Thérapie EMDR avec premier épisode psychotique : intervenir précocement

Thérapie EMDR avec premier épisode psychotique : intervenir précocement

Mis à jour le 4 juillet 2026

Baggott présente dans le Journal of the New Zealand College of Clinical Psychologists un article de pratique réflexive sur l’utilisation de l’EMDR, et plus particulièrement du protocole R-TEP (Recent Traumatic Episode Protocol), avec des patients en premier épisode psychotique (PEP). L’auteure, psychologue clinicienne, partage son expérience clinique et présente un cas illustrant l’efficacité du R-TEP pour réduire les symptômes post-traumatiques liés à l’épisode psychotique en quelques séances seulement.

Article publié en anglais – accès libre en ligne

Résumé

CONTEXTE

Les liens entre traumatisme et psychose sont bien établis dans la littérature empirique. Le traumatisme développemental augmente le risque de symptômes psychotiques à l’âge adulte et conduit souvent à de moins bons résultats et à des symptômes plus sévères. En plus du rôle du traumatisme dans le développement de la psychose, le traumatisme des expériences peut être associé à l’épisode psychotique lui-même. Les taux de TSPT suite à une psychose varient de 11 % à 67 %, incluant le traumatisme lié aux symptômes psychotiques ainsi qu’aux expériences de traitement, comme l’hospitalisation.

APPLICATIONS CLINIQUES

L’auteure décrit son utilisation du protocole R-TEP (Recent Traumatic Episode Protocol) avec des clients en premier épisode psychotique. Le R-TEP est particulièrement adapté aux services d’intervention précoce car il permet d’intervenir dans les 3 à 6 mois suivant l’épisode et peut être délivré en un petit nombre de séances. Les cibles mémorielles incluent les souvenirs de symptômes psychotiques perturbants (notamment les délires à caractère sexuel ou suicidaire) et les expériences d’hospitalisation traumatisantes.

CAS CLINIQUE

Un participant a reçu cinq séances utilisant le R-TEP. Quatre points de perturbation ont été identifiés et traités, trois liés à des délires perturbants et un lié aux pensées suicidaires causées par des voix. Les changements adaptatifs incluaient le passage de « il y a quelque chose qui ne va pas chez moi » à « c’est aléatoire » et « c’est juste un épisode ». Les scores IES-R ont chuté de 16 à 0. Le participant a rapporté ne plus penser quotidiennement à sa psychose et se sentir « plus léger ».

CONCLUSIONS

Le R-TEP peut être efficace pour réduire les symptômes post-traumatiques chez les jeunes adultes ayant vécu un épisode psychotique. L’intervention peut être réalisée en peu de séances, ce qui permet de réduire les temps d’attente pour les interventions psychologiques dans les services d’intervention précoce en psychose.

En savoir plus 

Références de l’article Thérapie EMDR avec premier épisode psychotique : intervenir précocement

  • auteur : Baggott, E.
  • titre en anglais : EMDR Therapy With First Episode Psychosis: Intervening Early
  • publié dans : Journal of the New Zealand College of Clinical Psychologists, 34(1), 14-27

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Dossier(s) : EMDR, dissociation et psychose

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