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les effets d'une seule séance de 40 minutes d'EMDR, de BSP et de BSM

Techniques psychothérapeutiques pour les souvenirs angoissants : Une étude comparative entre EMDR, Brainspotting, et Body Scan Meditation

Techniques psychothérapeutiques pour les souvenirs angoissants : Une étude comparative entre EMDR, Brainspotting, et Body Scan Meditation, un article de D’Antoni,  F., Matiz, A., Fabbro, F., & Crescentini, C., publié dans International Journal of Environmental Research and Public Health

Article publié en anglais – accès libre en ligne

Résumé 

Objectifs

 

Nous avons exploré les effets d’une seule séance de 40 minutes d’EMDR (Eye Movement Desensitization and Reprocessing), de BSP (Brainspotting) et de BSM (Body Scan Meditation) sur le traitement des souvenirs pénibles rapportés par un échantillon non clinique de participants adultes. CONCEPTION : Une conception intra-sujet a été utilisée.

 

Méthodes

 

Les participants (n = 40 psychologues/médecins) ont rapporté quatre souvenirs pénibles, chacun traité par une seule intervention. L’EMDR, la BSP et la BSM ont été comparées l’une à l’autre, ainsi qu’à une condition de contrôle actif de lecture de livres (BR), en utilisant comme mesures dépendantes, les SUD (Unités Subjectives de Perturbation) et la Durée de Raccourcissement de la Mémoire (MTD) sur une échelle de temps à 4 points : Ligne de base, pré-intervention, post-intervention, suivi.

 

Résultats

 

Les scores SUD associés à l’EMDR, au BSP et au BSM ont significativement diminué de la pré-intervention à la post-intervention (p < 0,001). A la post-intervention et au suivi, les scores SUD de l’EMDR et du BSP étaient significativement plus bas que ceux du BSM et du BR (p < 0.02). Après l’intervention et le suivi, les scores SUD de BSM étaient inférieurs à ceux de BR (p < 0,01). Une réduction de la MTD a été observée de la pré-intervention à la post-intervention pour les conditions EMDR et BSP (p < 0,001).

 

Conclusions

 

Dans l’ensemble, les résultats ont montré les effets bénéfiques de séances uniques d’EMDR, de BSP ou de BSM dans le traitement des souvenirs pénibles d’adultes en bonne santé. Les limites de l’étude et les suggestions pour de futures recherches sont discutées.

 

Discussion 

L’objectif de cette étude était d’explorer les effets des interventions de 40 minutes en une seule session avec les techniques EMDR, BSP et BSM sur la capacité des individus à traiter les événements négatifs de la vie.

 

Dans un plan intra-sujet, les participants ont raconté au chercheur quatre souvenirs pénibles, chacun d’entre eux ayant été traité par une seule intervention (EMDR, BSP, BSM, et une condition de contrôle de lecture de livre, BR). Toutes les interventions ont été réalisées auprès d’un échantillon non clinique de psychologues et de médecins. Ces professionnels ont été soumis à un dépistage initial de la psychopathologie et du fonctionnement neuropsychologique à l’aide de tests neuropsychologiques et de questionnaires d’auto-évaluation. Nous avons comparé les trois interventions et la condition de contrôle actif en utilisant à la fois les mesures des unités subjectives de perturbation (SUD) et de la durée de la mémoire (MTD) sur une échelle de temps en 4 points (sessions) : Baseline (c’est-à-dire environ une semaine avant l’intervention), Pre- et Post-Intervention (c’est-à-dire immédiatement avant et après l’intervention spécifique ou la condition de contrôle), et Follow-up (c’est-à-dire environ deux mois après l’intervention).

