L’équipe de l’association Navrat vous propose quelques conseils pour vous aider à accueillir les réfugiés dans de bonnes conditions.

Conseils pour accueillir des réfugiés ukrainiens chez soi

3 brochures pour vous aider avec les réfugiés ukrainiens, réalisées par l’association Navrat

Merci à Navrat (l’organisation qui est l’auteur de ces brochures), à nos collègues tchèques et slovaques Zuzana Zepelíková et Janka Ashford pour les avoir trouvées et avoir permis qu’EMDR Europe puisse les distribuer à ses membres.

Les brochures ont été diffusées en anglais. Nous les avons traduites pour vous.

Accueillir des réfugiés ukrainiens chez soi

L’équipe de l’association Navrat vous propose quelques conseils pour vous aider à accueillir les réfugiés dans de bonnes conditions.

Si possible, hébergez-les dans une pièce séparée, afin qu’ils puissent avoir leur intimité.

Demandez-leur comment ils préfèrent qu’on s’adresse à eux, notamment aux enfants.

Discutez brièvement et clairement avec eux de ce que vous pouvez leur offrir, de vos conditions et de leurs attentes – pour combien de temps ils peuvent rester chez vous, ce qui est gratuit et ce que vous attendez d’eux qu’ils paient, quelles sont vos règles internes non écrites.

Pendant les premiers jours, il est essentiel de répondre aux besoins fondamentaux. Comme la nourriture, les boissons, le sommeil, l’hygiène, le silence et la paix (il se peut qu’ils ne soient pas très bavards au début).

Rassurez-les en leur disant qu’ils peuvent se reposer pendant quelques jours et prendre le temps de réfléchir à ce qu’ils vont faire ensuite. Ne vous empressez pas de les aider à trouver des solutions rapides pour savoir où aller ensuite. Demandez-lui si leur mode de repos préféré est actif ou passif.

Demandez-leur ce qu’ils préfèrent : café ou thé, quel est leur aliment préféré, quelles sont leurs restrictions alimentaires.

7. Donnez-leur les mots de passe d’accès à votre réseau wifi domestique, ou aidez-les à configurer un numéro de téléphone local pour qu’ils puissent communiquer avec leurs proches.

Au fil du temps, vous pouvez leur proposer de cuisiner leur repas préféré pour tout le monde (même pour les hôtes), ou vous pouvez les laisser participer aux activités régulières de la maison. Ils pourraient apprécier avoir l’occasion de vous rendre la pareille, même de façon modeste. Cela peut réduire leur sentiment de dépendance, qui peut être frustrant.

Ne les submergez pas d’informations. Donnez-leur des informations à petites doses. Pour communiquer, vous pouvez utiliser le traducteur vocal de votre téléphone portable.

Soyez sensible à l’état émotionnel de vos invités. Les réactions aux événements traumatiques peuvent varier.

Les enfants et les adultes peuvent manifester des émotions très différentes, voire pas d’émotions du tout, et ce n’est pas grave.

Certaines personnes peuvent entrer dans un état de « gel » et elles ne voudront pas parler de leur expérience. D’autres, une fois en sécurité, peuvent libérer des émotions. Elles peuvent pleurer beaucoup, ressentir de la tristesse, de la peur ou de la colère, elles peuvent parler longuement de ce qui leur est arrivé.

La chose la plus importante que vous puissiez faire est d’écouter vos invités, de leur offrir votre présence, un contact visuel, peut-être simplement vous asseoir avec eux en silence.

Laissez-leur la décision de savoir si et quand ils veulent parler.

Ne posez pas de questions sur les détails de leurs expériences traumatisantes.

Posez plutôt des questions sur le contexte général : qui sont leurs proches, quelle était leur profession auparavant, qu’est-ce qui les a aidés dans le passé… La pitié n’aide pas, la compassion et la volonté d’aider, si.

des familles avec enfants

L’équipe de l’association Navrat donne quelques conseils additionnels pour l’accueil des familles avec enfants :

Au début, communiquez avec les enfants principalement de manière non verbale – avec un regard bienveillant et un sourire. Faites attention à ce que vous touchez. Posez des questions sur leur routine du coucher (silence complet/musique douce, histoire du coucher, livre, lumière/obscurité…) – tout ce que vous pouvez faire pour renforcer leur sentiment de sécurité au moment de s’endormir.

Ne submergez pas les enfants de jouets. Dans le cas où l’enfant vient sans un seul jouet, essayez avec sensibilité de découvrir quel type de jouets il préfère et choisissez le jouet le plus approprié pour lui.

