Explorer les liens entre psychose et traumatisme

Un article Explorer les liens entre psychose et traumatisme, avec une interview de Halima Zeroug-Vial, psychiatre, directrice de l’Orspere-Samdarra, Centre hospitalier Le Vinatier, publié dans Mémoires–Traumatisme…à la folie 09/2016 (n° 67), p.12-13.

EXTRAITS

On cite souvent comme expression parfois spectaculaire du traumatisme psychique les symptômes ou épisodes dissociatifs. Pouvez-vous expliquer à quoi cela fait référence ? Existe-t- il d’autres manifestations qui peuvent conférer à ces souffrances un caractère d’étrangeté ou énigmatique mais qui peuvent pourtant s’inscrire comme un effet direct de la violence politique et du traumatisme ?
L’impact traumatique peut tout à fait se manifester par des épisodes dissociatifs. Ce sont des états de conscience modifiée probablement destinés à soustraire la victime de la violence de la situation vécue. Le sujet peut avoir le sentiment que ce qui l’entoure n’est pas réel (déréalisation), ou le sentiment d’être déconnectéde soi même (dépersonnalisation). C’est Pierre Janet qui a été un des premiers àles décrire et à les modéliser. Ces états dissociatifs sont de plus en plus investiguésnotamment dans les pays anglo-saxons. Ondistingue la dissociation péri-traumatique ou per-traumatique selon Crocq dans les suites immédiates du traumatisme et la dissociation post-traumatique. Cependant ces états dissociatifs sont à différencier de la dissociation psychotique qu’on retrouve dans la schizophrénie par exemple où là on assiste à une désorganisation profonde de la pensée, du rapport à soi et au monde.D’ailleurs, ces états peuvent entrainer des erreurs de diagnostic, en donner des tableaux d’allures psychotiques
Avez-vous dans votre expérience été confronté à des situations d’erreur de diagnostic pour des réfugiés atteints de traumatisme psychique, ayant entrainé des hospitalisations ou des traitements s’étant avérés inappropriés voire contre indiqués ?
Oui les erreurs de diagnostic sont parfois notées. Particulièrement en raison d’une symptomatologie psychotique qui peut être au premier plan; comme par exemple des hallucinations acoustico-verbales ou auditives. L’importance de la précarité socio-administrative vient aussi complexifier les tableaux cliniques. L’accès difficile à l’interprétariat peut également entrainer des erreurs de diagnostic. A noter que des somatisations et des tableaux hyperalgiques rencontrés souvent chez des patients ayant des troubles post-traumatiques peuvent être source d’errance médicale.

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