Presse – Questions salutaires pour s’alléger l’esprit

Publié le 02/11/2013 05:36

Trop sollicités, trop pleins, trop informés, nos cerveaux seraient-ils au bord de l’indigestion ? Se poser quelques minutes, marcher, écrire, observer…

Nous sommes aujourd’hui soumis à la multiplication des sources d’information, donc aux contradictions, aux démentis, aux confirmations et rumeurs, pris sous les feux d’une sorte de guerre sourde entre les médias. Parallèlement, nous sommes embarqués dans cette roue infernale d’un temps qui semble toujours s’accélérer. Avec l’impression de devoir faire face chaque jour à une accumulation insensée de mille choses à régler. Sans compter que le mal peut aussi venir de l’intérieur : nos propres pensées, sur nous-mêmes ou sur les autres, peuvent également s’accumuler sous forme d’idées angoissantes, culpabilisantes ou dévalorisantes… Ce « trop-plein de l’esprit » est tel que les psys parlent désormais d’« intoxication par la surinformation et les pensées négatives », au même titre que celle du corps par les médicaments, les additifs alimentaires ou les pesticides… Dans un monde en plein bouleversement, dans une période de transformation majeure, clarifier son esprit et se libérer la tête est devenu une urgence absolue.

Jetez les mots qui vous encombrent

Depuis quelques années, l’écriture a fait son apparition dans le développement personnel. Véritable méthode pour réparer le passé, construire le présent et préparer l’avenir, c’est un miroir qui permet de s’interroger sur soi, parfois même de résoudre des situations. « Elle est un fil de vie qui respire et bouge au fur et à mesure des événements de l’existence », expose la graphothérapeute Dominique Vaudoiset (1). Et le crayon, un outil qui permet de se libérer la tête en quelques minutes.
Prenez une feuille et laissez votre écriture couler, sans réfléchir, sans vous censurer. Ne cherchez pas à faire de phrases, ni à mettre de l’ordre dans vos idées. Jetez les mots au hasard, sans en empêcher un seul de s’exprimer. Au bout de deux minutes environ, lorsque vous avez rempli votre feuille, faites une pause et fermez les yeux, en respirant calmement et profondément. Ouvrez les yeux et regardez votre feuille. Sans chercher à l’analyser, répondez intérieurement à la question : « Quel est le message que j’ai voulu me transmettre ? »
Les promenades de Kant dans les jardins de Königsberg, les voyages à pied de Jean-Jacques Rousseau… Les philosophes ont souvent été adeptes des flâneries dans la nature. Parce qu’une marche tranquille est le meilleur exercice pour se libérer la tête des pensées parasites. Ce n’est pas le mouvement des pieds, pourtant si bénéfique à la santé, qui provoque cet allégement psychique, mais celui des yeux. Lors d’une balade dans la nature, ils sont constamment attirés par les arbres, les fleurs, les buissons… Ces mouvements oculaires ont la propriété de synchroniser l’activité des deux hémisphères du cerveau, et de libérer les blocages neuronaux – dus aux chocs émotionnels, aux pensées négatives, aux idées fixes… –, pour ensuite « réagencer » les neurones. C’est la découverte de la psychologue américaine Francine Shapiro qui a mis au point l’EMDR (2) il y a une vingtaine d’années, justement après s’être promenée dans un parc. Accordez-vous vingt minutes et marchez d’un pas normal, ni trop rapide, ni trop lent. Pendant deux minutes, concentrez-vous sur votre respiration, la plus posée et la plus profonde possible, en détendant votre diaphragme. Ne pensez à rien d’autre qu’à votre inspiration et à votre expiration. Puis, tout en continuant à marcher, sans tourner la tête, uniquement en bougeant les yeux, regardez attentivement autour de vous les détails de votre environnement, comme si vous découvriez cet endroit pour la première fois.

 Digérez vos pensées négatives

Ruminer des émotions négatives les bloque autant dans le corps que dans la tête. Liées à des situations difficiles, des conflits non réglés, des chocs émotionnels…, ces émotions sont toujours accompagnées de sensations physiques désagréables que nous avons préféré oublier. Si ces émotions, avec leurs sensations associées, ne sont pas évacuées, les psys spécialisés dans les nouvelles approches psychosomatiques disent qu’elles peuvent être à l’origine de troubles physiologiques, voire de problèmes de santé importants. Le moyen le plus efficace pour s’en débarrasser : les digérer !

(1) « Danse avec les lettres » (Le Fil invisible, 2003).

(2) Eye movement desensitization and reprocessing, ou « désensibilisation et reprogrammation par mouvement des yeux ».

Lire l’article sur le site de la nouvelle république.fr

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