Corrélats neurobiologiques de la thérapie EMDR

Pagani présente son étude Corrélats neurobiologiques de la thérapie EMDR : étude EEG” dans un article publié dans le Extraits :

Investiguant par EEG la réponse fonctionnelle avant, pendant et après la thérapie EMDR, Pagani et al. (2012) ont récemment innové en révélant les modifications neuropathophysiologiques en temps réel en lien avec une séance de traitement EMDR pour laquelle une description préliminaire décrivant la méthodologie et la faisabilité avait été publiée précédemment (Pagani et al., 2011). Afin que l’expérience soit aussi écologique et adapté aux patients que possible, le
traitement était effectué et les enregistrements EEG étaient réalisés dans le cabinet tranquille d’un praticien libéral. Les participants étaient 10 individus avec un trauma psychique majeur qui avaient par conséquent été adressés à quatre thérapeutes EMDR compétents ainsi que 10 contrôles sains non traumatisés qui ont accepté de participer à l’étude. Les thérapeutes qui
sont tous des membres éminents de l’Association EMDR Italie se sont portés bénévoles pour participer à l’étude afin d’assurer les meilleurs résultats possibles de la thérapie.

Une comparaison a été effectuée entre l’activation cérébrale dans la phase aiguë et celle dans la phase post-traitement pour les individus traumatisés tant pendant le scénario autobiographique qu’au cours de la séance EMDR elle-même. De tels changements neurobiologiques étaient également comparés à ceux qui se produisaient chez les participants sains investigués sous les mêmes conditions expérimentales pour deux raisons : (a) pour écarter la possibilité que toute activation observée chez des patients puisse découler des mouvements oculaires en eux-mêmes et/ou du simple rappel d’un souvenir autobiographique et (b) pour étudier les différences possibles en termes d’activation neuronale entre les individus traumatisés et non traumatisés recevant le même stimulus psychologique. Pagani et al. (2012) ont rapporté des différences significatives entre l’EEG des patients et celle des contrôles
non symptomatiques, tant quand ils écoutaient le scénario qu’au cours des stimulations oculaires bilatérales. Ils ont détecté chez les premiers une activité significativement plus importante dans le cortex orbitofrontal, particulièrement dans l’hémisphère gauche. Les contrôles non traumatisés, au contraire, montraient dans les deux cas une activation plus importante dans les aires larges des lobes frontaux, temporaux et pariétaux, particulièrement dans l’hémisphère droit (voir Figure 1).

La comparaison entre l’EEG de patients pendant l’EMDR lors de la première et de la dernière
séance montrait une activation significativement plus importante au cours de la dernière séance dans le cortex temporo-occipital, principalement du côté gauche (Pagani et al., 2012). Chez les patients, après la thérapie, une diminution significative a également été observée dans les composantes rapides alpha et gamma de l’activation, présentes dans le cortex frontopariétal
lors de la première séance EMDR (voir Figure 2).

Source :

Références : Pagani, M., DiLorenzo, G., Verardo, A. R., Nicolais, G., Monaco, L., Lauretti, G., Russo, R., Niolu, C., Ammaniti, M. Fernandex, I., & Siracusano, A. (2012). Neurobiological correlates of EMDR monitoring – an EEG study. PLoS ONE, 7(9), 1-12. doi:10.1371/journal.pone.0045753

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