Dans de telles circonstances, même les adultes ont le droit d’avoir peur

Dans de telles circonstances, même les adultes ont le droit d’avoir peur

Un article de Eric Burgraff paru dans le quotidien belge Le Soir le 16.11.2015 : Dans de telles circonstances, même les adultes ont le droit d’avoir peur, avec une interview d’Evelyne Josse,  psychologue, praticien EMDR.


« Dans de telles circonstances, même les adultes ont le droit d’avoir peur »

Evelyne Josse est psychologue (ULB), spécialisée en hypnothérapie. Formatrice en psycho-traumatologie et consultante en psychologie humanitaire, elle enseigne notamment à l’université de Metz et est membre du comité scientifique de l’Institut belge de victimologie.

La « peur sur la ville » est-elle une « arme » efficace ?

Le terrorisme est une arme efficace non seulement parce qu’elle peut blesser et tuer un grand nombre de personnes mais aussi parce qu’elle porte en elle la promesse funeste d’autres drames à venir, parce qu’elle impacte toute une population, parce qu’elle ébranle les civils mais mobilise également les politiques. Ces attentats vont laisser des traces durables et évolutives. Plus nous nous sentons menacés, moins nos représentations mentales sont nuancées et plus elles sont stéréotypées. Et plus nos représentations sont stéréotypées et plus elles déterminent des émotions fortes et des attitudes radicales. Pour avoir travaillé dans des pays agités par des conflits ethniques et par le terrorisme, je peux dire que la peur de l’autre engendre méfiance et défiance et que l’équilibre social s’en trouve fragilisé. La peur est un moyen redoutable pour briser les liens qui unit deux communautés.

(…)

Qu’est-ce qui peut aider les victimes ?

Un recours précoce à des soins de santé mentale de qualité et la poursuite d’un traitement psychologique peuvent grandement contribuer à la restauration psychique après l’ébranlement provoqué par un attentat. La méthode qui semble donner de très bons résultats est l’Emdr (désensibilisation et retraitement par le mouvement des yeux). Par contre, les anxiolytiques ne devraient pas être prescrits. Ces médicaments pourraient même allonger le temps nécessaire pour se remettre psychologiquement. Sans compter que les personnes risquent de devenir dépendantes et de souffrir d’un syndrome de sevrage à l’interruption du traitement

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