Attentat de Nice le retour d’expérience des pompes funèbres

Attentat de Nice le retour d’expérience des pompes funèbres

Un article Attentat de Nice le retour d’expérience des pompes funèbres, de Guillaume Bailly, publié sur le site http://www.funeraire-info.fr

Un retour d’expérience nécessaire : l’intervention des pompes funèbres sur les lieux de l’attentat du 14 juillet à Nice a été lourd d’enseignements. Luc Behra est directeur général des opérations de Funecap, nous parle de l’organisation sur place, suivi psychologique, il en tire des enseignements précieux.

Suivi psychologique indispensable

Les personnels de Funecap présents sur place ont eu le sentiment de ne pas avoir été considérés « Un article est paru après les attentats dans Nice Matin, qui remerciait tout le monde, la police nationale et la police municipale, les ambulanciers, les pompiers, les médecins, les infirmières, les hôpitaux, les taxis… Tout le monde sauf les pompes funèbres. Nos équipes ont pris un coup au moral, et on les comprend. » Luc Behra est satisfait des articles ultérieurs parus dans la presse à l’initiative de Philippe Le Diouron , présent sur place dès les premiers instants « C’est important pour nos équipes, de voir que leur travail difficile est considéré, compris par la population »

Pourtant, elles ont été sur-exposées « Sur place, en première ligne, il y avait l’identité judiciaire. Lorsque les premières équipes sont arrivées sur place, les consignes étaient d’attendre, les personnels de l’identité judiciaire devaient placer eux-même les corps dans les housses. Dans les faits, l’identité judiciaire n’en a fait que trois, avant que leurs techniciens ne puissent tout simplement plus, et que nos équipes prennent le relais ».

Ce qui n’a pas été sans conséquences « Sur les lieux, les 25 personnes mobilisées sont restées concentrées et professionnelles. C’est ensuite que les conséquences se sont fait sentir. Certaines commencent à développer des phobies, de la foule par exemple, tous nous font part d’images qui restent. »

Funecap a porté une attention toute particulière à l’accompagnement « Il y a eu trois phases. Un premier grand débriefing avec tout le monde, puis un second par groupes avec des psychologues. La troisième phase, c’est un suivi individuel, à Nice avec les cellules psy dédiées et à Toulon avec l’hôpital des armées de Ste Anne. Des psychologues militaires qui prennent nos équipes en charge et qui sont expérimentées dans ces traumatismes spécifiques, les même que peuvent subir des militaires en zone de conflit ». (Méthode E.M.D.R)

C’est un point sur lequel il insiste particulièrement « Le suivi psychologique est important, parce que les effets se font sentir ensuite. Nous accompagnons et accompagnerons tous les intervenants présents sur place. »

Organisation : prendre en compte le funéraire

Luc Behra souligne « Ce n’est pas la première fois que certains d’entre eux intervenais sur des opérations difficiles de réquisitions, mais rien d’une telle ampleur. A titre d’exemple j’ai moi-même dirigé une opération importante pour un accident de car qui avait fait une trentaine de victimes il y a quelques années, mais là, rien de semblable. Ce ne sont pas des scènes comparables. Le 14 juillet présentait un contexte particulier, parce que c’était un attentat, parce que c’était la fête nationale, parce que c’était la Promenade des Anglais, parce qu’il y avait beaucoup d’enfants. »

Les circonstances de l’intervention étaient extrêmement pénibles « Les équipes étaient présentes depuis une heure du matin pour les premiers, et l’enlèvement des premières victimes n’a débuté qu’à six heures trente. Entre temps, on a dit à nos équipes de se stationner sur le site et d’attendre. » autant dire que ces professionnels ont eu le temps de s’imprégner de l’horreur de la scène, sans rien pour s’occuper l’esprit. « Rien n’avait été prévu ne serait-ce que pour leur donner à boire. C’est l’Hôtel Negresco qui a pris l’initiative de leur offrir de l’eau. »

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