Le rapport Aghion-Bouverot : 25 recommandations pour l'IA en France

Le rapport Aghion-Bouverot : 25 recommandations pour l’IA en France

Mis à jour le 1 juillet 2026

La Commission de l’intelligence artificielle a été installée par le Gouvernement français en septembre 2023 pour « contribuer à faire de la France un pays à la pointe de la révolution de l’intelligence artificielle ». Co-présidée par Philippe Aghion (économiste, professeur au Collège de France) et Anne Bouverot (présidente du conseil d’administration de l’École normale supérieure), la commission comprenait 15 membres et 15 rapporteurs issus du monde académique, de l’entreprise, du numérique et de la société civile.

Le rapport, intitulé « IA : notre ambition pour la France », a été remis au Président de la République le 13 mars 2024, à l’issue de six mois de travaux, 600 auditions et 25 séances plénières.

Un constat de départ

Le rapport établit que la France investit trois fois moins en intelligence artificielle que les États-Unis en proportion du PIB. Selon la commission, le pays « risque de manquer cette révolution qui affecte l’ensemble des secteurs et activités ». La commission appelle à ne susciter « ni excès de pessimisme, ni excès d’optimisme » quant aux impacts futurs de l’IA.

Les 25 recommandations, structurées en six axes

Les recommandations sont organisées selon six axes : lancer un plan de sensibilisation et de formation de la nation ; réorienter structurellement l’épargne vers l’innovation ; faire de la France un pôle majeur de la puissance de calcul ; faciliter l’accès aux données ; assumer le principe d’une « exception IA » dans la recherche ; et déployer massivement l’intelligence artificielle dans l’économie.

La commission appelle à un investissement public annuel de 5 milliards d’euros pendant cinq ans, dont la moitié consacrée à l’innovation technologique et industrielle, et l’autre moitié au déploiement de services pour les citoyens et à la formation.

Sept recommandations prioritaires

Parmi les 25 recommandations, sept sont identifiées comme prioritaires : 

  • créer les conditions d’une appropriation collective de l’IA en lançant un plan de sensibilisation et de formation ; 
  • investir massivement dans les entreprises du numérique et la transformation numérique ; 
  • faire de la France un pôle majeur de puissance de calcul ; 
  • faciliter l’accès aux données ; 
  • soutenir la recherche ; 
  • déployer l’IA dans les services publics ; 
  • et renforcer la coopération européenne.

Ce qui concerne la santé

Le rapport consacre un axe spécifique à la santé sous le titre « Mieux soigner grâce à l’IA : plus de temps au soin ». Il identifie l’IA comme un levier pour réduire le temps consacré aux tâches administratives et augmenter le temps disponible pour le soin. Le rapport mentionne également l’éducation (« Mieux éduquer grâce à l’IA : l’accompagnement individualisé des élèves ») et la transformation de l’administration publique.

Propositions structurelles

La commission propose la création d’un fonds « France & IA » de 10 milliards d’euros, un crédit d’impôt IA, une réforme du mandat de la CNIL orientée vers l’innovation, et un approvisionnement collectif sécurisé en puissance de calcul. Elle recommande également le déploiement de « Cafés IA » dans des lieux du quotidien pour favoriser l’appropriation citoyenne.

À retenir pour la pratique clinique

La recommandation prioritaire n°1 — « plan de sensibilisation et de formation de la nation » à l’IA — constitue un cadre institutionnel qui légitime la formation continue des praticiens de santé sur le sujet de l’intelligence artificielle. Les organismes de formation peuvent s’y référer.

L’axe « Mieux soigner grâce à l’IA : plus de temps au soin » identifie l’IA comme un outil de réduction de la charge administrative du praticien (rédaction de comptes rendus, traitement de formulaires, aide à la documentation clinique). Ces usages sont distincts de l’IA thérapeutique.

Le rapport recommande un investissement de 5 milliards d’euros par an pendant cinq ans. Ce niveau d’engagement public signale que l’IA en santé fera l’objet de déploiements croissants dans les années à venir, rendant la formation des praticiens d’autant plus 

En savoir plus 

L’intelligence artificielle en santé mentale est un champ en transformation constante : de nouvelles études, réglementations et technologies émergent chaque mois. Cet article constitue un point de repère solide à la date de sa publication, mais la meilleure protection pour vos patients reste votre engagement dans une veille scientifique et une formation continue. 

Sources

  • Commission de l’intelligence artificielle — « IA : notre ambition pour la France », rapport remis au Président de la République, 13 mars 2024.
  • Info.gouv.fr — « 25 recommandations pour l’IA en France ».
  • Vie-publique.fr — Fiche rapport, réf. 293444.
  • Sénat — Communiqué : « Présentation devant le Parlement du rapport de la commission de l’intelligence artificielle », 26 mars 2024.
  • LeMagIT — « Qu’y a-t-il dans le rapport de la Commission de l’intelligence artificielle remis au Président ? », mars 2024.

Aller plus loin 

Formation(s) : L’usage des intelligences artificielles par les patients : enjeux cliniques, éthiques et thérapeutiques 

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