EMDR avec les auteurs de violences sexuelles sur enfants

EMDR avec les auteurs de violences sexuelles sur enfants

Ricci et son équipe ont publiés des résultats prometteurs sur l’utilisation de la thérapie EMDR avec les auteurs de violences sexuelles sur enfants, en particulier après avoir traité en thérapie EMDR leurs antécédents de victimisation.

Dans une étude portant sur le traitement d’auteurs d’agressions sexuelles par l’EMDR (Some effects of EMDR on previously abused child molesters : theoretical reviews and preliminary findings, Ricci et al., 2006), ils ont employé l’EMDR en complément de séances de groupe cognitive-comportementaux de prévention de la récidive, auprès de dix auteurs d’agressions sexuelles sur mineurs.

Les patients ont été évalués avec le SOTRS, une échelle d’évaluation remplie par le thérapeute du patient et spécifique il la prise en charge cognitive comportementale des auteurs d’agressions sexuelles. Cette échelle couvre l’évaluation des capacités d’insight, des distorsions cognitives, de la conscience des situations à risques, de la motivation au traitement, de l’empathie pour la victime et du dévoilement des faits. Les patients ont également été évalués au niveau de leur symptomatologie traumatique et par pénilpléthysmographie pénienne pour leur choix d’objet.

Après le traitement par EMDR, avec une moyenne de six séances par patient, Ricci et al. ont constaté que toutes les sous-échelles de la SOTRS sont améliorées, de même que l’intensité subjective des traumas traités (SUD). Par ailleurs, ils ont aussi observé une diminution de l’attirance sexuelle « déviante » évaluée à l’aide de la pléthysmographie.

R Coutanceau et Joanna Smith (1) expliquent que « ces résultats, particulièrement intéressants, sont statistiquement significatifs en comparaison aux deux groupes contrôles participant uniquement au programme de prévention de la récidive et sont maintenus lors du retest à 6-12 mois« 

Ricci et al. en concluent que l’EMDR est un complément utile aux groupes de prévention de la récidive, mais qu’il doit être pratiqué par des professionnels formés aux spécificités de la population des délinquants sexuels et qu’il ne peut se substituer aux interventions classiques de prévention de la récidive proposées par ailleurs (Ricci, 2006 ; lune, Ricci et Clayton, 2009).

R Coutanceau et Joanna Smith (1) pose l’hypothèse qu’ «  il est probable que les résultats observés soient liés à une diminution de l’érotisation défensive des actes subis, diminution qui pourrait être à l’origine d’une réduction de la fixation sexuelle pédophile observée à la pléthysmographie. S’ils sont prometteurs, rappelons que ces résultats ne portent que sur dix cas, ce qui reste un échantillon limité, même s’il s’agissait de cas particulièrement difficiles et fixés (l’un des critères d’orientation sur l’étude en question). » 

Même si les échantillons des différentes études menées par Ricci et son équipe sont encore réduits, celles-ci mettent notamment en évidence, après quelques séances de thérapie EMDR, une diminution des pensées caractère sexuel, une augmentation de la motivation au traitement et de l’empathie pour la victime et, surtout, une diminution de l’excitation sexuelle « déviante » chez des pédophiles, objectivée à la pénilpléthysmographie, de façon statistiquement significative, y compris 6 à 12 mois après la fin des séances.

(1) Coutanceau R., Smith J., Violence et Famille, collection Psychothérapies, Dunod, 2011

Lire cette recherche sur le thème de l’EMDR avec les auteurs de violences sexuelles sur enfants en anglais

Bibliographie EMDR avec les auteurs de violences sexuelles sur enfants

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