Perspectives des patients et des thérapeutes sur le traitement des adultes atteints de TSPT à la suite d’un traumatisme de l’enfance

Un article Perspectives des patients et des thérapeutes sur le traitement des adultes atteints de TSPT à la suite d’un traumatisme de l’enfance, de Haan, K.L., Lee, C.W., Correia, H., Menninga, S., Fassbinder, E., Köehne, S., & Arntz, A., publié dans le Journal of Clinical Medicine

Article publié en anglais – disponible en ligne sur le site de l’éditeur – accès libre

Résumé

Cette étude visait à explorer les expériences des patients et des thérapeutes avec les traitements axés sur les traumatismes chez les patients souffrant d’un trouble de stress post-traumatique dû à un traumatisme infantile (Ch-PTSD).

Des entretiens semi-structurés ont été menés avec des patients (n = 44) et des thérapeutes (n = 16) d’un essai clinique randomisé multicentrique international comparant deux traitements centrés sur les traumatismes (IREM), l’EMDR.

Une analyse thématique a été utilisée pour identifier les thèmes clés dans les données.

Les patients et les thérapeutes ont commenté le processus de thérapie.

Les thèmes qui ont émergé de ces commentaires comprenaient l’importance de la volonté des patients de s’engager et de s’engager dans le processus de traitement ; l’importance et la difficulté du travail de traumatologie, les observations de la façon dont la thérapie centrée sur le trauma a produit des changements dans la perception, le sens de soi et l’autonomisation pour l’avenir.

De plus, les thérapeutes ont fait des suggestions pour optimiser le rôle du thérapeute dans le traitement axé sur les traumatismes. Cela incluait l’importance d’avoir confiance en ses propres capacités, de faire face à son propre évitement et à celui de son patient, ainsi qu’à la nécessité et aux difficultés d’adhérer aux protocoles de traitement.

Ces expériences rapportées ajoutent un soutien supplémentaire à l’idée que les traitements axés sur les traumatismes, sans phase de stabilisation, peuvent être tolérés et approfondissent notre compréhension de la façon de rendre cela acceptable pour les personnes atteintes de Ch-PTSD.

Extraits

Dans l’IREM, les patients ont été répartis au hasard dans des conditions de traitement ImRs ou EMDR qui comprenaient 12 séances de 90 minutes, deux fois par semaine pendant une période de six à huit semaines. Les participants éligibles avaient un diagnostic primaire de TSPT lié à un traumatisme subi avant l’âge de 16 ans. Les participants ont été sélectionnés pour l’inclusion et l’exclusion à l’aide de l’entretien clinique structuré pour le DSM-TR [25] ou d’un mini entretien neuropsychiatrique [26], selon la préférence du site. Les critères d’exclusion comprenaient l’utilisation de benzodiazépines, le risque de suicide aigu, les troubles psychotiques comorbides, les troubles bipolaires de type 1, la dépendance à l’alcool ou aux drogues, et aucun traitement axé sur les traumatismes au cours des 3 derniers mois. (…) 

Les thérapeutes ont fourni aux patients IREM des traitements ImR, EMDR ou les deux. Les traitements ont suivi des protocoles de traitement écrits. Chaque thérapeute devait assister à un atelier avancé de 2 jours sur le traitement choisi après une formation de base et assister à une supervision régulière tout au long de l’essai. De plus, les thérapeutes devaient démontrer leur compétence dans le traitement avant de traiter les participants à l’IREM en voyant des patients pilotes, qui ont été enregistrés sur vidéo et évalués par le coordinateur local du site. Chaque thérapeute était également supervisé régulièrement par des pairs et était encouragé à utiliser des listes de contrôle de fidélité pour s’assurer qu’il respectait les protocoles de traitement. La méthodologie et la conception complètes de l’IREM sont décrites dans une publication antérieure [27]. (…)

Résultats

L’analyse des entretiens a permis d’identifier des thèmes superordonnés et subordonnés liés au processus de traitement et à l’optimisation du rôle du thérapeute (Figure 1). Les patients et les thérapeutes avaient de nombreux points de vue partagés sur le processus de traitement, notamment : la préparation au traitement, l’importance de traiter le traumatisme et la nature du changement. Le thème superordonné de l’optimisation du rôle du thérapeute était unique aux thérapeutes, qui ont identifié des éléments pouvant avoir un impact sur le traitement, notamment la relation thérapeutique, leur confiance, la confrontation à l’évitement et l’adhésion au protocole de traitement. (…)