Ne pleurez pas en les voyant, la pitié n’aide pas, mais refléter leurs pleurs est autorisé :).

Ne vous attendez pas à des expressions de gratitude.

Si vous sentez que les adultes sont dans un mauvais état émotionnel, proposez-leur une aide professionnelle ou passez un peu de temps avec leurs enfants pour qu’ils puissent se détendre, mais n’enlevez pas les enfants à leurs parents dans les premiers jours.

Gardez à l’esprit qu’ils sont une famille, vous devez respecter leur relation et leur fournir l’espace nécessaire à son renforcement.

des enfants seuls

Accueillir un enfant ukrainien sans ses parents est très utile et, sans doute, une mission difficile. L’équipe de l’association Navrat vous propose quelques conseils qui pourront vous être utiles dans les premiers temps.

Si vous avez avec vous un enfant qui est venu seul, sans sa famille, il est effrayé, il est probablement désorienté par la situation et ses proches lui manquent certainement. Vous devez donc garder à l’esprit les points suivants :

Communiquez avec l’enfant de manière rassurante. Permettez-lui d’exprimer ses inquiétudes, ses insécurités et ses peurs – soyez empathique et au lieu de lui dire « ne pleure pas », dites-lui « je vois que tu es triste, que tu as peur, je suis là avec toi, je vais t’aider… : ». Il n’est pas nécessaire de demander aux enfants ce qui leur est arrivé, il est préférable d’attendre qu’ils commencent à parler, puis d’acquiescer et de ne pas demander de détails.

Soyez sensible à ce dont l’enfant a besoin. N’essayez pas de le prendre dans vos bras, de le caresser ou de le câliner – vous êtes des étrangers pour lui. Les contacts sont importants pour l’enfant, donnez-les-lui en lui serrant la main, en lui caressant les cheveux, en lui tapotant le dos. Donnez-lui un doudou, un oreiller doux, une couverture pour dormir.

Familiarisez-le avec l’espace où il va vivre. Expliquez-lui où il peut trouver des choses, comment les choses fonctionnent et demandez-lui ce dont il a besoin. Demandez-leur ce qu’ils aimeraient avoir de différent, vérifiez s’ils comprennent. Ne les submergez pas d’informations et de plans, donnez-leur du temps et ajoutez de nouvelles informations progressivement.

Soyez attentif à la barrière de la langue. L’idéal est d’avoir une personne proche de l’enfant qui puisse communiquer avec lui dans une langue qu’il comprend. L’idéal est que l’enfant ne soit pas seul dans la famille d’accueil mais, par exemple, avec un autre enfant qu’il connaît. Il peut également être judicieux d’organiser le contact avec une personne connue, au moins par le biais d’un téléphone portable ou d’Internet. Vous pouvez utiliser le traducteur vocal de votre téléphone portable pour communiquer.

 Fournissez-lui un « kit de premiers secours ». Du calme, de la nourriture, de la chaleur, un endroit pour dormir et se laver. Cherchez à savoir quel type de nourriture l’enfant aime, s’il préfère le lait ou le cacao. Interrogez-le sur ses habitudes au moment du coucher (silence complet/musique douce, histoire à dormir debout, livre, lumière/obscurité) – tout ce que vous pouvez faire pour renforcer son sentiment de sécurité au moment de s’endormir.

Adaptez progressivement la routine quotidienne de l’enfant. Elle doit être adaptée à son âge et à ses habitudes – jeux, apprentissage, contact avec d’autres enfants, centres d’intérêt, sorties, tâches appropriées, participation aux tâches ménagères. Les activités de plein air peuvent également être très utiles pour la régulation émotionnelle de l’enfant.

Respectez le fait que l’enfant ait apporté des objets qui le relient à son foyer et à ses relations. S’il a apporté des vêtements, des jouets ou des livres, ne les remplacez pas, même s’ils sont usés ou vieux. Ce sont les objets qui les relient à leurs souvenirs et aux événements passés. Vous pouvez les laver, les compléter progressivement, mais respectez-les car ils sont très précieux pour l’enfant. Interrogez l’enfant à leur sujet, jouez avec eux, lisez-les ensemble. Si l’enfant n’a pas de jouet, demandez-lui quel genre de jouet il aimait à la maison et essayez d’en trouver un nouveau qui lui convienne ou choisissez un de vos propres jouets.

Les enfants ont besoin de comprendre ce qui se passe.  Il n’est donc pas raisonnable de les protéger des informations, de les isoler. L’incertitude et l’inconnu peuvent être beaucoup plus effrayants que les faits, même s’ils sont négatifs. C’est pourquoi les enfants ont besoin d’être informés.