 

L’analyse des scores SUD a révélé un effet principal de la session : Les scores SUD n’étaient pas différents entre la ligne de base et la pré-intervention, mais ils ont diminué de la pré-intervention à la post-intervention, et de la post-intervention au suivi. Plus précisément, un effet d’interaction entre la session et l’intervention a révélé que les scores SUD associés aux techniques EMDR, BSP et BSM, mais pas BR, ont diminué de manière significative de la pré-intervention à la post-intervention. Cela indique que les trois techniques ont été plus efficaces que la condition de contrôle pour atténuer la détresse liée aux souvenirs pénibles. Par conséquent, le partage social des souvenirs douloureux (sans doute l' »ingrédient » le plus important de la condition de RE) n’était pas suffisant pour réduire de manière significative la détresse subjective liée aux souvenirs rapportés. Néanmoins, l’exploration de l’effet d’interaction a révélé que les scores SUD associés au RE ont diminué de la post-intervention au suivi, même si, à la dernière session, ils sont restés significativement plus élevés que les scores associés aux interventions EMDR, BSP et BSM.

 

Plus précisément, en ce qui concerne l’hypothèse principale de l’étude sur la plus grande efficacité de l’EMDR dans le traitement des souvenirs pénibles, les résultats obtenus ne semblent confirmer que partiellement notre attente : en effet, immédiatement après les interventions, les scores SUD associés à l’EMDR, mais aussi à la BSP, étaient significativement plus faibles que les scores associés à la BSM et à la RE ; le même schéma était observable lors du suivi. Bien que les scores associés à l’EMDR à l’issue de l’intervention et du suivi aient été inférieurs aux scores associés au BSP, cette différence n’était pas statistiquement significative. En ce qui concerne la conception expérimentale spécifique employée dans l’étude actuelle, l’EMDR et le BSP semblent donc être comparables en termes d’efficacité pour réduire la perturbation subjective des participants sains liée à des souvenirs pénibles. En essayant de généraliser ces résultats préliminaires au contexte clinique, il pourrait être important de prendre en compte les préférences de traitement du patient lors du processus de décision thérapeutique. En effet, une procédure de débriefing informelle menée à la fin de la présente étude, c’est-à-dire pendant la session de suivi, a montré que certains participants préféraient le BSP à l’EMDR parce qu’ils s’étaient sentis plus libres pendant le traitement des souvenirs dans le premier type d’intervention que dans le second. Néanmoins, d’autres participants ont indiqué qu’ils s’étaient sentis « un peu perdus » pendant la BSP et qu’ils préféraient être davantage guidés par le thérapeute pendant le traitement des souvenirs avec l’EMDR.

 

Bien qu’elle n’ait pas été spécifiquement conçue à des fins psychothérapeutiques, la BSM s’est également avérée efficace, bien que dans une moindre mesure que l’EMDR et la BSP, pour réduire les scores SUD liés aux souvenirs pénibles après l’intervention, et cet effet est resté sensiblement stable dans le temps (lors du suivi). En général, il est important de garder à l’esprit que nos résultats ne peuvent pas être directement étendus à l’ensemble du processus thérapeutique à partir duquel les techniques EMDR, BSP, et aussi BSM peuvent être extrapolées.

 

Une explication possible de l’efficacité de l’EMDR, de la BSP et, dans une moindre mesure, de la BSM, dans la réduction des scores SUD liés à des souvenirs pénibles chez des individus en bonne santé pourrait être attribuable à deux éléments fondamentaux qui caractérisent ces trois interventions : (1) le degré de connexion dans la relation participant/thérapeute et (2) l’accent mis sur les sensations corporelles. En effet, bien que dans les deux premières conditions (EMDR et BSP), l’implication relationnelle du thérapeute soit reconnue comme un élément clé de l’intervention, dans la BSM, la connexion et l’intimité ont pu être favorisées, au moins dans une certaine mesure, par la prosodie apaisante de la voix directrice du thérapeute. Bien que cette étude ait employé le même thérapeute pour tous les types d’intervention afin de minimiser les effets de variables potentiellement confondantes liées, par exemple, aux compétences relationnelles et aux caractéristiques de personnalité des différents thérapeutes, les futures études intéressées par la comparaison de différentes techniques thérapeutiques pourraient tenter d’inclure des mesures de la relation thérapeutique pour chacune d’entre elles, comme le degré de connexion et d’harmonisation (par exemple, le Working Alliance Inventory) [47].

