Interventions informées sur les traumatismes : une revue systématique

Un article Interventions informées sur les traumatismes : une revue systématique, de Han, H. R., Miller, H. N., Nkimbeng, M., Budhathoki, C., Mikhael, T., Rivers, E., Wilson, P., publié dans PLoS One

 

Article publié en anglais – accès libre en ligne

Résumé 

Contexte

 

Les inégalités en matière de santé demeurent un problème de santé publique. 

L’adversité chronique telle que la discrimination ou le racisme en tant que traumatisme peut perpétuer les inégalités en matière de santé dans les populations marginalisées. 

Il existe un corpus croissant de littérature sur les soins tenant compte des traumatismes et culturellement compétents en tant qu’éléments essentiels de la promotion de l’équité en santé, mais aucune revue antérieure n’a systématiquement abordé les interventions tenant compte des traumatismes. 

 

Le but de cette étude était d’évaluer les types, le cadre, la portée et la prestation des interventions axées sur les traumatismes et les résultats associés. 

 

Méthodes

 

Nous avons effectué des recherches dans les bases de données – PubMed, Embase, CINAHL, SCOPUS et PsycINFO – pour identifier les études quantitatives publiées en anglais avant juin 2019. 

 

Trente-deux études uniques avec un article compagnon répondaient aux critères d’éligibilité. 

 

Résultats 

 

Plus de la moitié des 32 études étaient des essais contrôlés randomisés (n = 19). 

Treize études ont été menées aux États-Unis. 

La maltraitance des enfants, la violence domestique ou les agressions sexuelles étaient les types de traumatisme les plus courants (n = 16). 

Alors que les interventions étaient en grande partie axées sur la réduction des symptômes du trouble de stress post-traumatique (TSPT) (n = 23), de la dépression (n = 16) ou de l’anxiété (n = 10), les interventions tenant compte des traumatismes ont été principalement réalisées en ambulatoire ( n = 20) par des professionnels de la santé (n = 21). 

Les deux interventions les plus fréquemment utilisées étaient la désensibilisation et le retraitement des mouvements oculaires (n = 6) et la thérapie cognitivo-comportementale (n = 5). 

La fidélité à l’intervention a été abordée dans 16 études. 

Les interventions axées sur les traumatismes ont considérablement réduit les symptômes du TSPT dans 11 des 23 études. 

Quinze études ont trouvé des améliorations dans trois principaux résultats psychologiques, notamment les symptômes du TSPT (11 sur 23), la dépression (9 sur 16) et l’anxiété (5 sur 10). 

La thérapie cognitivo-comportementale a systématiquement amélioré un large éventail de résultats, notamment la dépression, l’anxiété, la dérégulation émotionnelle, les problèmes interpersonnels et les comportements à risque (n = 5). 

 

Conclusion

 

Il existe des preuves incohérentes pour soutenir les interventions informées sur les traumatismes comme une approche efficace pour les résultats psychologiques. 

L’intervention future informée sur les traumatismes devrait être élargie pour traiter un large éventail de types de traumatismes tels que le racisme et la discrimination. 

De plus, un plus large éventail de résultats de traumatisme devrait être étudié.

 

Recherches en EMDR incluses dans l’article (titre 2)

 

Les auteurs ont inclus plusieurs recherches en EMDR dans leur article : 

 

(…) de Jongh (2011)[36] / TF-CBT and Eye Movement Desensitization Reprocessing (EMDR)

  • Description de l’intervention : TF-CBT : patient guidé à travers le souvenir du traumatisme via un récit cohérent de l’événement (s) jusqu’à l’extinction. EMDR : Les patients se concentrent sur le traumatisme de l’événement, tout en suivant un mouvement avec leurs yeux. l’exposition in vivo impliquait des devoirs autogérés du patient. (…)
  • Le résultat évalué par le thérapeute a révélé que les deux traitements étaient très efficaces mais sans différence significative entre les groupes de traitement. Les personnes souffrant de phobie des voyages ont connu une plus grande réduction des symptômes, mesurée par l’échelle d’anxiété et de dépression à l’hôpital (HADS) que celles souffrant d’anxiété de voyage (p<0,04). L’HADS a révélé un effet significatif du temps mais aucune signification entre les groupes pour l’effet principal du traitement ou du diagnostic. (…) 

 

(…) de Roos (2010)[38] – Pays-Bas :