Se concentrer sur les souvenirs de traumatisme

Dans cette étude, se concentrer sur les souvenirs traumatiques a été considéré comme important pour les patients et les thérapeutes. Ce thème super-ordonné est lié au traitement axé sur les traumatismes pour aborder les expériences d’enfance des patients. Les aspects de ce thème comprenaient le besoin de revenir à l’expérience traumatique d’origine, la difficulté de revenir à la source et d’avoir une expérience émotionnelle corrective. (…)

Volonté

Les patients et les thérapeutes ont discuté du besoin de volonté. Cette volonté était liée à la disposition du patient à s’engager dans le traitement et à faire face à son traumatisme :

Commencer le travail de traumatologie

Les thérapeutes et les patients ont discuté du bon moment pour commencer à travailler en traumatologie. L’IREM a nécessité un traitement des traumatismes à partir de la deuxième session. Les patients et les thérapeutes avaient des opinions partagées. Par exemple, quelques thérapeutes pensaient qu’il aurait été préférable d’avoir un peu plus de temps pour construire une relation avec le patient ou d’avoir du temps pour développer ses compétences avec les patients (…)

Retour à la source

Les patients pensaient qu’il était important que le traitement revienne à l’expérience traumatique d’origine. Les patients et les thérapeutes ont tous deux reconnu que l’événement d’origine était lié à l’apparition des difficultés actuelles des patients et que cela devait être retraité pour aider à changer leur perspective et leurs croyances autour de l’expérience et pour les aider à aller de l’avant (…) 

De même, la plupart des thérapeutes pensaient qu’il était essentiel pour les patients d’être exposés aux souvenirs et aux sentiments associés à leur traumatisme, puis d’avoir une expérience émotionnelle corrective où ils apprennent à se voir eux-mêmes et leur passé traumatique d’une manière différente (…) 

Alors que les patients ont pu reconnaître que revenir au traumatisme était une composante importante du traitement, la plupart d’entre eux ont reconnu à quel point cela était difficile pour eux et d’autres ont commenté que même si cette expérience était difficile, elle était une partie très importante du traitement (…) 

Certains thérapeutes ont également discuté de la difficulté qu’ils ont éprouvée lors du traitement du traumatisme.(…)

Format de traitement amélioré

Le format de traitement IREM comprenait 12 séances de 90 minutes, deux fois par semaine pendant une période pouvant aller jusqu’à huit semaines. Les patients et les thérapeutes étaient positifs au sujet des traitements réels ; cependant, ils ont offert quelques idées et suggestions pour améliorer le format global du traitement. Les thérapeutes et les patients ont pris en compte le nombre et la fréquence des séances de traitement. Pour certains patients, ils ont estimé que 12 séances ne leur suffisaient pas (…)

Cependant, tous n’étaient pas d’accord pour dire que plus de 12 séances étaient nécessaires. (…)

Bien qu’aucun patient n’ait spécifiquement déclaré avoir besoin de moins de séances, dans l’ensemble de l’échantillon de patients traités en IREM (n = 155), 18 participants ont terminé le traitement plus tôt. La fréquence des séances était une autre question abordée dans les entrevues. Certains patients et thérapeutes ont préféré l’approche de la session bihebdomadaire utilisée dans l’IREM. Les patients et les thérapeutes ont discuté de la façon dont l’approche intensive a contribué à promouvoir l’engagement des patients et a facilité le traitement (…)

Cependant, tous n’étaient pas d’accord pour dire que les séances bihebdomadaires étaient meilleures, avec des commentaires selon lesquels l’intensité du traitement était trop forte pour certains (…)

Nature du changement

Le processus de changement impliquait que les patients donnent un contexte à leur traumatisme, en améliorant leur compréhension des circonstances et de leur rôle dans les événements, et en les aidant à développer une nouvelle perspective sur leurs expériences et sur eux-mêmes. Ce processus a conduit à une plus grande acceptation de soi, à un espoir pour l’avenir et à un sentiment de force et de contrôle de la vie chez les patients.

