Les applications de la cohérence cardiaque avec les enfants

Les applications de la cohérence cardiaque avec les enfants

La cohérence cardiaque est connue depuis plus de 20 ans dans ses applications de gestion du stress chez l’adulte. L’utilisation de la cohérence cardiaque avec l’enfant et l’adolescent a des particularités physiologiques et psychologiques distinctes. Les enfants ont notamment une très grande amplitude de la cohérence cardiaque (au maximum vers 7 à 10 ans). Ils se mettent facilement en cohérence : ils n’ont aucune difficulté quelle que soit le mode d’induction utilisé.

Les applications de la cohérence cardiaque avec les enfants et les adolescents sont nombreuses et se développent depuis plusieurs années :

  • l’insomnie (1),
  • l’anxiété liés aux examens : la cohérence cardiaque permet de réduire l’anxiété et d’améliorer les performances (2),
  • les troubles anxieux (3),
  • l’obésité (4),
  • les troubles de l’attention (5) : le biofeedback permet de réduire les symptômes du trouble du déficit de l’attention avec hyperactivité (TDAH).
  • l’interaction mère-enfant (6),
  • les douleurs abdominales (7)
  • la constipation (8) : le biofeedback permet de traiter les symptômes reliés à la constipation chez l’enfant
  • l’énurésie (pipi au lit) chez l’enfant (9)

Recherches sur les applications de la cohérence cardiaque avec les enfants

(1) Une revue des traitements non pharmacologiques de l’insomnie fait état de 9 études qui révèlent l’efficacité du biofeedback pour contrer l’insomnie. Toutefois, 2 de ces études signalent son équivalence avec un placebo. De plus, les améliorations sont comparables à celles obtenues à l’aide de procédures standard de relaxation. C’est peut-être pour cette raison que, depuis une quinzaine d’années, le nombre d’essais cliniques réalisés à ce sujet va en diminuant. En effet, le biofeedback exige plus de temps que la relaxation sans présenter d’avantages appréciables.

Une étude de l’American Heart Association, réalisée en Pennsylvanie en 2010, auprès de 612 enfants, a étudié les liens entre les symptômes d’insomnie, la durée du sommeil et la modulation autonome cardiaque alternée (cardiac automonic modulation – CAM) en savoir plus

Morin CM, Hauri PJ, et al. Nonpharmacologic treatment of chronic insomnia. An American Academy of Sleep Medicine review. Sleep. 1999;22(8):1134-56.

(2) Reducing Test anxiety and Improving Test Performance in Americ’s Schools : results from the TestEdge National Demonstration Study, by Raymond Trevor Bradley, Rollin McCraty, Mike Atkinson, Lourdes Arguelles, Robet A Rees and Dana Tomasino.

(3) Les Résultats suggèrent qu’il existe une rigidité du système nerveux autonome et un manque de flexibilité chez les enfants et les adolescents présentant des troubles anxieux. J Cardiovasc Dis Res 2011, Heart rate variability study of childhood anxiety disorders, by Sharma RK, Sagar R, Deepak KK, Mehta M.

Voir également les deux études suivantes : Externalizing and internalizing problems in relation to autonomic function : a population-based study in preadolescents, by Dietrich A, Rise H, Sondeijker FE, Greaves-Lord K, van Room AM, Ormel J, Neeleman J, Rosmalen JG, et Decreased chaos of herat rate time series in children of patients with panic disorder, by K. Srinivasan, M.V. Ashok, Mario Vaz et Vikram K. Yeragani

(4) Les enfants obèses ont présentés des modifications de leur variabilité cardiaque caractérisés par une réduction de l’activité sympathiques et parasympathiques. Ces résultats montrent le besoin d’avoir une prise en charge des enfants obèses afin de prévenir des complications futures. Analysis of cardiac autonomic modulation in obese and eutrophic children, by Vanderiei LC, Pastre CM, Freitas Junior IF, de Godoy MF.

(5) On peut citer plusieurs études :

Deux méta-analyses et une revue systématique révèlent des améliorations significatives pour les symptômes primaires du TDAH (inattention, hyperactivité et impulsivité) et aux tests standardisés d’intelligence. Les comparaisons faites avec une médication efficace de type Ritalin (méthylphénidate ou dextroamphétamine) soulignent l’équivalence et parfois même la supériorité du biofeedback EEG sur ce traitement classique. Par ailleurs, les auteurs de la revue systématique suggèrent qu’une association du biofeedback à d’autres thérapies complémentaires pourrait améliorer l’efficacité du traitement. Il est important de mentionner que la collaboration de l’entourage (professeurs, parents, etc.) au plan de traitement augmente les chances de succès de ce traitement et le maintien des améliorations chez l’enfant.

