’est en quelque sorte là que j’ai commencé.
L’addiction fonctionnelle : une réussite de façade
Au plus fort de son addiction, Zink gagnait 40 000 à 50 000 dollars par mois comme directeur général de concessionnaires de véhicules récréatifs. Pour le monde extérieur, il avait l’air d’un succès fou.
« Je n’avais pas un sou à mon nom, » admet-il. « Je dépensais 15 000 dollars par mois en coke, prostituées et alcool. Je n’étais rien. J’étais un toxicomane. C’est comme ça que je me voyais. »
Cette dysfonction, ajoute-t-il, est souvent liée à des conditions de santé mentale non diagnostiquées. « Beaucoup de toxicomanes avec qui j’ai travaillé s’avèrent avoir un TDAH non diagnostiqué. Alors ils s’automédiquent. Et oui, ça marche. Temporairement. »
2024 : L’EMDR comme point de basculement
En 2024, Zink a commencé la thérapie EMDR, une méthode centrée sur le trauma développée à l’origine pour les vétérans et les premiers répondants. Cela a été un tournant décisif.
« Ça utilise le mouvement de vos yeux pour faire passer le trauma du côté émotionnel de votre cerveau au côté logique, » explique-t-il. « Pour qu’il ne vous contrôle plus. »
Cette approche thérapeutique a représenté une percée majeure dans son parcours de guérison, lui permettant de traiter des traumatismes profondément enracinés qui alimentaient son addiction.
Une boîte à outils complète pour le rétablissement
Aux côtés de l’EMDR, Zink maintient une boîte à outils personnelle de bien-être :
- Marches quotidiennes
- Musique
- Musculation
- Une routine stricte
- L’étude du TDAH et de l’autisme de niveau 1, dont il a été diagnostiqué
« La routine m’apporte du calme là où je ne panique pas à l’intérieur, » dit-il.
Remettre en question les règles strictes du rétablissement
Zink remet également en question les règles d’abstinence stricte dans certains cercles de rétablissement.
« Cette chose qu’on prêche, que ça doit être l’abstinence absolue, c’est des conneries, » dit-il. « N’importe qui sous ISRS, vous n’êtes pas abstinent. Si l’herbe vous aide à dormir et à ne pas vous shooter, alors tant mieux pour vous. »
Un message d’authenticité et d’espoir
Eric Zink n’essaie pas d’être un sauveur ou un gourou. Il est juste authentique, et c’est ce qui résonne.
« Je partage seulement sur les drogues que j’ai prises, » dit-il. « Des gens m’ont dit qu’ils se défonçaient en regardant mes vidéos. Mais quelque chose que j’ai dit est resté. Quelque chose a été planté. Et parfois, c’est tout ce qu’il faut. »
Il dirige maintenant une plateforme de mentorat et soutient l’application Sunflower Sober, qui offre un soutien par les pairs, des outils de journalisation et une communauté. « La première étape est juste d’admettre que vous avez un problème, » dit-il. « Tout le monde le sait déjà. Vous êtes le seul qui ment encore. »
La vie après l’EMDR
« Je ne l’utilise plus. Et je sais comment profiter de ma vie maintenant. C’est ce que je peux offrir. »
Zink n’est pas parfait. Il lutte encore avec le trauma, l’anxiété et l’ego. Mais il est honnête à ce sujet. Dans un monde plein de bruit, cette honnêteté peut être une bouée de sauvetage.
Son parcours illustre comment l’EMDR, combiné à d’autres outils thérapeutiques et à un engagement envers l’authenticité, peut transformer non seulement la relation d’une personne avec l’addiction, mais aussi sa capacité à aider les autres dans leur propre voyage de guérison.
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