 

En ce qui concerne la focalisation sur les sensations corporelles, l’auto-observation du corps avec une attitude équanime et sans jugement est un élément transversal à la fois dans les techniques thérapeutiques EMDR et BSP, et dans la BSM. Selon le modèle sensorimoteur de la mémoire [48,49], raconter un souvenir angoissant pourrait réactiver les composantes somatosensorielles des informations perceptives et motrices enregistrées lors de l’encodage de l’événement, et laisser des traces d’activation dans le corps. Dans le cas spécifique du BSM, l’observation attentive des sensations corporelles pourrait affecter ces traces somatiques liées au souvenir, favorisant un traitement implicite de l’expérience, même sans y penser volontairement. En effet, dans l’étude actuelle, plusieurs participants ont non seulement rapporté des sentiments de soulagement immédiatement après la BSM, mais ont aussi parfois fait référence à des intuitions et à des points de vue différents sur l’événement pénible pendant le récit de la mémoire post-intervention. Les commentaires de ces personnes indiquent donc le potentiel thérapeutique de la concentration sur les parties du corps et les sensations lorsque différents états physiologiques sont activés par le rappel d’un souvenir pénible. Plus généralement, ces données suggèrent un approfondissement des implications cliniques de la BSM [30]. Par exemple, si un patient partage un souvenir très pénible pendant une session thérapeutique, le thérapeute pourrait guider une pratique BSM avant de procéder à l’approfondissement de l’expérience et à son élaboration avec des techniques plus spécifiques, comme l’EMDR. Dans ce cas, il est possible que la BSM favorise, dans une certaine mesure, la désensibilisation et le traitement spontané de l’événement, bien qu’elle ne nécessite pas de se concentrer sur le souvenir spécifique ou d’en parler.

 

Comme mentionné ci-dessus, l’auto-observation du corps est un élément fondamental non seulement de la BSM, mais aussi de l’EMDR et de la BSP. L’élément de base de la concentration attentive sur les sensations corporelles se retrouve également dans d’autres approches thérapeutiques ascendantes bien connues, telles que l’expérience somatique [21] et la psychothérapie sensori-motrice [50]. Cependant, ce n’est que dans les approches EMDR et BSP que le BLS est ajouté pendant le traitement et, de plus, l’auto-observation est étendue à l’ensemble du flux de conscience lié à l’événement cible (par exemple, les cognitions, les images, les sentiments ou le Brainspot). Il est possible que les mouvements oculaires dans l’EMDR et le point de fixation visuelle dans le Brainspot BSP affectent les schémas sensorimoteurs activés pendant le traitement de la mémoire. En effet, il existe une grande quantité de littérature sur la façon dont les mouvements oculaires et le regard affectent la récupération de la mémoire [6,9,49,51].

 

Une autre explication possible de l’efficacité, en particulier, de l’EMDR et du BSP dans la réduction des scores SUD liés aux souvenirs pénibles peut être liée à l’exposition imaginative. En effet, bien que ce ne soit pas dans la même mesure qu’avec d’autres techniques telles que la thérapie d’exposition, ces deux techniques impliquent une sorte d’exposition imaginative aux souvenirs pénibles, et cela peut contribuer à leur retraitement adaptatif [52]. Il est remarquable de constater qu’une telle possibilité pourrait également expliquer, du moins en partie, la réduction des scores SUD dans la condition de contrôle BR. En effet, la lecture d’un livre sur le traumatisme peut avoir déclenché le souvenir de son propre événement traumatisant, produisant ainsi une exposition imaginative limitée à celui-ci.