  • Objectif(s) : Tester l’efficacité d’une approche psychologique centrée sur le traumatisme dans le traitement de la douleur chronique du membre fantôme à l’aide d’un protocole EMDR standardisé
  • Conception de la recherche/Points de données : Quasi-expérimental/2 semaines avant et après intervention, 3 mois après intervention et terme (durée moyenne : 2,8 ans)
  • Public : Personnes ayant subi une amputation d’un membre à la suite d’un accident, d’un cancer, d’un échec médical ou d’un syndrome douloureux régional complexe (N = 10 ; 60 % de femmes)
  • Mesure du traumatisme : Évaluation EMDR pour identifier la mémoire traumatique cible
  • Principaux résultats / Mesures :  Intensité de la douleur, détresse psychologique, fatigue, symptômes du TSPT,  journal de la qualité de vie liée à la santé/de l’intensité de la douleur, liste de contrôle des symptômes 90, liste de contrôle révisée pour la force individuelle, échelle d’impact des événements et liste d’auto-inventaire, questionnaire abrégé-36 sur la santé (…)
  • Description de l’intervention : L’EMDR ciblait les traumatismes, les souvenirs perturbateurs liés à la douleur et la douleur des membres fantômes. Protocole EMDR standard utilisé pour cibler les souvenirs perturbateurs liés aux traumatismes et à la douleur. Nombre de séances individualisé au patient (nombre moyen de séances 5,9). Les séances duraient 1h30. Les séances étaient hebdomadaires. (…) 
  • Diminution significative du score de douleur (p<0,001) à 2 semaines et 3 mois après avec un effet temporel global pour la réduction de l’intensité de la douleur (p<0,02). (…) 

 

(…) Doering (2013)[28] /Germany : 

  • Objectif(s) : Enquêter sur l’efficacité du traitement EMDR sur la réduction de la phobie dentaire
  • Conception de la recherche/Points de données : ECR/Référence, 4 semaines, 3 mois et 1 an
  • Public : Individus diagnostiqués avec une phobie dentaire (N = 31)
  • Mesure du traumatisme : Pas directement mesuré
  • Principaux résultats / Mesures : Stress et anxiété dentaires/Échelle d’anxiété dentaire, Enquête sur la peur dentaire  (…)
  • Description de l’intervention : 3 séances hebdomadaires. Les séances duraient 1h30. Le traitement EMDR consistait en un retraitement des souvenirs en utilisant l’application de mouvements oculaires pour solliciter la mémoire de travail. Une série de 25 à 30 mouvements horizontaux a été répétée jusqu’à ce que la détresse subjective atteigne zéro (…) 
  • Le groupe d’intervention s’est amélioré sur toutes les variables de résultat, à l’exception de la dépression. Le score total d’anxiété dentaire avant le traitement à 12 mois (d = 3,28) était significatif (p < 0,001). Il y avait une diminution continue de l’anxiété dentaire jusqu’à 3 mois après le traitement et a atteint un plateau. Réduction significative des symptômes du TSPT entre la ligne de base et le suivi à 3 mois (à 12 mois, la différence n’était plus significative). (…) 

 

(…) Matthijssen (2019)[30] / Visual Schema Displacement Therapy (VSDT) and EMDR

  • Description de l’intervention :  L’expérience avait une conception de mesures répétées 3 (EMDR, VSDT et contrôle ; sessions de 50 minutes) par 2 (pré et post intervention) avec un suivi 6 à 8 jours après la fin. Tous les participants ont reçu les 3 conditions (…)
  • Dans l’expérience 1, les scores d’émotivité VSDT étaient supérieurs à ceux de l’EMDR (p<.001) et le contrôle (p<.001), les scores de vivacité VSDT et EMDR n’étaient pas différents (p = 1,00), les scores de vivacité VSDT étaient plus élevés que le contrôle ( p = .02) et les scores d’émotivité et de vivacité EMDR étaient plus élevés que le contrôle (p = .02, p = .01). Dans l’expérience 2, les scores d’émotivité VSDT étaient supérieurs à ceux de l’EMDR et du contrôle (p = 0,001, p < 0,001). Il n’y avait aucune différence dans le score d’émotivité entre l’EMDR et le contrôle (p = .08). Il n’y avait aucune différence dans le score de vivacité entre l’EMDR et le contrôle (p = 0,83) et entre le VSDT et l’EMDR (p = 1,00). Le score de vivacité VSDT était plus élevé que le contrôle (p = .01). (…) 

 

