Dissociation ou déficit d’intégration chez l’enfant en EMDR

Dissociation ou déficit d’intégration chez l’enfant en EMDR

Michel Silvestre a rédigé un chapitre Dissociation ou déficit d’intégration chez l’enfant en EMDR, une perspective développementale et contextuelle, publié dans le livre Psychothérapie de la dissociation et du trauma, dans la collection Psychothérapie, chez Dunod.

Sommaire

  • Introduction
  • Quelles sont les conséquences pour la cliniques ?
  • Le concept de dissociation
  • La perspective développementale
  • Qu’est-ce-que la notion d’intégration ?
  • Quelques modèles de dissociation chez l’enfant et l’adolescent
  • Notion de tendances dissociatives
  • Réguler les comportements et tendances dissociatives lors de la thérapie EMDR
  • vision contextuelle des tendances dissociatives
  • conclusion

Introduction

Notre rencontre avec la dissociation chez l’adulte et L’enfant s’est faite petit à petit. Tout d’abord La clinique de la violence domestique nous a rendu attentif à l’observation de manifestations bizarres, in-congruentes dans le comportement d’un auteur de violence ou d’un membre de sa famille. Nous réalisons maintenant que nous avons longtemps vu de La dissociation sans savoir ce que c’était. Notre culture de thérapeute familial systémique nous aidait à être très attentif à ces ressentis d’incongruence chez Le patient et à les considérer comme une information essentielle dans ta relation thérapeutique. Mais nous restions avec la question de savoir comment comprendre et utiliser cette information. Puis, dans un deuxième temps, sont venues la thérapie EMDR et la réflexion sur le psycho-trauma et ses conséquences en termes d’attachement désorganisé et de comportements dissociatifs. Le modèle récent de la Dissociation Structurelle développé par van der Hart et al. (2006), proposant trois niveaux de dissociation structurelle, primaire, secondaire et tertiaire, nous a aidé à la compréhension des phénomènes dissociatifs. Notre pratique clinique s’est ainsi enrichie d’un regard complexe intégrant plus solidement ces éléments individuels caractéristiques d’un mode de fonctionne-ment dissociatif avec les éléments relationnels de la personne en interaction dans le contexte d’une relation thérapeutique. Le paradigme central de notre travail thérapeutique, issu de l’épistémologie systémique, s’articule autour de deux points. Premièrement, l’idée que L’enfant par son comportement montre et agit dans un contexte, et qu’il n’est pas ce qu’il agit ; nous dirons qu’il se comporte comme si. Deuxièmement, les notions de processus, de mouvement, de dynamique, d’interaction orientent le raisonnement clinique loin de la notion d’une structure définie. Ces points sont particulièrement aidants pour La lecture d’un diagnostic définissant une structure particulière, qui doit être comprise comme une information à un temps « t » sur un enfant mais ne rend pas compte de la dimension dynamique de cet enfant en interaction. Dans cette perspective interactive, l’enfant est appréhendé dans un contexte relationnel, plus ou moins contenant, dans lequel il va être plus ou moins capable de réguler ses affects en fonction des styles d’attachements.

Quelles sont les conséquences pour la clinique ?

Garder une vision complexe interactive permet de contextualiser l’a dissociation dans un lien : l’enfant en relation avec son ou ses parents et le thérapeute. Le thérapeute d’un enfant doit penser et agir sur un sujet en mouvement, en devenir, ainsi les notions de difficultés, de troubles, de déficits d’intégration et de tendances dissociatives seront plus pertinentes à utiliser que celles de structure dissociative. Le thérapeute a besoin de faire preuve d’une fluidité de pensée, de flexibilité et être attentif à ne pas développer une vision qui peut l’enfermer voire rigidifier son raisonnement et son approche clinique. C’est une différence fondamentale avec le thérapeute d’un adulte qui traite et agit sur un sujet organisé, figé autour d’une structure spécifique. Une vision interactive complexe permet ainsi, dans le cadre de la thérapie, d’envisager de pouvoir s’appuyer sur les relations familiales pour aider à la cicatrisation des blessures du passé de l’enfant, en développant par exemple de nouveaux rituels quotidiens d’attachement sécurisant et apaisant. Se mettra alors en place une boucle thérapeutique de rétroaction positive caractérisée par des allers-retours entre la souffrance de l’enfant manifestée par ses comportements dissociés et les interactions familiales favorisant ou pas ces comportements. Cette vision complexe permet la mise en action d’une clinique individuelle des blessures de l’enfant au sein d’une clinique relationnelle définissant ainsi une approche thérapeutique intégrative.


Vous pouvez retrouver l’intégralité de cet article Dissociation ou déficit d’intégration chez l’enfant en EMDR dans le livre Psychothérapie de la dissociation et du trauma, publié dans la collection Psychothérapie, chez Dunod.

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