 

En résumé, l’auto-observation attentive de son flux de conscience (en particulier les sensations corporelles, mais aussi les cognitions et les images) lié au souvenir pénible, en association avec le BLS dans un contexte de connexion profonde entre le patient et le thérapeute, semble être un élément crucial pour développer des interventions efficaces pour atténuer et traiter la souffrance psychologique liée aux souvenirs pénibles.

 

 

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Références de l’article Techniques psychothérapeutiques pour les souvenirs angoissants : Une étude comparative entre EMDR, Brainspotting, et Body Scan Meditation, :

  • auteurs : D’Antoni,  F., Matiz, A., Fabbro, F., & Crescentini, C.
  • titre en anglais : Psychotherapeutic Techniques for Distressing Memories: A Comparative  Study between EMDR, Brainspotting, and Body Scan Meditation
  • publié dans : Int J Environ Res Public Health, 19(3), 1142.
  • doi :10.3390/ijerph19031142

Le tissage relationnel

Marl Dworkin présente la notion de tissage relationnel dans le 3e chapitre de son livre sur la relation thérapeutique en EMDR :  EMDR and the relational impérative – The therapeutic relationship in EMDR treatment.  Dans cet ouvrage, il explore les nuances subtiles de la relation thérapeutique et le rôle vital qu’elle joue dans l’utilisation de la méthode de désensibilisation et de retraitement par les mouvements oculaires (EMDR) avec des patients traumatisés.

Livre publié en anglais – disponible en ligne sur le site de l’éditeur – payant

La façon dont le clinicien se présente affecte le patient, ce qui peut ensuite affecter le traitement du traumatisme. Dans l’EMDR, je reconnais cet aspect relationnel en utilisant une variation du tissage cognitif que j’appelle le tissage relationnel. Le tissage relationnel est basé sur ma compréhension et mon acceptation du fait que je fais partie du processus de mon patient. Je m’approprie ce rôle. Il peut arriver que mon patient et moi soyons confrontés à des croyances bloquantes similaires, ou que je sois activé par ce que vit mon patient et que je perde momentanément ma capacité d’empathie. Cela peut ouvrir un moment de contre-transfert, peut-être basé sur un de mes souvenirs dépendant de l’état. Je le détecte généralement d’abord par la conscience somatique. L’observation de mes sensations corporelles peut faire remonter spontanément en moi un souvenir dissocié qui a été stimulé par le style, le ton ou l’attitude du patient. Nous verrons plus en détail au chapitre 9 comment partager cette prise de conscience (mais sans contenu) et la faire traiter par le patient, si elle trouve un écho.

Le tissage relationnel est le prolongement logique d’une intervention relationnelle active. Son objectif par rapport au modèle de traitement adaptatif de l’information est de reconnaître que la faillibilité des cliniciens en tant qu’êtres humains peut parfois affecter nos patients. C’est le contraire de ce qui se passe dans le cas du traumatisme central. Là, la responsabilité est généralement attribuée exclusivement à la victime. Le père qui frappe son fils avec une ceinture et s’écrie ensuite :  « Regarde ce que tu m’as fait faire !  » attribue au garçon l’entière responsabilité de l’abus. C’est de cela que sont faites les cognitions négatives irrationnelles.

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Formation(s) : Relation thérapeutique – Stratégies relationnelles pour traiter les patients souffrant de traumas difficiles

Dossier(s) : La relation thérapeutique en EMDR

l’EMDR dans le trouble fonctionnel des symptômes neurologiques avec des crises psychogènes non épileptiques

l’EMDR dans le trouble fonctionnel des symptômes neurologiques avec des crises psychogènes non épileptiques

Un article  l’EMDR dans le trouble fonctionnel des symptômes neurologiques avec des crises psychogènes non épileptiques, de Demirci, O. O., & Sagaltici, E., publié dans Clinical Child Psychology and Psychiatry

Article publié en anglais – disponible en ligne sur le site de l’éditeur – accès payant 

Résumé 

Les patients souffrant de troubles fonctionnels neurologiques (TND) présentent de nombreux symptômes divers, notamment des crises psychogènes non épileptiques (CPN), des mouvements positifs tels que des tremblements, une dystonie ou des anomalies de la démarche, une perte de la fonction motrice telle qu’une parésie des jambes ou des bras, et une perte des fonctions sensorielles, comme la cécité, la surdité ou la perte de sensation dans les membres. 

