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Abandon du traitement des troubles de stress post-traumatique parmi les populations de militaires et d’anciens combattants

Un article Abandon du traitement des troubles de stress post-traumatique parmi les populations de militaires et d’anciens combattants : examen systématique et méta-analyse, de Edwards ‐ Stewart, A., Smolenski, D. J., Bush, N. E., Cyr, B., Beech, E. H., Skopp, N. A., et Belsher, B. E., publié dans le Journal of Traumatic Stress

 

Article publié en anglais – disponible en ligne sur le site de l’éditeur – accès payant

 

Résumé 

 

Les taux élevés d’abandon du traitement signalés dans la littérature récente ont remis en question l’efficacité des traitements du syndrome de stress post-traumatique (TSPT) axés sur les traumatismes parmi les populations militaires. 

Le but de la revue systématique actuelle était d’évaluer les taux d’abandon du traitement du TSPT parmi les populations militaires par type de traitement et d’autres variables au niveau de l’étude. 

Nous avons recherché dans quatre bases de données ainsi que dans la littérature grise des essais contrôlés randomisés qui évaluaient les traitements du TSPT fondés sur des preuves dans des échantillons de personnel en service actif et / ou d’anciens combattants. 

Au total, 26 études ont été incluses dans cette revue, avec un total de 2 984 participants. 

Nous avons analysé les taux d’abandon dans tous les types de traitement à l’aide d’une méta-analyse multivariée. 

Pour toutes les formes de traitement, le taux global d’abandon était de 24,2%. Les pourcentages de décrochage selon le type de traitement étaient de 27,1% pour les traitements axés sur les traumatismes, de 16,1% pour les traitements non axés sur les traumatismes et de 6,8% pour les groupes sur liste d’attente. 

Nous avons trouvé une hétérogénéité substantielle entre les études qui n’était pas expliquée par le statut militaire ou d’autres covariables au niveau de l’étude. 

Les rapports de risque (RR) récapitulatifs comparant l’abandon relatif entre les groupes de traitement ont indiqué que les groupes de traitement axés sur les traumatismes avaient un risque d’abandon plus élevé que les traitements non axés sur les traumatismes, RR = 1,60. 

L’hétérogénéité statistique des ratios de risque d’abandon intra-traitement était négligeable. Les taux d’abandon parmi les patients militaires recevant des thérapies axées sur les traumatismes n’étaient que légèrement plus élevés que ceux rapportés dans la littérature parmi les populations civiles et n’étaient pas expliqués par les covariables au niveau de l’étude.

 

Lire l’article  Abandon du traitement des troubles de stress post-traumatique parmi les populations de militaires et d’anciens combattants complet en ligne 

 

En savoir plus 

 

Références de l’article Abandon du traitement des troubles de stress post-traumatique parmi les populations de militaires et d’anciens combattants :

  • auteurs : Edwards ‐ Stewart, A., Smolenski, D. J., Bush, N. E., Cyr, B., Beech, E. H., Skopp, N. A., et Belsher, B. E.
  • titre en anglais : Posttraumatic Stress Disorder Treatment Dropout Among Military and Veteran Populations: A Systematic Review and Meta‐Analysis
  • publié dans : Journal of Traumatic Stress, 0, 1-11
  • doi :10.1002/jts.22653

 

 

Thérapie en ligne

Conseils de nos expert·es pour réussir une consultation EMDR à distance

Une consultation à distance impose certaines précautions et protocoles à la fois pour les thérapeutes et pour les patient·es. Des membres de notre équipe les pratiquent et apportent ici leurs éclairages et précautions d’expert·es.


Hélène 
Dellucci pratique des consultations à distance avec des patients, depuis 12 ans : 

Sur le plan technique 

– Il est utile de doubler l’appel skype, Zoom ou toute autre interface par un appel utilisant le réseau téléphonique en cas de mauvaise connexion internet. Ce dont nous avons besoin est un flux de parole fluide, qui s’obtient mieux par une oreillette et par le réseau téléphonique. Dans ce cas, il faut couper le micro sur l’ordinateur.  J’ai observé qu’ainsi l’image passe même mieux. Bien sûr, si le réseau internet est bon, il n’y a pas à s’en préoccuper.

