Présentation de la recherche de Van Der KoIk

Présentation de la recherche de Van Der KoIk

La recherche de Van der Kolk est un essai randomisé, en double aveugle, portant sur 88 sujets adultes ayant un ESPT secondaire à divers traumatismes (abus sexuels, accident, agressions physiques, victime de guerre).
Van der Kolk, B., Spinazzola, J. Blaustein, M., Hopper, J. Hopper, E., Korn, D., & Simpson, W. (2007). A randomized clinical trial of EMDR, fluoxetine and pill placebo in the treatment of PTSD: Treatment effects and long-term maintenance. Journal of Clinical Psychiatry, 68, 37-46.
Samia LAHYA présente la recherche de Van Der Kolk dans sa thèse  » Prise en charge de l’Etat de Stress Post Traumatique : Etude Qualitative auprès des Médecins Généralistes du Vaucluse » (1) .
Voici ce qu’elle nous dit sur la recherche de Van der Kolk :

Objectif de la recherche : Dans cette recherche B Vander Kolk & al. souhaitent effectuer une comparaison de l’efficacité de la Fluoxetine vers EMDR versus pilules placebo, dans la réduction des symptômes de TSPT chez l’adulte, après 8 semaines (durée du traitement) et à 6 mois après la fin du traitement.

Hypothèses : les auteurs posent deux hypothèses :

  • Fluoxetine et EMDR aussi efficaces, et supérieur au placébo, après 8 semaines de traitement + différence entre EMDR versus Fluoxetine à 6 mois (après fin du traitement) dans le maintien du bénéfice thérapeutique.
  • efficacité th »rapeutique diffère selon traumatisme dans l’enfance ou à l’âge adulte

Méthodes :

  • essai clinique randomisé contrôlé
  • recrutement sujet ayant un TSPT (trauma depuis > 1 an avant l’inclusion) via petites annonces, internet, professionnels de santé
  • randomisation stratifiée selon présence d’une thérapie de soutien en cours ou non
  • double aveugle
  • évaluateurs indépendants
  • échelles de mesure CAPS et BDI-II
  • analyse en ITT ITF et PP. Calcul du NSN à priori

Population et durée :

  • 229 participants volontaires (18-65 ans), population générale, consentement écrit (n=88), sujets diagnostiqués TSPT suite à traumatisme > 1 an avant l’inclusion (n=76) sujets inclus. Critères d’exclusion définis à priori.
  • Randomisation aléatoire dans les 3 groupes : Fluoxetine (n=26) EMDR (n=24), placebo (n=26)
  • traitement 8 semaines
  • pas d’autres traitement ‘autorisé’ hormis ceux de l’étude

Contexte, traumatisme, suivi + échelles de mesure :

  • diagnostic positif de TSPT selon critères DSM IV
  • évaluations en aveugle selon échelles CAPS et BDI-II. Mesures à la fin du traitement et à 6 mois
  • les sujets étaient considérés comme asymptomatiques si score CAPS < 20
  • critère secondaire analysé : sous-groupes selon si traumatisme dans l’enfance ou à l’âge adulte

Interventions :

8 semaines de traitement

  • EMDR : 6 séances individuelles de 90 minutes, 4 thérapeutes expérimentés, selon protocole standard. Séances filmées, randomisées et évaluées par expert indépendant.
  • Fluoxetine : initiée à 10 mg/j, augmentation de 10 mg par sem. jusqu’à 60 mg ou rémission, évaluation clinique selon jugement du médecin. Moyenne de 40 mg/j.
  • Placébo administrés en double aveugle selon protocole standard.

Principaux résultats :

  • Résultats significatifs à 6 mois avec 57 % des sujets asymptomatiques dans le groupe EMDR conte 0% en Fluoxetine (p<0,01 (résultats en ITT similaires)
  • Régression du TSPT à 8 semaines pour 88% EMDR, 81% Fluexetine et 65% placebo (scores CAPS) (p/0,15)
  • EMDR supérieur à la Fluoxetine sur les symptômes du TSPT à 6 mois
  • Efficacité de l’EMDR supérieure à la Fluoxetine sur la symptomatologie dépressive (BDI-II) à 6 mois (p<0,02)
  • A 6 mois, EMDR : 75% du sous-groupe trauma adulte était asymptomatiques contre 33% pour le sous-groupe des traumatismes infantiles. Fluoxine : 0% asymptomatiques tous groupes confondus (p<0,05).

Pour Samia LAHYA :

Pour Van Der Kolk et al. : un stade plus précoce du traitement, et pour des patients en
population générale dont le traumatisme serait plus ancien ; l’EMDR n’a pas montré une
franche supériorité comparé à la Fluoxetine après 8 semaines de thérapie (88% versus 81%,
(p:O,l5) avec des symptômes évalués selon l’échelle CAPS). A 6 mois la différence était
nettement plus significative avec 57% de sujets asymptomatiques dans le groupe EMDR
contre 0% dans le groupe Fluoxetine (p < 0,01). Une analyse en sous-groupes retrouvait des
taux respectifs de 75% et 33% de sujets asymptomatiques selon que le traumatisme soit
apparu à l’âge adulte ou dans l’enfance (groupe EMDR), contre 0% de sujets asymptomatiques dans le groupe Fluoxetine tous sous-groupes confondus (p < 0,05). Mais (…) un certain nombre de troubles comorbides ont été des facteurs d’exclusion, et les échantillons restent limités. De plus, l’étude n’évalue pas le risque de rechutes à plus long terme.

Sources :

  1. Samia LAHYA  – thèse Prise en charge de l’Etat de Stress Post Traumatique : Etude Qualitative auprès des Médecins Généralistes du Vaucluse.

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