L’EMDR (Eye movement desensitization and reprocessing) est une méthode de thérapie qui inclut certaines techniques issues des approches psychodynamiques, cognitives et comportementales. 

L’EMDR est connue comme une approche psychothérapeutique éprouvée dans le trouble de stress post-traumatique, mais de nombreuses études rapportent également son efficacité dans d’autres troubles psychiatriques et dans les symptômes associés aux traumatismes, chez des patients présentant des troubles psychiatriques comorbides. 

Cet article présente les résultats du traitement EMDR de deux cas de patients, une femme de 13 ans et un homme de 16 ans, qui ont été diagnostiqués comme FND avec PNES, selon les critères diagnostiques du DSM-5. 

Dans les deux cas, on a constaté une diminution significative des scores de l’échelle des expériences dissociatives de l’adolescent et aucune pseudo-crise n’a été trouvée, même lors des visites de suivi au sixième mois. 

Ces études de cas suggèrent que l’EMDR peut être une méthode efficace dans le traitement à long terme des FND avec PNES et une alternative utile aux autres méthodes de traitement.

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Références de l’article  l’EMDR dans le trouble fonctionnel des symptômes neurologiques avec des crises psychogènes non épileptiques : 

  • auteurs : Demirci, O. O., & Sagaltici, E. 
  • titre en anglais : Eye movement desensitization and reprocessing treatment in functional neurological symptom disorder with psychogenic nonepileptic seizures: A study of two cases
  • publié dans : Clin Child Psychol Psychiatry, 13591045211037276. 
  • doi :10.1177/13591045211037276

Abandon du traitement des troubles de stress post-traumatique parmi les populations de militaires et d’anciens combattants

Un article Abandon du traitement des troubles de stress post-traumatique parmi les populations de militaires et d’anciens combattants : examen systématique et méta-analyse, de Edwards ‐ Stewart, A., Smolenski, D. J., Bush, N. E., Cyr, B., Beech, E. H., Skopp, N. A., et Belsher, B. E., publié dans le Journal of Traumatic Stress

 

Article publié en anglais – disponible en ligne sur le site de l’éditeur – accès payant

 

Résumé 

 

Les taux élevés d’abandon du traitement signalés dans la littérature récente ont remis en question l’efficacité des traitements du syndrome de stress post-traumatique (TSPT) axés sur les traumatismes parmi les populations militaires. 

Le but de la revue systématique actuelle était d’évaluer les taux d’abandon du traitement du TSPT parmi les populations militaires par type de traitement et d’autres variables au niveau de l’étude. 

Nous avons recherché dans quatre bases de données ainsi que dans la littérature grise des essais contrôlés randomisés qui évaluaient les traitements du TSPT fondés sur des preuves dans des échantillons de personnel en service actif et / ou d’anciens combattants. 

Au total, 26 études ont été incluses dans cette revue, avec un total de 2 984 participants. 

Nous avons analysé les taux d’abandon dans tous les types de traitement à l’aide d’une méta-analyse multivariée. 

Pour toutes les formes de traitement, le taux global d’abandon était de 24,2%. Les pourcentages de décrochage selon le type de traitement étaient de 27,1% pour les traitements axés sur les traumatismes, de 16,1% pour les traitements non axés sur les traumatismes et de 6,8% pour les groupes sur liste d’attente. 