– Il peut y avoir des défauts de connexion qui rendent la communication impossible, avec des personnes dans des pays non couverts par nos forfaits téléphoniques, car l’appel mène très vite à des factures de téléphone élevés. 

Organisation

– Il est important de se mettre d’accord qui appelle l’autre. J’ai choisi l’option que ce soit moi qui appelle les personnes, un peu comme si j’allais les chercher dans la salle d’attente. Une fois clarifié, cela se passe bien. 

Impact thérapeutique

– Je n’ai remarqué aucun souci d’évolution de la thérapie à distance, si deux conditions sont réunies : il faut une bonne relation thérapeutique, c’est-à-dire que le patient se sente en sécurité avec le thérapeute et par rapport à l’environnement (craintes de piratage p.ex.), et il est important que le patient soit motivé, car il doit se prendre en charge davantage. Si l’une de ces deux conditions fait défaut, il vaut mieux en parler tout de suite. Même si un contact à distance est différent du live, les avancées thérapeutiques sont identiques. 

Martine Iracane Coste

Le cadre

Il est Important de poser un cadre avec consentement éclairé et contrat moral en amont.

Par exemple :

Fixer les jours et heures et s’engager réciproquement à la ponctualité.

Vérifier le fonctionnement technique et la qualité de la connexion internet en amont de part et d’autre. Envisager le risque de coupure de la communication comme une possibilité inhérente à ce cadre : patient et thérapeute doivent intégrer cet aspect dans le cadre de travail et convenir d’une conduite à tenir préconisée si un tel aléa survient ; anticiper, verbaliser, contractualiser devient un moyen protecteur limitant la frustration ou le désarroi perçu. Favoriser les stratégies autonomisantes du patient autant que faire se peut mais en prenant appui sur les moyens connus et habituellement pratiqués avec le patient.

Les changements de RDV  peuvent survenir : alors envoyer un message pour annoncer son indisponibilité et s’accorder pour un RDV substitutif.

S’assurer du respect de l’intimité et de la confidentialité de la rencontre thérapeutique (pas d’irruption de tiers de manière impromptue de part et d’autre).

S’assurer de l’absence ou de la limitation de bruits intrusifs et parasitant le travail associatif ou les pointer s’ils sont incontournables.

Pour l’heure du rdv :  » si vous n’êtes pas connecté pour une raison d’indisponibilité vous m’envoyez un message sms ou whatsapp  » si destination lointaine.

Si le patient ne donne pas de nouvelles il est convenu entre les 2 que le thérapeute appelle.

Personne de confiance

Il peut être important selon l’état de santé et la vulnérabilité du patient de demander un contact avec une personne de confiance à contacter si besoin (malaise physique du patient , fragilité émotionnelle d’un sujet âgé, état de santé très dégradé et affaibli, etc. ) Comme in vivo, s’engager à ne faire qu’un usage exceptionnel de ces coordonnées qui ne seront jamais utilisées sans l’accord du patient.

Pour le déroulement des séances : s’engager à rester présent la durée prévue de la séance sauf accord partagé avec le thérapeute pour l’interrompre plus tôt ; il s’agit d’éviter les passages à l’acte de type coupure intempestive de la communication ou disparition du champ visuel du thérapeute sans prévenir. Ces aspects doivent être évoqués en toute transparence et clarté de manière explicite et non allusive.

D’une manière générale travailler avec des patients avec lesquels l’alliance thérapeutique est solide, c’est le principal vecteur de sécurisation.

Bien authentifier de part et d’autre le recours éventuel aux moyens de contrôle dont dispose le patient en cas d’abréaction : poser la aussi explicitement en amont de la séance le signal stop et les métaphores habituelles.

SBA

Les SBA peuvent être préférentiellement le tapping qui donne plus de contrôle et notamment le « butterfly hug » plus contenant mais pour changer en cas de blocage on peut demander au patient de mobiliser les SBA visuelles.