Traumatisme en contexte

Les thérapeutes ont suggéré que le changement des patients consistait à leur permettre d’acquérir une nouvelle compréhension de leurs expériences et de l’impact que cela a eu sur eux. Il a été estimé qu’acquérir une nouvelle perspective aiderait à changer leurs croyances sur eux-mêmes et le traumatisme, ce qui les conduirait à développer un sentiment d’agence sur leur vie et un changement de comportement (…)

Pour les patients, l’acquisition d’une nouvelle perspective ou d’une nouvelle compréhension consistait à apprendre que ce qui s’était passé n’était pas de leur faute et qu’ils n’étaient pas responsables (…)

En développant une compréhension de leur rôle dans leur traumatisme, cela facilite un changement dans leur relation avec le traumatisme ou dans la façon dont les patients se voient (…)

Le moi changé

Une fois que les patients ont été en mesure d’aborder leur perception déformée du traumatisme, cela a contribué à changer leur vision d’eux-mêmes et de leur avenir. Pour la plupart des patients, se concentrer sur l’avenir était une nouvelle expérience et leur donnait un sentiment d’espoir que les choses pourraient être différentes pour eux (…)

La plupart des thérapeutes ont rapporté que les patients acquièrent un sentiment d’autonomisation et d’autonomie était crucial pour le changement thérapeutique. Ce changement est lié au fait que les patients puisent dans leur force intérieure et leur résilience en prenant le contrôle d’eux-mêmes et de leur avenir (…)

Les patients ont expliqué comment le traitement leur avait donné la force et la capacité de changer. Cela a conduit les patients à commencer à prendre le contrôle, à s’affirmer et à embrasser une vie qu’ils n’avaient jamais cru possible (…)

Optimiser le rôle du thérapeute

L’optimisation du rôle du thérapeute contenait des thèmes secondaires discutés uniquement par les thérapeutes de l’étude et étaient des facteurs spécifiques au traitement axé sur les traumatismes. Les thèmes secondaires comprenaient la confiance du thérapeute, l’évitement et l’adhésion.

Relation thérapeutique

Les thérapeutes ont identifié la relation thérapeutique comme étant importante pour aider à créer un environnement sûr et favorable afin que les patients se sentent capables de s’engager dans un traitement axé sur les traumatismes. Les thérapeutes ont rapporté que cette relation a contribué à faciliter le changement (…)

L’importance de la relation thérapeutique n’était pas partagée par tous les thérapeutes (…)

Seuls quelques-uns des patients ont discuté spécifiquement de la relation thérapeutique. Cependant, beaucoup ont fait des commentaires sur les caractéristiques du traitement ou du thérapeute qu’ils jugeaient importantes. Certains exemples incluent des thérapeutes empathiques, bien informés et faisant en sorte que les patients se sentent en sécurité.

Confiance du thérapeute

La confiance était un thème que tous les thérapeutes reconnaissaient avoir un impact sur le traitement. Les thérapeutes ont parlé d’avoir confiance non seulement en eux-mêmes et en leurs capacités, mais aussi en la capacité de traitement de leurs patients (…)

Les thérapeutes ont également identifié l’importance d’avoir confiance dans la capacité du patient à tolérer le traitement (…)

Évitement

L’évitement était un thème qui a surgi dans tous les entretiens avec les thérapeutes et était pertinent à la fois pour les patients et les thérapeutes. Les thérapeutes ont commenté le fait que les patients évitent les souvenirs traumatiques et les sentiments qui leur sont associés (…)

Certains thérapeutes ont reconnu leur propre évitement du traitement, qui était lié à la peur de l’exacerbation des symptômes (…)

 Adhésion

Pour les thérapeutes, l’évitement était étroitement lié à l’observance du traitement. L’adhésion au protocole de traitement s’est avérée aider à surmonter l’évitement. Les thérapeutes ont expliqué qu’en dehors de l’essai, ils auraient arrêté le traitement lorsque les patients devenaient trop angoissés ; cependant, ils ont constaté que le fait de devoir adhérer au protocole de traitement facilitait en fait le traitement et réduisait la détresse du patient plus tôt (…)

Certains thérapeutes, cependant, ont eu des difficultés avec l’adhésion et ont estimé que cela avait un impact sur leur capacité à fournir un traitement (…)

 

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En savoir plus 

Références de l’article Perspectives des patients et des thérapeutes sur le traitement des adultes atteints de TSPT à la suite d’un traumatisme de l’enfance :

  • auteurs : Boterhoven de Haan, K.L., Lee, C.W., Correia, H., Menninga, S., Fassbinder, E., Köehne, S., & Arntz, A.
  • titre en anglais : Patient and Therapist Perspectives on Treatment for Adults with PTSD from Childhood Trauma
  • publié dans : J Clin Med. 2021 Mar 1;10(5):954.
  • doi :10.3390/jcm10050954. PMID: 33804440; PMCID: PMC7957589.

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