Nous avons trouvé une hétérogénéité substantielle entre les études qui n’était pas expliquée par le statut militaire ou d’autres covariables au niveau de l’étude. 

Les rapports de risque (RR) récapitulatifs comparant l’abandon relatif entre les groupes de traitement ont indiqué que les groupes de traitement axés sur les traumatismes avaient un risque d’abandon plus élevé que les traitements non axés sur les traumatismes, RR = 1,60. 

L’hétérogénéité statistique des ratios de risque d’abandon intra-traitement était négligeable. Les taux d’abandon parmi les patients militaires recevant des thérapies axées sur les traumatismes n’étaient que légèrement plus élevés que ceux rapportés dans la littérature parmi les populations civiles et n’étaient pas expliqués par les covariables au niveau de l’étude.

 

Lire l’article  Abandon du traitement des troubles de stress post-traumatique parmi les populations de militaires et d’anciens combattants complet en ligne 

 

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Références de l’article Abandon du traitement des troubles de stress post-traumatique parmi les populations de militaires et d’anciens combattants :

  • auteurs : Edwards ‐ Stewart, A., Smolenski, D. J., Bush, N. E., Cyr, B., Beech, E. H., Skopp, N. A., et Belsher, B. E.
  • titre en anglais : Posttraumatic Stress Disorder Treatment Dropout Among Military and Veteran Populations: A Systematic Review and Meta‐Analysis
  • publié dans : Journal of Traumatic Stress, 0, 1-11
  • doi :10.1002/jts.22653

 

 

Thérapie en ligne

Conseils de nos expert·es pour réussir une consultation EMDR à distance

Une consultation à distance impose certaines précautions et protocoles à la fois pour les thérapeutes et pour les patient·es. Des membres de notre équipe les pratiquent et apportent ici leurs éclairages et précautions d’expert·es.


Hélène 
Dellucci pratique des consultations à distance avec des patients, depuis 12 ans : 

Sur le plan technique 

– Il est utile de doubler l’appel skype, Zoom ou toute autre interface par un appel utilisant le réseau téléphonique en cas de mauvaise connexion internet. Ce dont nous avons besoin est un flux de parole fluide, qui s’obtient mieux par une oreillette et par le réseau téléphonique. Dans ce cas, il faut couper le micro sur l’ordinateur.  J’ai observé qu’ainsi l’image passe même mieux. Bien sûr, si le réseau internet est bon, il n’y a pas à s’en préoccuper.

– Il peut y avoir des défauts de connexion qui rendent la communication impossible, avec des personnes dans des pays non couverts par nos forfaits téléphoniques, car l’appel mène très vite à des factures de téléphone élevés. 

Organisation

– Il est important de se mettre d’accord qui appelle l’autre. J’ai choisi l’option que ce soit moi qui appelle les personnes, un peu comme si j’allais les chercher dans la salle d’attente. Une fois clarifié, cela se passe bien. 

Impact thérapeutique

– Je n’ai remarqué aucun souci d’évolution de la thérapie à distance, si deux conditions sont réunies : il faut une bonne relation thérapeutique, c’est-à-dire que le patient se sente en sécurité avec le thérapeute et par rapport à l’environnement (craintes de piratage p.ex.), et il est important que le patient soit motivé, car il doit se prendre en charge davantage. Si l’une de ces deux conditions fait défaut, il vaut mieux en parler tout de suite. Même si un contact à distance est différent du live, les avancées thérapeutiques sont identiques. 

Martine Iracane Coste

Le cadre

Il est Important de poser un cadre avec consentement éclairé et contrat moral en amont.

Par exemple :

Fixer les jours et heures et s’engager réciproquement à la ponctualité.