Autonomic correlates of attention-deficit/hyperactivity disorder and oppositional defiant disorder in preschool children, by Crowell, Sheila E.; Beauchaine, Theodore P.; Gatzke-Kopp, Lisa; Sylvers, Patrick; Mead, Hilary; Chipman-Chacon, Jane

Coherence training in children with attention-deficit hyperactivity disorder : cognitive functions and behavioral changes, by Lloyd, Anthony, Brett, David, Wesnes, Keith. Dans cette étude, réalisée à Liverpool, avec des enfants atteints de TDAH, les participants ont présenté des modifications significatives du fonctionnement cognitif (mémorisation retardée de mots, mémorisation immédiate, reconnaissance des mots, mémoire épisodique secondaire). Des modifications significatives du comportement ont été observées. Les résultats suggèrent qu’un programme physiologique d’amélioration du fonctionnement cognitif pour les enfants atteints de TDAH peut être approprié dans un environnement scolaire. 

Autonomic reactivity in clinically referred children attention-deficit/hyperactivity disorder versus anxiety disorder, by Natasja D.J. van Lang, Joke H.M. Tulen, Victor L. Kallen, Bianca Rosbergen, Gwen Dieleman, Robert F. Ferdinand MD.  Dans cette étude réalisée à Rotterdam, les enfants atteints de TDAH ont une VFC moins importante immédiatement après un stress que les enfants atteints d’un trouble anxieux; Ceci peut être attribué à une activité parasympathique plus importante.

Relationships between features of autonomic cardiovascular control and cognitive performance, by Stefan Duschek, Magdalena Muckenthaler, Natalie Werner, Gustavo A. Reyes del Paso

Changes in the cardiac autonomic regulation in children with attention deficit hyperactivity disorder (ADHD), by Tonhajzerova, Ingrid, Ondrejka, Igor, Adamik, Pavol, Hruby, Radovan, Javorka, Michal, Trunkvalterova, Zuzana, Mokra, Daniela, Javorka, Kamil. Etude, réalisée à Hiroshima, en 2009.

Electroencephalographic biofeedback in the treatment of attention-deficit/hyperactivity disorder, by Monastra VJ, Lynn S, et al.

Efficacy of neurofeedback treatment in ADHD: the effects on inattention, impulsivity and hyperactivity: a meta-analysis by 28. Arns M, de Ridder S, et al.
EEG biofeedback in the treatment of attention deficit hyperactivity disorder by Friel PN.

Neurofeedback treatment for attention-deficit/hyperactivity disorder in children: a comparison with methylphenidate. by Fuchs T, Birbaumer N, et al.

(6) Parent-child interaction therapy for children born premature : a case study and illustration of vagal tone as a physiological measure of treatment outcome, by Daniel M. Bagnera, Stephen J. Sheinkopfa, Cynthia L. Miller-Loncara, Betty R. Vohrb, Matthew Hinckleyc, Sheila M. Eybergd, Barry M. Lestere

(7) Autonomic activity and somatic symptoms in response to success vs. failure on a cognitive task : a comparaison of chronic abdominal pain patients and well children, by Martina Puzanovovaa, Patrick G. Arbogastb, Craig A. Smithc, Julia Andersond, André Diedriche, Lynn S. Walkera. Etude, réalisée à Nashville, en 2009, avec 45 enfants souffrant de douleurs abdominales chroniques et 22 enfants témoins, âges de 9 à 16 ans.

(8) Une revue de la littérature scientifique publiée en 2004 comprenant 38 études a conclu que le biofeedback pouvait être efficace dans de nombreuses situations de constipation, en particulier chez les enfants. Par exemple, une étude aléatoire effectuée auprès de 43 enfants de 5 ans à 16 ans a démontré la supériorité des soins médicaux classiques combinés au biofeedback. Après 7 mois, la résolution des symptômes touchait 55 % des enfants du groupe expérimental, comparativement à 5 % pour le groupe témoin; et après 12 mois, 50 % et 16 % respectivement. Concernant la normalisation des mouvements de défécation, le taux atteignait 77 % contre 13 % respectivement.

(9) Le biofeedback pourrait aider les enfants atteints d’énurésie après l’âge de 5 ans. En 2004 et 2005, 4 revues de la littérature scientifique ont été publiées à ce sujet. Diverses techniques de biofeedback ont été étudiées, comme des systèmes de récompense, des exercices d’interruption d’uriner, un entraînement de retenue contrôlée d’urine ou des éveils planifiés. Le taux de réussite semble plus élevé lorsque les interventions de biofeedback sont combinées à des alarmes qui se déclenchent en présence d’urine. Ces alarmes réveillent l’enfant pendant ou après la miction. Les auteurs des revues concluent toutefois que d’autres études, de meilleure qualité méthodologique, seront nécessaires avant de pouvoir conclure à l’efficacité du biofeedback, seul ou en thérapie combinée.

Empirically supported treatments in pediatric psychology: nocturnal enuresis. by Mellon MW, McGrath ML

Enuresis and benign micturition disorders in childhood. I. Diagnosis and management. by Cochat P, Meunier P, Di Maio M.

Simple behavioural and physical interventions for nocturnal enuresis in children. by Glazener CM, Evans JH.

Complex behavioural and educational interventions for nocturnal enuresis in children. by Glazener CM, Evans JH, Peto RE.

Complementary and miscellaneous interventions for nocturnal enuresis in children. by Glazener C, Evans J, Cheuk D.
Alarm interventions for nocturnal enuresis in children. by Glazener CM, Evans JH, Peto RE.

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