
Dossier Réaliser une vidéo
Mis à jour le 6 janvier 2026
La réalisation de vidéos pour les supervisions constitue une étape incontournable — et souvent redoutée — du parcours de formation EMDR. Pour de nombreux praticiens, cette exigence soulève des questions pratiques, techniques et parfois émotionnelles : Comment filmer ? Avec quel matériel ? Comment aborder le sujet avec mes patients ? Et si ma vidéo n’est pas validée ?
Ce dossier a été conçu pour vous accompagner pas à pas dans cette étape importante de votre formation. Il rassemble des conseils pratiques, des astuces techniques et des retours d’expérience de praticiens qui sont passés par là avant vous. Notre objectif : vous permettre d’aborder la réalisation de vos vidéos avec sérénité et efficacité, pour que vous puissiez vous concentrer sur l’essentiel — votre développement clinique et l’accompagnement de vos patients.
De nouveaux articles seront ajoutés au fil des mois.
Pourquoi la vidéo est-elle si importante dans la formation EMDR ?
Un outil d’évaluation et d’apprentissage
La supervision EMDR est un processus d’accompagnement qui permet au futur praticien d’être soutenu dans ses premiers pas et conseillé par rapport aux difficultés qu’il peut rencontrer. C’est également un outil d’évaluation qui vous permettra de poursuivre votre cursus de formation et de suivre le niveau 2.
Alors que la thérapie EMDR gagne en reconnaissance et démontre la force de son efficacité clinique, nous partageons avec vous la responsabilité de protéger les patients et de favoriser leur rétablissement. Notre rigueur en matière d’évaluation est l’expression directe de notre engagement collectif envers ceux qui vous confieront leur santé mentale. Nos critères de validation sont conçus dans une seule perspective : permettre à chaque patient de recevoir des soins correspondant aux plus hauts standards de qualité et vous accompagner au mieux sur ce projet.
L’intérêt de se voir pratiquer
Enregistrer vos séances d’EMDR est l’une des choses les plus précieuses que vous pouvez faire pour vous et vos patients. Le fait d’enregistrer vos séances et d’en visionner des extraits en supervision permet à votre superviseur EMDR de vous donner un feedback basé sur ce que vous faites réellement par rapport à ce que vous pensez avoir fait ou à ce dont vous vous souvenez. En d’autres termes, votre superviseur pourra voir de ses propres yeux comment vous mettez en pratique le modèle TAI et les 8 phases et pourra vous donner les prochaines étapes à suivre avec vos patients.
Cela vous donne également l’occasion de vous voir et de vous corriger, ce qui est une chance inestimable. Comme le souligne Hélène Dellucci, psychologue et formatrice EMDR : « Ce procédé va vous aider à rendre plus solides vos connaissances par rapport au protocole EMDR, et à améliorer vos vidéos. Votre travail EMDR sera d’autant plus rigoureux, et de ce fait efficace. La recherche le montre. »
Les défis rencontrés par les praticiens en formation
De nombreux praticiens rapportent des difficultés communes lorsqu’il s’agit de réaliser leurs vidéos de supervision : trouver des patients acceptant d’être filmés, gérer le stress lié à la vidéo, faire face à la déception si la vidéo n’est pas acceptée du premier coup, ou encore surmonter les obstacles techniques.
Ces défis sont normaux et partagés par la grande majorité des praticiens en formation. Pour vous aider à les surmonter, nous avons rassemblé dans ce dossier des conseils pratiques, des solutions techniques et des retours d’expérience de collègues. Vous trouverez notamment un article complet reprenant les témoignages de praticiens sur leurs conseils et astuces, ainsi que plusieurs articles techniques répondant aux questions les plus fréquentes.
Les recommandations clés pour réussir
Ce que nous vous encourageons à faire
- Positionner une caméra dans votre cabinet dès maintenant
- Demander à tous vos patients auxquels vous proposez de l’EMDR de filmer les séances, pour vous aider à mieux apprendre et corriger vos erreurs
- Mettre en œuvre des séances EMDR dès la semaine prochaine
- Visionner vos séances filmées et les passer au crible de votre manuel
La plupart des séances filmées ne sont pas parfaites. Notez les points à améliorer, puis recommencez à filmer. Revisionnez vos films et vérifiez le processus à l’aide de votre manuel.
Les avantages de cette approche
- Vous ne perdrez pas de temps à stresser, à procrastiner, et à apprendre à faire une vidéo
- Vous aurez plus de temps pour des questions cliniques, car votre vidéo sera déjà validée dès la première supervision
- Vous risquerez moins de devoir revenir pour une supervision supplémentaire
- Vous améliorerez votre rigueur et votre aisance par rapport au protocole standard
- Vous serez plus à l’aise avec l’EMDR
- Vous avancerez plus rapidement pour les cas plus difficiles, car le protocole standard sera solidement intégré
Ce qu’il vaut mieux éviter
- L’évitement
- Attendre trop longtemps avant de proposer de l’EMDR
- Vous dire que vous n’avez pas le matériel
- Remettre à plus tard
- Vous dire que vous n’avez pas les bons patients
- Attendre la dernière séance de supervision pour commencer à penser à la vidéo
- Attendre le dernier moment pour filmer ou montrer votre vidéo
- Ne pas avoir visionné votre vidéo avant de la présenter
- Être perdu dans votre propre vidéo
Le contenu de la vidéo
La vidéo doit montrer une désensibilisation complète, de la phase 3 à la phase 7. Les phases 1 et 2 (Histoire du patient et Préparation) sont quant à elles présentées oralement avant le visionnage de la vidéo.