Vérifier le fonctionnement technique et la qualité de la connexion internet en amont de part et d’autre. Envisager le risque de coupure de la communication comme une possibilité inhérente à ce cadre : patient et thérapeute doivent intégrer cet aspect dans le cadre de travail et convenir d’une conduite à tenir préconisée si un tel aléa survient ; anticiper, verbaliser, contractualiser devient un moyen protecteur limitant la frustration ou le désarroi perçu. Favoriser les stratégies autonomisantes du patient autant que faire se peut mais en prenant appui sur les moyens connus et habituellement pratiqués avec le patient.

Les changements de RDV  peuvent survenir : alors envoyer un message pour annoncer son indisponibilité et s’accorder pour un RDV substitutif.

S’assurer du respect de l’intimité et de la confidentialité de la rencontre thérapeutique (pas d’irruption de tiers de manière impromptue de part et d’autre).

S’assurer de l’absence ou de la limitation de bruits intrusifs et parasitant le travail associatif ou les pointer s’ils sont incontournables.

Pour l’heure du rdv :  » si vous n’êtes pas connecté pour une raison d’indisponibilité vous m’envoyez un message sms ou whatsapp  » si destination lointaine.

Si le patient ne donne pas de nouvelles il est convenu entre les 2 que le thérapeute appelle.

Personne de confiance

Il peut être important selon l’état de santé et la vulnérabilité du patient de demander un contact avec une personne de confiance à contacter si besoin (malaise physique du patient , fragilité émotionnelle d’un sujet âgé, état de santé très dégradé et affaibli, etc. ) Comme in vivo, s’engager à ne faire qu’un usage exceptionnel de ces coordonnées qui ne seront jamais utilisées sans l’accord du patient.

Pour le déroulement des séances : s’engager à rester présent la durée prévue de la séance sauf accord partagé avec le thérapeute pour l’interrompre plus tôt ; il s’agit d’éviter les passages à l’acte de type coupure intempestive de la communication ou disparition du champ visuel du thérapeute sans prévenir. Ces aspects doivent être évoqués en toute transparence et clarté de manière explicite et non allusive.

D’une manière générale travailler avec des patients avec lesquels l’alliance thérapeutique est solide, c’est le principal vecteur de sécurisation.

Bien authentifier de part et d’autre le recours éventuel aux moyens de contrôle dont dispose le patient en cas d’abréaction : poser la aussi explicitement en amont de la séance le signal stop et les métaphores habituelles.

SBA

Les SBA peuvent être préférentiellement le tapping qui donne plus de contrôle et notamment le « butterfly hug » plus contenant mais pour changer en cas de blocage on peut demander au patient de mobiliser les SBA visuelles.

Pendant les abréactions lors du retraitement de situations ou souvenirs chargés émotionnellement, il est indispensable de renforcer plus qu’en direct le soutien verbal car la présence physique de fait moins perçue peut laisser émerger plus facilement les sentiments de solitude et d’abandon du patient.

Clôture

S’assurer de la stabilité lors des clôtures de séances même inachevée et de la qualité du retour à la réalité quotidienne. « Qu’allez vous faire après ??  quand etc, avec qui pouvez vous parler si besoin ? » S’assurer ainsi de sa capacité à aller vers des ancrages dans la réalité et  la mobilisation de moyens qui assurent sa sécurité psychique.

Si la présentation clinique du patient est complexe, s’orienter plutôt lors des premières séances à distance vers des séances de stabilisation et de renforcement positif des ressources.

Attendre de rencontrer le patient in vivo pour s’assurer de sa capacité à activer le TAI et à rester dans sa fenêtre de tolérance. Lorsqu’un bon accordage a été obtenu in vivo et que le patient a apprivoisé les séances de retraitement d’une cible alors le thérapeute pourra lui même être rassuré et se montrer plus contenant à distance lors du traitement.