L’information doit leur être donnée en fonction de leur âge, tant en ce qui concerne la quantité d’informations que la manière dont elles sont transmises. Les jeunes enfants n’ont pas besoin qu’on leur raconte des détails ou qu’on les submerge d’informations. Expliquez-leur simplement pourquoi ils sont sans leurs parents (vous pouvez utiliser une histoire ou un conte de fées) et rassurez-les en leur disant que tout le monde fera de son mieux pour que leurs parents puissent venir les voir. Si possible, aidez-les à entrer en contact avec leurs parents ou d’autres proches, au moins par un appel, une vidéo ou un message. Pour les enfants plus âgés qui peuvent également obtenir des informations par eux-mêmes, vérifiez les sources d’information et parlez-leur de ce qui se passe, de la façon dont cela pourrait évoluer. Et, bien sûr, rassurez-les sur votre soutien.

Parlez à l’enfant de son foyer. Parlez de leur vie, de l’endroit où ils ont vécu, de ce qu’ils aimaient faire, laissez-les vous présenter leur pays… Essayez de préparer ensemble des plats ukrainiens, d’apprendre une chanson, de regarder ensemble un conte de fées ukrainien, et intéressez-vous à leurs coutumes. Faites tout ce qui peut exprimer votre intérêt pour eux et leur maison, leur pays

Gardez à l’esprit qu’il est très probable que l’enfant ait des personnes proches. Aidez-le à communiquer avec elles et, si cela n’est pas techniquement possible pour le moment, l’enfant peut écrire à ses proches et leur faire des dessins dans la perspective de futures retrouvailles. Intéressez-vous à ses proches et à leur vie commune. Comprenez que votre rôle est temporaire mais qu’il reste très important ici et maintenant.

Si vous avez des enfants avec leurs parents ou d’autres proches : Aidez les adultes à faire tout ce qui a été décrit ci-dessus. Ne le faites pas à leur place, ils sont leurs personnes relationnelles, mais aidez-les à gérer la situation et à soutenir leurs enfants. Pour qu’ils puissent gérer la situation, ils doivent prendre soin d’eux-mêmes – ils ont également connu des peurs, des pertes, la séparation de leurs proches, de leurs foyers.

Si les compagnons des enfants sont eux-mêmes dans un mauvais état émotionnel, vous pouvez les aider en passant un peu de temps avec l’enfant pour qu’il puisse se détendre et chercher une aide professionnelle.

Si les choses semblent difficiles, vous devriez consulter un professionnel qui s’occupe de l’impact des événements traumatiques.

En savoir plus

Brochures en anglais

2 plateformes

Afin de permettre à chacun de participer à l’accueil des réfugiés ukrainiens, les plateformes jeveuxaider.gouv.fr et parrainage.refugies.info recensent les missions de bénévolat partout en France et en Île-de-France.

JeVeuxAider.gouv.fr est la plateforme publique du bénévolat, proposée par la Réserve civique. Elle met en relation celles et ceux qui veulent agir pour l’intérêt général avec les associations, établissements publics et communes qui ont besoin de bénévoles. Les missions de bénévolat sont ouvertes à toute personne âgée de plus de 16 ans et résidant en France, sans condition de nationalité. Découvrez une sélection de missions dont les besoins en bénévoles sont les plus urgents pour faire face à la situation sur la page dédiée Mobilisons-nous pour l’Ukraine .

Aide pour accueillir des réfugiés chez vous

Vous pouvez contacter votre commune ou les associations d’aide aux personnes en difficulté (Croix-Rouge, Secours catholique…).

La plateforme officielle « Je m’engage pour l’Ukraine » lancée le 8 mars 2022 par le gouvernement est destinée à accompagner les Français souhaitant héberger chez eux des Ukrainiens réfugiés et accueillis en France. Pour ce faire, vous devez remplir un formulaire en ligne, accessible dans la rubrique « M’inscrire ». Vous serez ensuite mis en relation avec une association située à proximité de chez vous.

Cette plateforme permet aux citoyens de s’engager dans des projets associatifs partout en France et permet aux associations de recruter des bénévoles pour les aider à réaliser leurs missions.

Par ailleurs, le ministre de l’Intérieur a demandé aux préfets d’organiser la coordination et le recensement dans chaque département des possibilités d’aides aux Ukrainiens déplacés.

Les associations, fondations, entreprises et collectivités territoriales peuvent utiliser ce formulaire en ligne pour renseigner leur capacité d’hébergement.

Aller plus loin

Formation(s) :

Dossier(s) : EMDR avec les réfugiés

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