Les qualités cliniques du thérapeute sont également évaluées : alliance thérapeutique, accompagnement adéquat du patient tout le long du protocole et particulièrement dans la phase 4.
Il est normal qu’à cette étape vous fassiez des erreurs. La vidéo est là pour vous permettre de les repérer et de les corriger.
Pour connaître en détail les éléments attendus à chaque phase et savoir comment compléter le document de suivi, consultez l’article « Le time code : comment repérer les moments clés de votre vidéo ? » qui reprend l’ensemble des éléments du document officiel fourni par l’IFEMDR.
Que se passe-t-il si ma vidéo n’est pas validée ?
Ne vous découragez pas ! Vous pouvez :
- Présenter une autre vidéo à la supervision de groupe suivante
- Vous inscrire à une nouvelle supervision de groupe
- Prendre un rendez-vous avec votre superviseur pour une supervision individuelle
Rappelons-le : la majorité des collègues dont la première vidéo n’a pas été validée disent avoir beaucoup appris de cette expérience et présentent ensuite une seconde vidéo qui est validée.
Témoignages de praticiens
Voici quelques retours d’expérience positifs de collègues qui ont réalisé leurs vidéos :
« J’ai filmé avec mon smartphone et ça marchait très bien. Moi aussi sur mon smartphone. J’ai ensuite mis le fichier sur une clé USB et sur mon ordi portable et zou ! »
« En voyant les bénéfices que l’EMDR apportait à mes patients, non seulement j’ai fait confiance au processus, mais j’ai aussi développé une confiance, même si je faisais une erreur. »
« J’ai trouvé par ailleurs qu’il y a une grande bienveillance à l’égard des apprenants à l’IFEMDR avec beaucoup d’explications sur les critères et sur le fait qu’une critique ou une non-validation de vidéo ne remettait pas en question sa capacité à devenir un excellent praticien EMDR. »
« Certains patients sont très ouverts à la vidéo, ne pas hésiter à demander car on peut avoir de bonnes surprises ! »
« La vidéo c’est formateur même si c’est une épreuve. Je conseillerais de considérer la vidéo non pas comme un examen mais comme une occasion extraordinaire pour pouvoir montrer sa pratique quasiment « in vivo » et avoir des conseils avertis de la part d’un clinicien expert. Cela n’arrive pas tous les jours alors il faut en profiter ! »
« Hélène Dellucci nous a dit qu’elle s’était entraînée, entraînée, entraînée… c’est la pratique qui nous permet d’être plus fluide. »
Les réponses à vos questions sur les vidéos
Dans notre FAQ, vous trouverez également les réponses aux questions les plus souvent posées par les participants concernant les vidéos : est-ce que je peux filmer avec mon téléphone ? est-il possible de présenter la vidéo d’une séance en ligne ? qui contacter si j’ai une question ? faut-il filmer toutes les séances EMDR ? doit-on voir le visage de mon patient ?…
Pensez à laisser vos conseils et astuces dans les commentaires !
Les articles du dossier Réaliser une vidéo
Pour vous accompagner dans la réalisation de vos vidéos, nous avons préparé une série d’articles pratiques. Vous y trouverez des conseils concrets, des astuces techniques et des solutions aux problèmes les plus fréquemment rencontrés.
D’autres articles seront publiés régulièrement pour compléter ce dossier. Nous enrichirons notamment les thématiques suivantes :
- Les retours d’expérience de praticiens en formation
- Les réponses aux questions fréquemment posées
- Les mises à jour liées aux évolutions technologiques
N’hésitez pas à nous faire part de vos questions et suggestions pour que ce dossier réponde au mieux à vos besoins.
















Les formations
Voici les formations disponibles à ce sujet :
Conclusion
La réalisation de vidéos pour la supervision peut sembler intimidante au premier abord, mais avec une bonne préparation et les bons outils, elle devient une étape tout à fait surmontable — et même enrichissante — de votre parcours de formation.
Rappelez-vous : l’objectif n’est pas de présenter une vidéo parfaite, mais de démontrer votre maîtrise du protocole standard et votre capacité à accompagner vos patients. Les erreurs font partie de l’apprentissage. La vidéo est précisément là pour vous permettre de les identifier et de progresser.
Comme le résume si bien Hélène Dellucci : « Lorsque votre vidéo est satisfaisante et que vous pensez qu’elle peut être validée, vous pouvez l’amener en supervision. » En d’autres termes : filmez, visionnez, corrigez, et quand vous êtes prêt, présentez votre travail.
N’hésitez pas à contacter votre superviseur si vous avez besoin d’éclaircissements.
Bonne route à vous !