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Garder l’espoir

David Servan-Schreiber – Psychologies magazine – février 2009

Ripley m’écrit une lettre poignante. « Cancer du sein en octobre 2005 : le choc. Fin de traitement dix-huit mois plus tard, je vous passe les détails… Tout devrait aller parfaitement à présent, et d’ailleurs, je présente bien ! En réalité, je vis sans cesse dans l’angoisse de la récidive… je ne vis pas, je survis. Je suis infirmière anesthésiste, et tous les jours, je vois des patients qui rechutent. J’envie votre énergie. Chez moi, elle est cassée, et pourtant, je vous promets qu’elle existait. Ce qui me frappe, c’est le décalage entre l’apparence et le mental. Et je trouve que le temps ne change rien à cela. »

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Les souvenirs qui passent par le corps

Les souvenirs qui passent par le corps

David Servan-Schreiber – Psychologies Magazine – Octobre 2006 

Nos réactions émotionnelles ont le plus souvent des causes si profondément enfouies en nous et dans notre passé qu’elles nous demeurent mystérieuses. Pourtant, il est possible d’y avoir accès, de les contrôler et souvent même de les transformer. En passant par les sensations du corps.

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Comment mesurer le temps du deuil ?

Comment mesurer le temps du deuil ?

David Servan-Schreiber – Psychologies Magazine – Février 2005

Parmi les images du cataclysme en Asie du Sud-Est, la plus marquante est celle de ces parents qui voient mourir leurs enfants sans pouvoir faire quoi que ce soit. C’est sur cette douleur que j’avais écrit quelques jours avant la catastrophe du tsunami. Sans prévoir sa terrible actualité…

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Apprenons à nous soigner

Apprenons à nous soigner

David Servan-Schreiber – Psychologies Magazine – Décembre 2003

Lorsque l’on évoque des méthodes naturelles de traitement ayant prouvé leur efficacité lors d’études contrôlées, on se heurte souvent à un scepticisme parfaitement légitime : « Si ça marchait, ça se saurait, non ? » Ma réponse est : « Ça marche, mais, malheureusement, ça ne se sait pas forcément et cela se pratique fort peu. » Voici pourquoi.

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La gentillesse a toujours du bon

La gentillesse a toujours du bon

David Servan-Schreiber  – Psychologies Magazine – Décembre 2002

Lorsque j’enseigne la psychothérapie EMDR (Eye Movement Desensitization end Reprocessing : utilisant le mouvement rapide des yeux, ce traitement thérapeutique accéléré a révélé son efficacité dans les troubles posttraumatiques.) à mes collègues psychiatres et psychologues, je prends toujours soin de souligner que le thérapeute doit se montrer techniquement parfait mais aussi attentif aux besoins du patient. Lui tendre la boîte de mouchoirs en papier quand ses larmes commencent à perler, avant même qu’il la cherche du regard. Lui parler doucement et le rassurer quand de vieilles douleurs enfouies se manifestent soudain et lui enserrent la gorge. S’assurer, après une séance pleine d’émotions, qu’il est en état de conduire et, si ce n’est pas le cas, le garder un peu plus longtemps. Je conclus en disant qu’il faut simplement être «gentil», car plus on fait preuve de gentillesse avec son patient, plus il progresse. Aucun risque, en plus, d’effets indésirables : personne ne s’est jamais plaint que l’on se montre attentionné envers lui !

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L’EMDR, une nouvelle «turbothérapie»

L’EMDR, une nouvelle «turbothérapie»

David Servan-Schreiber  – Psychologies Magazine – Mai 1999

Confiante, Jennifer suit du regard la baguette du thérapeute qui oscille devant son visage. Elle se concentre sur la sensation d’étouffement dans sa gorge et sa poitrine, pour laquelle elle est venue consulter. Ses yeux roulent rapidement de droite à gauche. C’est leur mouvement naturel au cours du sommeil paradoxal, celui qui met en scène nos rêves et qu’on appelle aussi le sommeil REM (« Rapid Eye Movements « ou mouvements oculaires rapides). Dix secondes plus tard, Jennifer s’enfonce dans le fauteuil comme pour s’y Continuer la lecture