(…) Nijdam (2012)[33] / Netherlands / Brief eclectic psychotherapy and EMDR

  • Objectif(s) :  Comparer l’efficacité et le schéma de réponse de la TF-CBT, brève psychothérapie éclectique pour le TSPT, avec l’EMDR
  • Conception de la recherche/Points de données : ECR/Référence, hebdomadaire lors des séances de traitement, post-intervention
  • Public : Individus de 18 à 65 ans avec diagnostic de TSPT selon le DSM-IV (N = 70)
  • Mesure du traumatisme : Pas directement mesuré
  • Principaux résultats / Mesures : Symptômes du TSPT, mémoire verbale, vitesse de traitement de l’information, fonctionnement exécutif/Échelle d’impact de l’événement – Entretien structuré et révisé pour le SSPT, California Verbal Learning Test, Rivermead Behavioral Memory Test, Trail Making Test, Stroop Color Word Test (…)
  • Description de l’intervention : Des séances hebdomadaires ont été appliquées conformément au manuel de traitement néerlandais. Les séances duraient 1h30. La thérapie EMDR consistait en l’identification et le traitement d’images pénibles des événements traumatiques. Après que le patient se soit concentré sur l’image avec la cognition négative correspondante, il a été demandé au patient de suivre le doigt du thérapeute en faisant des mouvements saccadés en alternance avec les propres associations du patient. La détresse a été mesurée toutes les 5 à 10 minutes, jusqu’à ce que le niveau de détresse soit de 0 ou 1, puis une cognition plus positive a été introduite en ce qui concerne l’image cible. La procédure a été répétée pour d’autres images pénibles et les séances de traitement ont été interrompues lorsque la mémoire du traumatisme semblait neutre. (…) 
  • Des améliorations significatives, petites à moyennes, de la mémoire verbale, de la vitesse de traitement de l’information et du fonctionnement exécutif ont été trouvées après une psychothérapie centrée sur les traumatismes (Cohen d = 0,16-0,68). Aucune différence n’est apparue entre les conditions de traitement. Une plus grande diminution des symptômes du TSPT était liée à une meilleure performance neurocognitive post-traitement (tous p<.005). Les patients souffrant de dépression comorbide se sont améliorés plus que les patients atteints de TSPT seul sur les tâches d’interférence (p<0,01). (…) 

 

Nijdam (2018)[31] / Trauma-Focused psychotherapy, including brief electric psychotherapy (BEP) and EMDR

  • Objectif(s) :  Examiner les changements longitudinaux du fonctionnement neurocognitif avant et après une psychothérapie centrée sur les traumatismes
  • Conception de la recherche/Points de données : ECR/Évaluation avant et 17 semaines après le début du traitement
  • Public : Individus souffrant de TSPT (N = 88)
  • Mesure du traumatisme : Pas directement mesuré
  • Principaux résultats / Mesures : Symptômes du TSPT, symptômes dépressifs, scores neuropsychologiques/Entrevue clinique structurée pour le DSM-IV, Impact of Event Scale–Revised, California Verbal Learning Test, Paragraph Recall Subtest of the Rivermead Behavioral Memory Test, Trail Making Test, Stroop Color Word Test (…)
  • Description de l’intervention : Les participants à l’EMDR ont reçu en moyenne 6,4 séances hebdomadaires d’une durée de 1,5 heure. En EMDR, les images les plus angoissantes de l’événement traumatique sont identifiées et traitées. Le patient est invité à se concentrer sur l’image traumatique, puis à effectuer une tâche de distraction consistant à faire des mouvements oculaires jusqu’à ce que le niveau de détresse soit de 0 ou 1. Les participants au BEP ont reçu en moyenne 14,7 séances hebdomadaires d’une durée de 45 minutes. Le BEP se compose de 2 phases principales : exposition imaginale et restriction cognitive (…) 
  • La diminution des symptômes du TSPT était significativement corrélée à une meilleure performance neurocognitive post-traitement (p<.005). Les patients souffrant de dépression comorbide se sont améliorés plus que les patients atteints de TSPT seul sur les tâches d’interférence (p<0,01). Le BEP et l’EMDR étaient également efficaces à la fin du traitement sur les symptômes de TSPT autodéclarés (différence moyenne 3,70 ; IC à 95 % = -0,63 à 14,03 ; p = 0,48) et sur le TSPT évalué par le clinicien (différence moyenne de 2,41 ; IC à 95 % = -2,10 à 6,92 ; p = 0,29. (…) 

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En savoir plus 

Références de l’article Interventions informées sur les traumatismes : une revue systématique :

  • auteurs : Han, H. R., Miller, H. N., Nkimbeng, M., Budhathoki, C., Mikhael, T., Rivers, E., Wilson, P.
  • titre en anglais : Trauma informed interventions : A systematic review
  • publié dans : PLoS One, 16(6), e0252747. 
  • doi :10.1371/journal.pone.0252747

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