Pendant les abréactions lors du retraitement de situations ou souvenirs chargés émotionnellement, il est indispensable de renforcer plus qu’en direct le soutien verbal car la présence physique de fait moins perçue peut laisser émerger plus facilement les sentiments de solitude et d’abandon du patient.

Clôture

S’assurer de la stabilité lors des clôtures de séances même inachevée et de la qualité du retour à la réalité quotidienne. « Qu’allez vous faire après ??  quand etc, avec qui pouvez vous parler si besoin ? » S’assurer ainsi de sa capacité à aller vers des ancrages dans la réalité et  la mobilisation de moyens qui assurent sa sécurité psychique.

Si la présentation clinique du patient est complexe, s’orienter plutôt lors des premières séances à distance vers des séances de stabilisation et de renforcement positif des ressources.

Attendre de rencontrer le patient in vivo pour s’assurer de sa capacité à activer le TAI et à rester dans sa fenêtre de tolérance. Lorsqu’un bon accordage a été obtenu in vivo et que le patient a apprivoisé les séances de retraitement d’une cible alors le thérapeute pourra lui même être rassuré et se montrer plus contenant à distance lors du traitement.

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Garder l’espoir

David Servan-Schreiber – Psychologies magazine – février 2009

Ripley m’écrit une lettre poignante. « Cancer du sein en octobre 2005 : le choc. Fin de traitement dix-huit mois plus tard, je vous passe les détails… Tout devrait aller parfaitement à présent, et d’ailleurs, je présente bien ! En réalité, je vis sans cesse dans l’angoisse de la récidive… je ne vis pas, je survis. Je suis infirmière anesthésiste, et tous les jours, je vois des patients qui rechutent. J’envie votre énergie. Chez moi, elle est cassée, et pourtant, je vous promets qu’elle existait. Ce qui me frappe, c’est le décalage entre l’apparence et le mental. Et je trouve que le temps ne change rien à cela. »

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Nos réactions émotionnelles ont le plus souvent des causes si profondément enfouies en nous et dans notre passé qu’elles nous demeurent mystérieuses. Pourtant, il est possible d’y avoir accès, de les contrôler et souvent même de les transformer. En passant par les sensations du corps.

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Parmi les images du cataclysme en Asie du Sud-Est, la plus marquante est celle de ces parents qui voient mourir leurs enfants sans pouvoir faire quoi que ce soit. C’est sur cette douleur que j’avais écrit quelques jours avant la catastrophe du tsunami. Sans prévoir sa terrible actualité…

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Lorsque j’enseigne la psychothérapie EMDR (Eye Movement Desensitization end Reprocessing : utilisant le mouvement rapide des yeux, ce traitement thérapeutique accéléré a révélé son efficacité dans les troubles posttraumatiques.) à mes collègues psychiatres et psychologues, je prends toujours soin de souligner que le thérapeute doit se montrer techniquement parfait mais aussi attentif aux besoins du patient. Lui tendre la boîte de mouchoirs en papier quand ses larmes commencent à perler, avant même qu’il la cherche du regard. Lui parler doucement et le rassurer quand de vieilles douleurs enfouies se manifestent soudain et lui enserrent la gorge. S’assurer, après une séance pleine d’émotions, qu’il est en état de conduire et, si ce n’est pas le cas, le garder un peu plus longtemps. Je conclus en disant qu’il faut simplement être «gentil», car plus on fait preuve de gentillesse avec son patient, plus il progresse. Aucun risque, en plus, d’effets indésirables : personne ne s’est jamais plaint que l’on se montre attentionné envers lui !

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David Servan-Schreiber  – Psychologies Magazine – Mai 1999

Confiante, Jennifer suit du regard la baguette du thérapeute qui oscille devant son visage. Elle se concentre sur la sensation d’étouffement dans sa gorge et sa poitrine, pour laquelle elle est venue consulter. Ses yeux roulent rapidement de droite à gauche. C’est leur mouvement naturel au cours du sommeil paradoxal, celui qui met en scène nos rêves et qu’on appelle aussi le sommeil REM (« Rapid Eye Movements « ou mouvements oculaires rapides). Dix secondes plus tard, Jennifer s’enfonce dans le fauteuil comme pour s’y Continuer la lecture