
L’EMDR est-elle une thérapie alternative pour les adolescents souffrant de trouble d’anxiété sociale ?
Mis à jour le 18 juin 2026
Une étude turque de suivi à 12 semaines suggère que la thérapie EMDR réduit significativement les symptômes d’anxiété sociale chez les adolescents. Chez les 26 participants âgés de 12 à 16 ans, les scores aux échelles d’évaluation ont montré une amélioration complète après le traitement.
En bref
Cette étude de suivi à 12 semaines a évalué l’efficacité de l’EMDR chez 26 adolescents diagnostiqués avec un trouble d’anxiété sociale (TAS). Les participants ont bénéficié de séances EMDR hebdomadaires pendant 12 semaines, après deux entretiens initiaux. Les résultats montrent des réductions très importantes des scores d’anxiété : le score moyen au Beck Anxiety Inventory est passé de 48,35 à 2,58, et le score à l’échelle de Liebowitz de 147 à 48,65.
Résumé de la recherche
Objectif
Cette étude visait à examiner l’efficacité de la thérapie EMDR (Eye Movement Desensitization and Reprocessing) dans le trouble d’anxiété sociale (TAS).
Méthode
L’échantillon de l’étude de suivi à 12 semaines était composé de 26 adolescents âgés de 12 à 16 ans. Les participants ont été évalués avec le Kiddie Schedule for Affective Disorders and Schizophrenia for School-Age Children Present and Lifetime version (K-SADS-PL). De plus, le Beck Anxiety Inventory (BAI), la Revised Child Anxiety and Depression Scale – Child Version (RCADS-CV) et la Liebowitz Social Anxiety Scale (LSAS) ont été administrés à l’inclusion, à la 4e semaine et à la 12e semaine. Les échelles Clinical Global Impressions-Improvement (CGI-I) et Severity (CGI-S), ainsi que l’échelle SUD, ont également été utilisées. Après deux entretiens initiaux, des séances EMDR hebdomadaires ont été conduites pendant 12 semaines.
Résultats
La moyenne initiale des scores totaux au BAI a diminué de 48,35 à 2,58 ; la sous-échelle d’anxiété sociale de la RCADS-CV a diminué de 20,65 à 1,84, et la moyenne initiale de la LSAS a diminué de 147 à 48,65 à la fin de la 12e semaine de traitement. Après la 12e semaine d’EMDR, tous les adolescents ont montré une amélioration complète. Les résultats ont montré que les symptômes d’anxiété sociale ont significativement diminué avec la thérapie EMDR.
Conclusion
On peut affirmer que l’EMDR est une psychothérapie efficace pour réduire la sévérité de l’anxiété sociale chez les adolescents.
Éléments de contexte
Le trouble d’anxiété sociale (TAS) est parmi les formes de troubles anxieux les plus prévalentes et invalidantes, et se classe comme le troisième trouble psychiatrique le plus fréquent, après le trouble dépressif majeur et le trouble lié à l’usage d’alcool. Le TAS débute le plus souvent à l’adolescence. Ce trouble peut entraîner des déficiences fonctionnelles substantielles dans de multiples domaines de la vie de l’adolescent, notamment un risque accru de décrochage scolaire, des performances académiques plus faibles, une plus grande susceptibilité au harcèlement, des relations limitées avec les pairs et une satisfaction réduite dans les interactions sociales. De plus, le TAS est associé à un risque accru de développer d’autres conditions psychiatriques, incluant les troubles de l’humeur et anxieux, les problèmes comportementaux et les troubles liés à l’usage de substances. DOI
Analyse méthodologique
L’étude présente plusieurs caractéristiques à considérer pour interpréter les résultats :
- Résultat principal : La thérapie EMDR réduit significativement les symptômes d’anxiété sociale chez les adolescents, comme l’indique la diminution des scores entre l’inclusion et la fin du traitement à 12 semaines.
- Force des preuves : L’échantillon de 26 adolescents constitue un groupe spécifique mais de taille limitée, indiquant une force de preuve modérée.
- Méthodologie : L’étude de suivi à 12 semaines comprenait de multiples évaluations (à l’inclusion, à la 4e semaine et à la 12e semaine), utilisant des échelles standardisées (BAI, RCADS-CV, LSAS).
- Limite importante : L’absence de groupe contrôle ne permet pas d’exclure un effet placebo ou une amélioration spontanée.
Extraits significatifs traduits
Sur l’ampleur des changements observés :
« La moyenne initiale des scores totaux au BAI a diminué de 48,35 à 2,58 ; la sous-échelle d’anxiété sociale de la RCADS-CV a diminué de 20,65 à 1,84, et la moyenne initiale de la LSAS a diminué de 147 à 48,65 à la fin de la 12e semaine de traitement. »
Sur les résultats globaux :
« Après la 12e semaine d’EMDR, tous les adolescents ont montré une amélioration complète. »
En savoir plus
Références de l’article
À propos de l’auteure
Dr Sevim Berrin İnci İzmir exerce dans une clinique privée de psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent depuis 13 ans. Elle compte 22 publications référencées dans PubMed. Elle est thérapeute cognitive-comportementale accréditée et thérapeute EMDR certifiée. Elle est l’auteure de plusieurs ouvrages sur l’EMDR chez l’enfant et l’adolescent. DOI
Accès à l’article
İnci İzmir, S. B. (2026). Is EMDR an Alternative Therapy for Adolescents With Social Anxiety Disorder? Clinical Child Psychology and Psychiatry, OnlineFirst.
DOI : 10.1177/13591045251413046
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