Conceptualisation de cas en EMDR : et si vous faisiez le point ?
Mis à jour le 24 juin 2026
En EMDR, la conceptualisation de cas est la pierre angulaire du travail thérapeutique. C’est elle qui, avant tout retraitement, transforme une demande souvent confuse en un plan de traitement cohérent. Et pourtant, c’est aussi l’un des moments les plus délicats de la pratique, y compris pour des praticien.nes déjà formé.es.
Une difficulté clinique bien réelle
Lorsqu’un patient consulte, il lui est rarement facile de formuler une demande claire et circonscrite. Les problématiques se présentent le plus souvent multiples, intriquées, parfois contradictoires, et il n’est pas toujours évident de déterminer par où commencer. Sous l’égide du modèle du Traitement Adaptatif de l’Information (TAI), la conceptualisation de cas a précisément cette fonction : organiser ce foisonnement d’informations et donner sa logique au plan de traitement.
Savoir conceptualiser, ce n’est donc pas appliquer une recette. C’est construire un raisonnement clinique : relier les symptômes actuels aux expériences qui les nourrissent, identifier les réseaux de mémoire concernés, et avancer avec un fil conducteur clair plutôt qu’à tâtons.
Ce que recouvre une conceptualisation solide
Tout repose sur des phases 1 et 2 approfondies : évaluation de la symptomatologie, exploration respectueuse de l’histoire du patient, repérage des comportements à risque, identification des symptômes dissociatifs, évaluation des ressources et des besoins de stabilisation. C’est là que se comprend la manière dont « le passé est présent » (F. Shapiro), et que s’agencent les trois temps de la thérapie décrits par Pierre Janet : stabilisation, retraitement, intégration.
De cette exploration découle un plan de ciblage initial clair. En collaboration avec le patient, le.la praticien.ne détermine alors les priorités thérapeutiques, l’ordre et les modalités de traitement des différentes cibles. Très vite, il.elle doit exercer des arbitrages guidés par un regard à la fois technique, clinique et éthique, en pesant le pour et le contre de chaque intervention.
Quand la complexité s’en mêle
Les tableaux complexes et comorbides ajoutent une dimension supplémentaire. La multiplication des problématiques, la place de la dissociation, les capacités d’intégration parfois fragiles imposent d’incessants allers et retours entre exploration, stabilisation et retraitement. L’évaluation des phénomènes dissociatifs devient déterminante pour mesurer les réelles capacités d’intégration du patient, et le protocole standard demande à être ajusté par des aménagements spécifiques.
C’est aussi à ce niveau que se posent les arbitrages les plus délicats entre différents protocoles et techniques thérapeutiques, articulés autour du modèle TAI. Autant de décisions qui ne s’improvisent pas : elles se raisonnent, et cela s’apprend.
Où en êtes-vous dans votre conceptualisation de cas ?
Que vous cherchiez à consolider vos bases ou à affiner vos arbitrages face aux situations les plus complexes, vos besoins dépendent largement de votre expérience clinique. Pour vous situer, nous vous proposons un court auto-positionnement, en huit questions et deux minutes.
Conceptualisation de cas · EMDR
8 questions pour vous orienter entre les deux niveaux du parcours.
À l’issue du test, vous obtenez une orientation indicative et vos principaux points d’appui à développer. Le choix final vous appartient, bien sûr, et les prérequis sont vérifiés au moment de l’inscription.
Deux formations pour aller plus loin
Pour répondre à ces besoins, nous proposons un parcours en deux temps, partageant le même socle (phases 1 et 2, modèle TAI) mais calibré sur deux niveaux d’expérience clinique.
Les fondamentaux de la conceptualisation de cas et du plan de traitement consolident les phases 1 et 2 et la construction d’un plan de ciblage restreint, à partir de situations cliniques de complexité mesurée. Un socle solide pour avancer sereinement.
Défis et ajustements de la conceptualisation de cas et du plan de traitement approfondissent les plans de ciblage élargis et inversés, la prise en compte de la dissociation et l’arbitrage entre différents protocoles et techniques, à partir de situations complexes et comorbides.
On peut suivre les deux, la seconde prolongeant la première, ou rejoindre directement le second niveau selon son expérience clinique. Dans tous les cas, l’objectif reste le même : non pas une recette, mais un raisonnement clinique sûr, et la sérénité qui va avec.



