Presse – Il existe une crise sanitaire majeure en Syrie que personne ne voit: la santé mentale

Article publié dans Slate, de Lauren Wolfe, Traduit par Peggy Sastre, Monde, Science & santé, publié le 30.06.2014 – 7 h 14mis à jour le 30.06.2014 à 7 h 14

Du syndrome de stress post-traumatique à la dépression, la guerre en Syrie est en train de générer une crise sanitaire majeure sur le plan des troubles mentaux –et le pays ne dispose ni des médecins ni des moyens financiers nécessaires pour endiguer ses ravages.

(…)

Un soir, à Reyhanli, une autre ville turque près de la frontière, je discute avec Mohamed Suleiman, un psychologue originaire d’Idlib, en Syrie. Au cours de notre conversation, il sort un grand trépied surmonté d’une barre horizontale piquetée de diodes vertes. Il tend un casque à un de mes collègues et nous regardons les loupiotes commencer à clignoter, l’une après l’autre.

Il s’agit d’un appareil d’EMDR (pour eye movement desensitization and reprocessing; désensibilisation et reprogrammation par mouvement des yeux), une méthode utilisée pour soigner le SSPT et des individus chez qui les souvenirs douloureux provoquent diverses réactions sensorielles handicapantes; l’idée, c’est d’aider le cerveau à assimiler de nouveau des informations traumatiques tout en les rendant moins traumatisantes. Pour beaucoup de spécialistes occidentaux, la psychothérapie a fait ses preuves, mais il est on ne peut plus rare de pouvoir en bénéficier dans des endroits aussi dévastés que la frontière syrienne. Suleiman, qui pense que sa femme et lui sont globalement les deux seuls praticiens de la région, me dit transbahuter sa machine de tente en tente dans les camps de réfugiés. Mais ils ne peuvent aider qu’une personne à la fois.

En arpentant les régions où se dispersent les camps de réfugiés syriens, j’ai souvent rencontré des psychologues qui me disent être les seuls à des kilomètres à la ronde –dans la plupart des cas, il s’agit même du seul professionnel de santé mentale présent dans des camps où s’entassent des milliers d’individus. Et tous ces praticiens me confirment que le nombre de Syriens souffrant d’épisodes dépressifs ou anxieux ne cesse de croître.

Lire l’article complet sur le site slate

en savoir plus :