EMDR : quelle place aux urgences ?

Y-a-t-il une place pour la thérapie EMDR « Eye Movement Desensitization and Reprocessing » aux Urgences ? Au congrès Urgences 2021 , le Dr Cédric Gil-Jardiné (PH-Urgences adultes, CHU Bordeaux) a présenté un état des lieux des connaissances sur ce sujet.

Son intervention a été réalisé dans le cadre de la conférence  » Prévenir le choc post-traumatique  » , qui a détaillé les nouvelles techniques pour prévenir le choc post traumatique, précisé ensuite le rôle de la CUMP et abordé les techniques actuellement utilisées par les militaires.

Cédric Gil-Jardiné est l’auteur d’une étude randomisée, menée à l’hôpital Pellegrin de Bordeaux, qui montre qu’une seule séance de thérapie EMDR peut avoir sa place au sein d’un service des urgences et qu’elle peut être efficace pour prévenir le risque de troubles post-commotionnels et de troubles de stress post-traumatique à 3 mois chez les patients à haut risque (1).

Cette recherche (1), menée en 2018, les auteurs expliquent que jusqu’à 20 % des patients se présentant aux urgences (ER) après un événement stressant souffriront pendant plusieurs mois de symptômes très divers de longue durée et d’une baisse potentiellement importante de la qualité de vie, souvent décrits comme des symptômes post-commotionnels (PCLS ). Les objectifs de leur étude randomisée en ouvert monocentrique étaient de évaluer la faisabilité des interventions dirigées par un psychologue dans le contexte des urgences et comparer l’effet de la désensibilisation et du retraitement des mouvements oculaires (EMDR) avec le réconfort et les soins habituels. Menée aux urgences du CHU de Bordeaux, l’étude a inclus des patients à haut risque de PCLS randomisés en trois groupes : une séance de réassurance de 15 min, une séance d’EMDR de 60 min et les soins habituels. Les principaux résultats étaient la proportion d’interventions qui pouvaient être réalisées et la prévalence du TSPC et du trouble de stress post-traumatique (TSPT) trois mois après la visite à l’urgence. Cent trente patients à haut risque de SPC ont été randomisés. Aucun problème logistique ou refus du patient n’a été observé. Dans les groupes EMDR, réconfort et contrôle, les proportions de patients atteints de PCLS à trois mois étaient de 18 %, 37 % et 65 % et ceux atteints de SSPT étaient respectivement de 3 %, 16 % et 19 %. Le risque relatif de PCLS ajusté pour le type d’événement (blessure, non-blessure) pour la comparaison entre l’EMDR et le contrôle était de 0,36 [IC à 95 % 0,20-0,66]. Il s’agit du premier essai contrôlé randomisé qui montre qu’une courte intervention EMDR est faisable et potentiellement efficace dans le contexte des urgences. 

Extraits

« L’utilisation de l’EMDR (voir encadré) dans la prise en charge des troubles de stress post-traumatiques (TSPT) est reconnue, mais ce qui émerge depuis quelque temps c’est l’idée d’utiliser l’EMDR comme un moyen de prévention du traumatisme. En situation de psychotrauma potentiel, une intervention précoce pourrait permettre de diminuer la survenue des symptômes à distance », indique le Dr Gil-Jardiné

Lire l’article EMDR : quelle place aux urgences ? complet sur le site de Medscape

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